En posant mes mains sur ma boule de cristal, j’ai jeté un pont entre le passé, le présent et le futur. J’ai suivi ce fil d’Ariane pour comprendre et imaginer ce que sera l’art dans notre futur. Le temps accordé à cette entreprise n’a pas été inutile. Voilà le fruit de cette prospection au cœur d’une boule complètement brouillée…
Hier…. Louis Jacques Mandé Daguerre (artiste peintre Français), Joseph Nicéphore Niépce (inventeur Français), William Henry Fox Talbot (mathématicien et physicien anglais). Voilà trois noms qui, en d’autres temps, ont bouleversé les arts : à eux trois, ces hommes ont réussi à fixer une image sur un support papier. Si cette découverte fut une extraordinaire évolution, elle fût aussi un séisme sans précédent qui ébranla les fondations de l’art. Après cela, rien ne pouvait être comme avant. Ce séisme a englouti pour toujours un grand nombre de techniques, de précieuses connaissances et des siècles de pratique. Sans parler des générations d’artistes qu’elle a ensevelies. C’est ainsi, c’est le propre des séismes….
Le 11 septembre 2001… Sur le plan intellectuel, incontestablement, le 11
septembre a été un séisme. Il a englouti une perception du monde et des valeurs
au profit d’une autre, plus physique, figurative et surtout, centrée sur le
“compréhensible“. Pourquoi ?
C’est la résultante de tout accident : on veut comprendre pourquoi ces
choses-là sont arrivées. En percutant les WTC, ces avions ont percuté le monde
entier, et depuis ce jour, le monde veut comprendre ce qu’il voit,
clairement.
Il y a le monde de “l’avant 11 septembre“. Il pouvait être abstrait et
superficiel. Il y a maintenant celui de “l’après 11 septembre“. Il ne peut pas
— ne veut pas — souffrir de cécité.
La production artistique de “l’après“ n’est pas encore là, mais elle vient, je
l’entends, au rythme de la création et des démarches artistiques qui sont menés
aux quatre coins du monde par tous les agents artistiques, connus, inconnus, ou
en devenirs.
Aujourd’hui un système financier s’effondre et avec lui une théorie, celle
du capitalisme aveugle et égoïste, et cela, deux décennies seulement après
l’effondrement du boc communiste. Il ne se passe pas un jour sans que les
citoyens du monde ouvrent les yeux sur des pratiques obscures, injustes et
traumatisantes. Bien fou est celui qui croit encore, après-tout cela, que rien
ne bouge. C’est incontestablement la fin d’un monde, et c’est aussi, fort
heureusement, la naissance d’un autre….
Je vois dans le trouble de ma boule de cristal que ce monde futur se construira
sur les bases d’une réalité bien conçue et lisible. Il ne pourra être
autrement.
Et l’art dans tout ça ?… Bien conçu et lisible !? … La création artistique
est opportuniste. Elle s’adapte au besoin de la collectivité, à la volonté des
masses, au niveau intellectuel, spirituel et culturel, des nations.
Comme un Caméléon elle Est ce de chaque événement historique Est. Elle évolue
avec les évolutions. Et comme toute espèce vivante, ce sont les agressions qui
provoquent les grandes mutations.
L'histoire est sa source. Si le projet du monde est romantique, alors l’art
sera romantique. On l’a vu mystique, idéaliste, surréaliste. Pendant ces
dernières décennies, le monde est devenu obscur et l’art, en réaction, est
devenu abstrait.
L’art est le résultat de cette nourriture. L'art ne peut, en aucun cas, changer
le cours de l’histoire. Le rôle de l'artiste ordinaire est d’illustrer ce qu'il
voit ; celui de artiste visionnaire, d’enticiper les changements. Quant à
l'artiste de génie, bon gré mal gré, il continuera à voir ce que les autres ne
veulent ni voir, ni entendre…
Décidément ma boule de cristal doit être hors d’usage car elle ne me renvoi qu’une seule réponse et toujours la même : l’art est le marque page de l’histoire.