La Bête est là, qui guette….
Par Ricardo Casal le mardi 15 novembre 2011, 11:23 - HUMEURS - Lien permanent
Bourgeois gâtés que nous sommes, nous, les Européens nés après guerre !
Gavés d’une culture polie jusqu’à l’extrême, superficielle. Vernis d’une chance
“extra ordinaire“ qu’on nomme les trente glorieuses. Si brillantes qu’elles
nous ont aveuglées. C’est ce que nous avons retenu de cet enseignement :
la cécité, l’égoïsme, l’individualisme, et, pire : le mépris pour ce qui
n’a pas, selon nos codes de valeurs, réussi à s’engraisser d’une richesse
matérielle.
Est-ce cela que nos guides moraux (les philosophes de la Grèce antique et de
Rome) ceux qui ont fondés les règles de notre système de valeur, ont voulus
nous enseigner ? Non.
Assurément, nous avons failli, et notre attitude est une insulte à l’héritage
philosophique qu’ils nous ont laissé.
Que notre cœur redevienne ce que je crois qu’il est par nature :
sensible et compatissant, voilà mon souhait. Et s’il ne l’est pas, il faut
l’éduquer. Pour cela, il doit retourner aux sources et s’exposer aux misères
humaines comme nos guides l’ont été. Ces misères qui désarment l’esprit le
mieux armé, blessent mortellement nos organes vitaux, éclatent nos concepts les
plus solides et biens rodés, en éparpillent les restes en nous amputant de nos
certitudes, de nos familles, de nos amis, sans que l’on puisse y remédier. N’en
doutez pas : être exposé à ces misères humaines est un séisme pour
quiconque à du sang dans le cœur et aucune saine philosophie pour sa
sauvegarde. Oui, le confort matériel est dangereux pour la santé mentale. Et
oui, la misère nécessite des soins permanents, que seuls les peuples évolués,
éduqués et lucides, peuvent prodiguer. Sans quoi, cette misère, tel un virus,
contaminera toute chose visible et invisible, forte ou faible.
Une fois ce constat fait, accepté, il faut vivre avec la marque que cette
vérité laisse en nous pour nous adapté toujours. Impossible, ensuite, de vivre
avec l’idée conservatrice d’un bonheur inébranlable, édifié en culte. Sans
quoi, il nous faut mourir, écrasé sous le poids insupportable d’une vérité très
différente de ce que nous avons cru ; où s’isoler du monde, ce qui revient
à emmurer un aveugle et le laisser sans nourriture.
Cette misère dont je parle, est là, partout, écrite dans les livres
d’histoire, véhiculée par la mémoire des cachots, physiquement visible au coin
d’une rue. Elle nous enseigne que la vie se corrige à chaque pas. Acceptons
cela. Revenons aux sources, à ce que nous sommes : des être humains
intelligents, où mourront comme des bêtes sauvages sous la dent d’un prédateur
plus cruel encore. Non, je n’exagère pas, la misère est partout présente, tout
autour de nous, dans chaque foyer, au cœur de chaque culture, prête à
contaminer l’esprit le plus sain, l’avilir, le rendre pire que la
bête.
Prenons garde, nous, les populations qui ont reçu un savoir, et veillons à ce que cette maladie de l’âme qui se nomme : cécité, ignorance, égoïsme, avidité, cruauté, ne nous fassent oublier l’essentiel dans l’enseignement de nos guides : être attentif au bien être de notre semblable, surtout s’il croît dans la misère. Sinon nous subirons encore de nombreuse fois tout ce qui concorde avec le crime et châtiment du crime commit, et l’humanité disparaîtra définitivement de nos cœurs… et de la terre.