Ailleurs c'est mieux…
Par Ricardo Casal le mercredi 16 février 2011, 17:12 - HUMEURS - Lien permanent
On dit que l’herbe est plus verte ailleurs. Cette quête m’a mené ici et là,
du nord au sud, vers l’Ouest d’abord, puis vers l’Est maintenant. Ailleurs,
bien sûr, les couleurs diffèrent selon des facteurs divers, et d’ensoleillement
en particulier. Je n’ai pas mastiqué l’herbe que j’ai foulée et j’ignore tout
de son goût. Cependant, je l’ai observé avec curiosité et j’ai médité. Est-ce
pour ça que les hommes tournent autour de notre globe ? Pour y déceler une
herbe aux teintes subtiles, aux vertus médicinales miraculeuses ?
Non ! Quelle sotise. Voilà la leçon de mes méditations. L’herbe n’est pas
plus verte ailleurs. Mettons de la raison dans cet examen.

Je substitue donc le mot “herbe“ avec celui ci “amour“. Là, d’un coup, les
choses s’éclairent et mes fugues s’expliquent mieux. Alors, si on disait
ceci : “Aimer ailleurs, c'est se donner une chance d'aimer encore ;
d'une autre manière et mieux“. Maintenant je comprends ma quête. Et c’est
vrai ! seule cette quête peut conduire mes pas vers un ailleurs. L’amour,
et l’extraordinaire élévation qui l’accompagne, mérite qu’on y consume sa vie.
Je suis animé par cette vérité. L’amour est fugace, il va, vient, s’arrête un
instant puis repart. Toujours en mouvement, il ne se laisse jamais emprisonner
et c’est sa quête qui élève le cœur. En arrivant il édifie des palais avec une
énergie stupéfiante, crée la vie, et en s’éloignant, il laisse le goût de lui
courir après, de l’attraper encore, de le posséder pour se livrer à lui corps
et âme. C’est un miracle qui passe sans jamais s’arrêter. Il éblouit la vie,
ensuite, après son passage, tout semble ombres ou ténèbres, selon l’intensité
dont il a rayonné. On lui élève des temples pour le retenir, lui consacre des
offices, le chante, mais il ne reste pas, il fuit toujours…. Alors, c’est ça ma
croisade : courir après l’amour.

L’ai-je trouvé ? Oui, je l’ai croisé, mais il ne s’est pas fixé dans ma
vie et je l’en remercie. S’il avait prospéré, je n’aurais pas le goût de ces
ailleurs qui me poussent à franchir les clôtures de lieux jusque là
inconnus.
J’ai hâte de me désaltérer à cette source et c'est pour cela que je regarde
vers tous les soleils levants.
Je le sais maintenant, c’est dans ma quête vers cette source nouvelle, au
détour d’un événement imprévisible, ici ou ailleurs, qu’il se présentera pour
remettre dans mon cœur l’essence indispensable à un nouvel envol. Vers le
soleil de préférence, car je veux m'y brûler les ailes…