Un peu de technique
Par Ricardo Casal le jeudi 12 mars 2009, 11:19 - ATELIER - Lien permanent
Il m’arrive quelquefois de noter les différentes étapes de mon travail. Sur
le plan technique et sur le plan émotionnel. C’est un exercice très instructif
que je conseille à tous les peintres. En relisant ses notes on apprend beaucoup
sur soi-même.
J’ai retrouvé le texte ci-dessous et je vous le présente. Je sais ! il ne
s’adresse qu’à une toute petite quantité d’individus. Seuls les peintres qui
ont un peu de technique pourront l’apprécier à sa juste valeur. Ce texte sera
donc obscur pour les autres. J’en suis désolé.

J’ai acheté une toile grasse préparée avec un fond gris que j’ai monté sur
un châssis.
Première couche. Je passe ma couleur en jus à l’essence de térébenthine.
J’ai dégraissé les couleurs au préalable. J’utilise du blanc de plomb que j’ai
dégraissé et auquel j’ai ajouté huile noire et huile crue à 50/50.
Ok. Rien à dire sur cette première étape.
Deuxième couche. Même préparation pour les couleurs, c’est important. Dans mon
gobelet j’ai mis du médium gel et de l’essence de térébenthine, pas trop de
médium. Les volumes commencent à monter dès cette couche. C’est bien.
Sec au touché au deuxième jour. Une accroche persiste encore au passage du
doigt. C’est sans doute dû au blanc de plomb qui est broyé (m’a t’on dit) à
l’huile de tournesol crue.

Reprise. Cette fois, et afin que le blanc siccative plus vite et mieux, j’y
mélange uniquement de l’huile noire. Dans le gobelet, j’utilise le même médium
que précédemment. Mes couleurs sont toujours dégraissées. Travail agréable. Les
volumes se présentent bien. Sur cette couche, la matière accroche bien. Elle se
fige vite et c’est sans doute parce que les fonds absorbent huile et résine.
Cool !
Reprise deux jours plus tard. Même préparation des couleurs et même mélange
dans le gobelet. Je passe un jus grossier (pigment) et j’attends une trentaine
de minutes avant de reprendre. Oui, c’est difficile, j’éprouve des difficultés
(j’en éprouve toujours) mais le travail avance dans un sens que j’aime et c’est
bien. Je pense que je vais aller plus loin….
Deux jours plus tard, je reprends. Même préparation pour les couleurs. Pour le
mélange du gobelet, je mets d’avantage de médium gel. C’est un mélange plus
gras qui rend les couleurs transparentes. Il faut donc que les fonds soient à
leur place. À ce stade, et c’est sans doute dû à l’addition des couches, la
matière prend vite. C’est agréable. Bon travail, mais je ne suis pas encore
satisfait. Je veux aller plus loin.
Je fini avec des glacis. Même préparation pour la pâte. Pareil dans le
gobelet. Sur la palette j’ai posé du médium gel que je mélange à mes couleurs
de glacis pour les rendre très transparentes. Là, on peut corriger la teinte et
revenir en rehaut par dessus. C’est cool ! J'arrête là !