Pour toi comme pour moi, la vie est un balancier. Chaque vie a ses pics et les vertiges qui les accompagnent. Les choses vont, viennent, d’aventures en mésaventures, de fortunes en infortunes, de larmes en éclats de rires, d’extases en déceptions, de certitudes en déconvenues.
Ma vie, même si elle te semble différente parce que je suis artiste, ne fait pas exception à cette règle : je ne sais jamais à l'avance ce que mon pied va trouver : roque ou abîme.
Je sais aussi que nous avons, toi et moi, autre chose en commun : nous cherchons un bâton de pèlerin, quelque chose qui soutienne nos doutes sur les chemins escarpés que la vie nous ordonne d'emprunter.
Dès mon plus jeune âge j’ai trouvé dans la création mon soutien. Elle m’a conseillé, aimé, éveillé. Elle m’a guéri avec amour des maux de mes batailles. Je lui dois tout, jusqu’à la vie, car elle ne m’a jamais trahi, jamais abandonnée. Elle m’a été d’une fidélité sans faille même quand il m’est arrivé de la rejeter. Et si elle m’a mené au bord de certains précipices, c’est parce qu’elle sait que c’est là qu’on peut se mesurer à soi-même. Elle a toujours raison.
Son affection a guidé mes choix. Sa tendresse m’a orienté. Maintenant je me dirige vers un objectif qui me semble incompréhensible : c’est sans doute son but, et je l’accepte. À présent, et même si le sentiment de ne pas mériter son attention ne me quitte jamais, je lui suis entièrement dévoué, et dans le futur, elle fera de moi ce qu’elle veut….

Et toi qui me critique ! lorsque tu poseras ton analyse sur mon travail, adresse-toi à elle. Moi, je ne suis qu’un ouvrier qui exécute ce que lui dicte sa maîtresse.