Crétin, passes ton chemin !
Par Ricardo Casal le mercredi 15 avril 2009, 00:00 - HUMEURS - Lien permanent
C’est peut-être crétin d’avoir pensé à cette rubrique. Je ne le sais pas. Je
n’ai pas le recul nécessaire pour le dire. Mais si je ne le fais pas, si je ne
m’expose pas, alors, comment le découvrir ? On ne peut pas prendre du
recul sur un truc qu’on a pas fait ! penser que oui, c'est crétin !
Non, j'me trompe ? Alors voilà, pele mele, et à la pelle, quelques
réflexions :
La pire des espèces : l’irréductible crétin. Chez ce dernier le cerveau
n’a plus aucune action comme organe de la pensée. Plus de raison : seul la
jalousie, l’envie, la cupidité, le désir de s’approprier, de consommer :
rien d’autre, sans nuance...
Si vous trouvez un crétin dissimulé sous une vertu, c'est que vous avez mis
la main sur un crétin intelligent. Mais attention, car un crétin qui fait
l’intelligent est très dangereux !
On trouve beaucoup de crétins à l’ombre des puissants, mais ces crétins-là
ne savent pas qu'en vivant à l'ombre des puissants ils ne font d'ombre à
personne. C'est à la lumière que germe la vie.
Dites une chose intelligente à un crétin. Après réflexon, il vous
dira : « Elle est de qui cette pensée ? »
Un crétin ne pose pas de questions lorsqu’il n’a pas compris : il
trouve que c’est suspect.
Un crétin trahit pour le profit que quelque chose qu'il a en abondance mais
qu'il ne voit pas : la vie.
Un crétin tire de la gloire à faire souffir ceux qui lui demandent de
l'aide.
Ne laissez pas aux crétins l’accès à vos sentiments : c’est là qu’ils
vont frapper.
99,5%, est le pourcentage des idées auxquelles il faut renoncer si on les
partage avec des crétins. Ce que l’on parvient à leur dissimuler : les
0,5%, c’est à 100% qu’il faut les vivre !
Un crétin optimiste aborde son future avec une assurance inébranlable alors
qu'un crétin pessimiste aborde son futur avec la certitude que son dernier jour
est venu.
Les crétins ne construisent pas le futur, ils consomment le
présent.
Le projet d’un crétin immature : être une image de mode et se figer,
immobile, dans ce projet en laissant sa jeunesse filler.
Un crétin ne doute de rien parce qu'il n'écoute que lui même.
Il y a des crétins qui pensent qu’on peut gagner des combats seul face à une
meute de crétins cuirassés, obéissants, disciplinés et maternés par des louves.
Qu’en opposant à ces crétins des idées nouvelles pour seule défense on peut
stopper les dictatures. Qu’un crétin isolé peut déjouer le cours de l’histoire,
ou, mieux : faire l’histoire ! C’est crétin, évidemment ! A
pleurer même. Tellement crétin que ce crétin là y laissera la vie, à coups
sur…. Quant à ses idées nouvelles, elles resteront un temps dans la rue avant
qu’elles ne soient reprisent par un autre crétin. Et nous y revoilà : “Il
y a des crétins qui pensent qu’on peut gagner des combats seul…“.
Les crétins absolus sont les braises volatiles venues des feux de l'enfer.
Fourbes, elles n'attendent qu'une chose : enflammer le monde.
Le problème des jeunes crétins, ce n’est pas qu’ils soient jeunes, c’est
qu’ils ne savent pas qu’ils le sont.
Un crétin mange sans comprendre qu’il restaure un appétit. En amour ou
amitié, c’est pareil, il ne goûte pas : il consomme ! C'est ce qu'il
fait avec toutes choses, et tout au long de sa vie : consommer sans
penser.
Le crétin juge la valeur des individus à leur pouvoir de consommer. Il
s’étonne ensuite, avec tristesse, de n’être lui-même qu'un produit de la
consommation.
Un crétin grossier préfère la cooptation aux efforts qu'il faut produire
pour s'élever.
Le crétin né dans les privilèges du pouvoir et de la richesse affirme qu’on
naît tous égaux. Ben non. Croire qu’on naît égaux, c’est crétin. Croire que la
connaissance est l’héritage d’un gêne, d’une généalogie, c’est crétin. Croire
que nous sommes libres et maîtres de nos vies, sans soumissions ni
compromission aucune, c’est crétin. Et affirmer le contraire, c’est être sous
l'influence d'un crétin !
Nous devons savoir qu’il faut s’attacher à la dynamique de la vérité parce
qu’elle libère des attaches polluantes du crétin. Mais aussi, qu’il est bon de
confronter la vérité aux mensonges du crétin. Ce dernier est aux bonnes idées
ce que l’ombre est à la lumière : un contraste nécessaire. Il donne du
relief.
On peut se tromper sur un crétin qui travaille, jamais sur un crétin qui
dépense son argent !
Un crétin accepte la muselière alors qu’il n'a rien pour protéger son cul
!
Le niveau d’un crétin riche se mesure au niveau de ses revenus. Plus son
revenu est élevé et plus il se sent fort, plus il est estimé, écouté, envié,
rassuré… et plus il est crétin.
Je déteste le vieux crétin.
Le crétin à la retraite me répugne jusqu’à l’écœurement : le donneur de
leçon, celui enkysté dans la certitude que sa révolution a profité à tous.
Tout, dans ce crétin me répugne. Son physique, ses principes, sa mentalité, son
égoïsme, son arrogance, sa certitude, son passé et son futur, la montagne de
dettes qu’il laisse en héritage à la collectivité ; sa façon de me vendre
sa jeunesse passée et maintenant sa prospère vieillesse. Je déteste l’image
qu’il laisse derrière son passage et que je vais devoir porter. Je hais sa
richesse matérielle et sa médiocrité, fruit d’une révolution d’imposteurs. Je
ne supporte pas de devoir le supporter. Je ne supporte pas qu’il dispose de mes
jeunes années comme il le fait : en achetant ce qu’il n’a jamais possédé
autrement que par l’argent, les fausses promesses et la déloyauté. Je ne
supporte pas qu’il s’accroche à sa misérable vie parce qu’il est riche et qu’il
veut tirer tous les profits des richesses facilement obtenues, égoïstement
immobilisées et jalousement dissimulées. Sa jouissance égoïste de la vie est
une insulte au désir de mourir que cultive ma génération. Je le hais de
négocier au plus bas avec ma génération qui doit, elle, s’humilier pour
survivre. Il me répugne lorsqu’il se croit, se sent, se pense : jeune. Je
le hais lorsqu’il enlève à la jeunesse sa jeunesse.
Vieux crétin, redoute cette jeunesse méprisée qui grandit en le silence !
Elle sera bientôt adulte.
Un crétin ordinaire n'est jamais seul parce qu'il amuse la galerie. C'est la
distraction de ceux qui se pensent supérieurs : pauvres crétins.
Un homme conscient de son ignorance se place toujours derrière celui qui
sait plus que lui, même si c’est un crétin. Ce dernier excelle dans certains
domaines et s’y précipite.
Il est des situations ou il est nécessaire, si l’on veut conquérir une
chose, de prendre un crétin comme exemple. Le mimer ; être sa copie
conforme. Un exemple ? le crétin développe sa pleine puissance dans
l’obscurité et le vacarme assourdissant des boîtes de nuit. Là, il n’est pas
jugé selon ce qu’il est, mais selon ce qu’il parait être : une silhouette
mobile sous une lumière artificielle, heureuse d’être là. Forcément, dans ces
lieux, le crétin capte l’attention des autres crétins. C’est là qu’il faut se
dissimuler dans la masse, sourire, bouger et agir comme eux : en crétin,
ou déserter ces lieux.
Un crétin vit dans un tourbillon d’égoïsme le temps d’un été. Ensuite, à
l’été suivant, un autre crétin remplace le premier. Que devient le
premier ? : Il passe le reste de sa vie à payer les excès de cet été mais
cette fois… en famille !
Un crétin choisit les filles au plus beau de leur floraison, les autres
attendent l'instant qui suit la floraison pour y récolter la graine la plus
fertile.
Robes et fards sont là pour rehausser l’éclat du crétin. Il investit
massivement afin de garder l’apparence de la jeunesse. Un jour, ce crétin
découvre que sous le fard qui poudre son visage se dissimule une étrangère
endettée et laide, seule au monde, sans passé et sans futur.
Ce n’est pas insultant d’être qualifié de crétin. C’est même parfois
flatteur. En particulier lorsque celui qui juge est un crétin qui
s’ignore.
Le crétin qui vous crache à la figure est infiniment moins pénible que le
crétin qui vous tend la main, l’air obséquieux. Vous pouvez éliminer le premier
d’un revers. Impossible, en revanche, de vous débarrasser du second facilement.
Ne craignez pas son offense, craignez d’être son ami.
La maladresse du génie se confond souvent avec l'exubérance du crétin. Le
mal des génies, c’est qu’ils leur faut vivre entourés de crétins et considérés
comme tels !
Les gouffres obscures de l’intelligence se trouvent dans ces instants où les
crétins parviennent à nous convaincre que la déloyauté, la trahison, le
mensonge, l’injustice et le crime sont la valeurs absolue et supérieure :
les fondamentaux de l’espèce humaine, et qu’aucune foi, que tout espoir de
secours est vain, inutile : crétin.
L'avisé doit se tenir à l’écart des crétins, car lorsqu'ils sombrent dans
l’abîme qui se forme, tôt ou tard, sous leurs pieds, les crétins entrainent du
monde dans leur chute.
A quoi reconnait-on un crétin en pleine évolution ? Il est au bord des
larmes : conséquence d'une maladie d'amour ou, plus interessant, d'une
brutale prise de conscience.
Le crétin, comme le traître, est armé pour trahir, pas pour être trahi et
c’est sa faille.
Patience ! Un crétin offre toujours son échine au lion qu'il est
parvenue à mettre hors de lui.
Dites ceci aux crétins qui polluent votre vie : Celui qui accepte la
nourriture du Diable sera invité à son banquet.
L'homme puissant se fera passer pour un agneau aux yeux des crétins. Ceux-là
accourent, croyant tondre cet animal inoffensif, et ils découvrent, trop tard
et sans comprendre vraiment, qu'ils sont venus, d'eux même, exposés leur cul à
la foudre du puissant.
Méfiez vous du crétin qui, pour s’approprier ce qu’il convoite, expose dans
les premières minutes de la rencontre : cartes bancaires, bijoux,
histoires de voyages, anecdotes de sa vie noctambule, tout en jurant qu’il est
une personne ordinaire et simple. Vous reconnaitrez ce crétin à ceci :
parfois, il se laisse inviter par plus démunit que lui ! Cela flatte son
égos. Ce crétin, même si le pittoresque de son attitude peut séduire, manifeste
très consciemment son pouvoir matériel à chacun instant. Il le fait dans un
seul but : tirer un profit sans partage le moment venu. Laissez le parler
sans l’interrompre et vous verrez qu’il dévoile ce qu’il est : un crétin
qui se cache derrière un pouvoir matériel pour voler le bien d’un plus démunit.
Il n’y a rien à tirer d'un tel crétin.
Ne vous illusionnez pas. Une fois l’objet de sa convoitise obtenu, il redevient
ce qu’il est dans le fond, mais cette fois, en pleine lumière : un crétin
insignifiant qui se glorifie d’avoir abusé des faibles.
Sa bêtise est une insulte à l’idée d’entreprise et de progrès. Il faut cibler
ce crétin, l’isoler et le ruiner, si possible.
Vous voulez la ruine d’une entreprise ? Facile. Donnez du pouvoir au
crétin. Ensuite, financez ses projets avec du crédit.