Ricardo Casal

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HUMEURS

Cette rubrique est honnête même si elle est truffée d’humeurs changeantes. Je m'y expose avec sincérité, loyalement, et au fil des événements qui déstabilisent ma vie. Je vous demande donc de faire un effort pour vous accommoder de mes contradictions comme moi-même je m’en accommode.

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mardi 15 novembre 2011

La Bête est là, qui guette….

Bourgeois gâtés que nous sommes, nous, les Européens nés après guerre ! Gavés d’une culture polie jusqu’à l’extrême, superficielle. Vernis d’une chance “extra ordinaire“ qu’on nomme les trente glorieuses. Si brillantes qu’elles nous ont aveuglées. C’est ce que nous avons retenu de cet enseignement : la cécité, l’égoïsme, l’individualisme, et, pire : le mépris pour ce qui n’a pas, selon nos codes de valeurs, réussi à s’engraisser d’une richesse matérielle.

Est-ce cela que nos guides moraux (les philosophes de la Grèce antique et de Rome) ceux qui ont fondés les règles de notre système de valeur, ont voulus nous enseigner ? Non.
Assurément, nous avons failli, et notre attitude est une insulte à l’héritage philosophique qu’ils nous ont laissé.

Que notre cœur redevienne ce que je crois qu’il est par nature : sensible et compatissant, voilà mon souhait. Et s’il ne l’est pas, il faut l’éduquer. Pour cela, il doit retourner aux sources et s’exposer aux misères humaines comme nos guides l’ont été. Ces misères qui désarment l’esprit le mieux armé, blessent mortellement nos organes vitaux, éclatent nos concepts les plus solides et biens rodés, en éparpillent les restes en nous amputant de nos certitudes, de nos familles, de nos amis, sans que l’on puisse y remédier. N’en doutez pas : être exposé à ces misères humaines est un séisme pour quiconque à du sang dans le cœur et aucune saine philosophie pour sa sauvegarde. Oui, le confort matériel est dangereux pour la santé mentale. Et oui, la misère nécessite des soins permanents, que seuls les peuples évolués, éduqués et lucides, peuvent prodiguer. Sans quoi, cette misère, tel un virus, contaminera toute chose visible et invisible, forte ou faible.

Une fois ce constat fait, accepté, il faut vivre avec la marque que cette vérité laisse en nous pour nous adapté toujours. Impossible, ensuite, de vivre avec l’idée conservatrice d’un bonheur inébranlable, édifié en culte. Sans quoi, il nous faut mourir, écrasé sous le poids insupportable d’une vérité très différente de ce que nous avons cru ; où s’isoler du monde, ce qui revient à emmurer un aveugle et le laisser sans nourriture.

Cette misère dont je parle, est là, partout, écrite dans les livres d’histoire, véhiculée par la mémoire des cachots, physiquement visible au coin d’une rue. Elle nous enseigne que la vie se corrige à chaque pas. Acceptons cela. Revenons aux sources, à ce que nous sommes : des être humains intelligents, où mourront comme des bêtes sauvages sous la dent d’un prédateur plus cruel encore. Non, je n’exagère pas, la misère est partout présente, tout autour de nous, dans chaque foyer, au cœur de chaque culture, prête à contaminer l’esprit le plus sain, l’avilir, le rendre pire que la bête.

Prenons garde, nous, les populations qui ont reçu un savoir, et veillons à ce que cette maladie de l’âme qui se nomme : cécité, ignorance, égoïsme, avidité, cruauté, ne nous fassent oublier l’essentiel dans l’enseignement de nos guides : être attentif au bien être de notre semblable, surtout s’il croît dans la misère. Sinon nous subirons encore de nombreuse fois tout ce qui concorde avec le crime et châtiment du crime commit, et l’humanité disparaîtra définitivement de nos cœurs… et de la terre.

mercredi 16 février 2011

Ailleurs c'est mieux…

On dit que l’herbe est plus verte ailleurs. Cette quête m’a mené ici et là, du nord au sud, vers l’Ouest d’abord, puis vers l’Est maintenant. Ailleurs, bien sûr, les couleurs diffèrent selon des facteurs divers, et d’ensoleillement en particulier. Je n’ai pas mastiqué l’herbe que j’ai foulée et j’ignore tout de son goût. Cependant, je l’ai observé avec curiosité et j’ai médité. Est-ce pour ça que les hommes tournent autour de notre globe ? Pour y déceler une herbe aux teintes subtiles, aux vertus médicinales miraculeuses ? Non ! Quelle sotise. Voilà la leçon de mes méditations. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Mettons de la raison dans cet examen.

Thailande

Je substitue donc le mot “herbe“ avec celui ci “amour“. Là, d’un coup, les choses s’éclairent et mes fugues s’expliquent mieux. Alors, si on disait ceci : “Aimer ailleurs, c'est se donner une chance d'aimer encore ; d'une autre manière et mieux“. Maintenant je comprends ma quête. Et c’est vrai ! seule cette quête peut conduire mes pas vers un ailleurs. L’amour, et l’extraordinaire élévation qui l’accompagne, mérite qu’on y consume sa vie. Je suis animé par cette vérité. L’amour est fugace, il va, vient, s’arrête un instant puis repart. Toujours en mouvement, il ne se laisse jamais emprisonner et c’est sa quête qui élève le cœur. En arrivant il édifie des palais avec une énergie stupéfiante, crée la vie, et en s’éloignant, il laisse le goût de lui courir après, de l’attraper encore, de le posséder pour se livrer à lui corps et âme. C’est un miracle qui passe sans jamais s’arrêter. Il éblouit la vie, ensuite, après son passage, tout semble ombres ou ténèbres, selon l’intensité dont il a rayonné. On lui élève des temples pour le retenir, lui consacre des offices, le chante, mais il ne reste pas, il fuit toujours…. Alors, c’est ça ma croisade : courir après l’amour.

Thailande2

L’ai-je trouvé ? Oui, je l’ai croisé, mais il ne s’est pas fixé dans ma vie et je l’en remercie. S’il avait prospéré, je n’aurais pas le goût de ces ailleurs qui me poussent à franchir les clôtures de lieux jusque là inconnus.
J’ai hâte de me désaltérer à cette source et c'est pour cela que je regarde vers tous les soleils levants.
Je le sais maintenant, c’est dans ma quête vers cette source nouvelle, au détour d’un événement imprévisible, ici ou ailleurs, qu’il se présentera pour remettre dans mon cœur l’essence indispensable à un nouvel envol. Vers le soleil de préférence, car je veux m'y brûler les ailes…

jeudi 6 mai 2010

Moi, Précaire et Nomade…

Nous sommes tous intéressé et influencé par la beauté. Le sort d’une pomme pourrissante et ridée tombée au pied du pommier qui l’a nourri nous semble moins enviable que le sort de la pomme restée accroché à sa branche. Nous avons de la répugnance pour la première et goûtons la seconde. Pourtant, le sort de l’une et de l’autre est le même : muter.


La vie procède par étapes, et même si ces étapes n’ont pas toutes le même éclat, elles se succèdent toute, comme les chapitres d’une histoire, dans un même processus : l’énergie de la vie.

Aujourd’hui, la roue de la fortune m’impose de vivre une nouvelle mutation. Alors je laisse derrière moi le manteau du passé pour tricoter les mailles de ma prochaine laine.
Je m’en vais vers un ailleurs, vierge comme l’inconnu pour moi. Un ailleurs dont les perspectives ont été dessinées par la destiné. A moi maintenant d’en faire le meilleur usage. À présent, et dès aujourd’hui, j’élabore les premières lignes de ce nouveau futur.
Voici quelques mots en héritage de ce qui, désormais, est le passé…


Pour donner plus de sens à mes mots, je rebondis sur le testament d’Auguste Rodin dont voici quelques extraits.

“… Tout est beau pour l’artiste car en tout être et en toute chose, son regard pénétrant découvre le caractère, c’est-à-dire, la vérité intérieure qui transparaît sous la forme.… Que votre esprit conçoive toute superficie (toute idée, concept, chose) comme l’extrémité d’un volume qui la pousse par derrière…. Toute vie surgit d’un centre puis germe et s’épanouit du dedans au-dehors.… Souvenez vous de ceci : il n’y a pas de traits, il n’y a que des volumes. Quand vous dessinez, ne vous préoccupez jamais du contour mais du relief. C’est le relief qui régit le contour.… Les seules qualités de l’artiste sont sagesse, attention, sincérité, volonté. Accomplissez votre besogne comme d’honnêtes ouvriers… N’hésitez jamais à exprimer ce que vous sentez même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues… Votre isolement sera de coutre duré.… Le grand point est d’être ému, d’aimer, d’espérer, de frémir, de vivre.… L’art est une magnifique leçon de sincérité… Le véritable artiste exprime toujours ce qu’il pense au risque de bousculer tous les préjugés établis. Il enseigne ainsi la franchise à ses semblables…“

Quoi dire de plus ? Voici le lien où vous trouverez le Testament d'Auguste Rodin dans son intégralité.

Et mon héritage visuel maintenant. En images cette fois. Des natures mortes auxquelles j'ai voulu donner, sur les conseils d'Auguste Rodin, un peu de vie de l'intérieur.



Et aussi cette copie de Claude Monet.

mardi 13 octobre 2009

Renaître demain

Acte I. L’arbre devant ma fenêtre danse comme une algue marine dans un courant océanique. C’est le vent turbulent d’un orage qui approche et que les branches épousent. Si elles plient, indisciplinées, c’est parce qu’elles ont peur de se rompre. La vie est forte pour résister à de si puissantes attaques, ingénieuse, prodigieuse.

C’est le fracas violent d’un taffetas qui éveille ma curiosité et je sors sur mon balcon. Par envolées successives et désordonnées, comme pour fuir un ennemi, des grappes de feuilles s’échappent de la tignasse rebelle. On dirait des colombes en déroute qui s’envolent vers le gris des toits. Et puis, bien au-dessus, le ciel contraste un gris de plomb presque noir avec des volutes ventrues d’une blancheur de lait. On dirait mille ventres sur le point d'accoucher d'une portée de diables terrifiants.

Acte II. L’éclair photographie Montmartre et son grondement lui fait cortège d’Est en Ouest, rapidement. Et puis, d’un coup plus bruyant que le tonner qui les a précédé, une fusillade de gouttes martèlent le sol. C’est à couper le souffle. Deux arcs électriques communient dans la masse grise comme si le ciel et la terre avaient pactisé l’apocalypse…. Le tonner vient de me figer dans la pierre !

Je suis seul, debout sur mon balcon, exposé aux souffles de bourrasques et je suis surexcité. À l’abri de mon rocher je me prends pour un prédateur. J’ai l’œil vif et le cœur vaillant, prêt à fondre sur la première proie. C'est ce que je ferais sans attendre, oui, à la première clémence du ciel.

C’est un décor de tragédie où Dieu et Diable se disputent le terrain dans un effroyable face à face. Rien n’y est de trop. Tout est subtil et violent, logique et désordonné, graphique et abstrait, nuancé et contrasté, changeant, figé, terriblement sécurisé, sans danger. Pourquoi suis-je tant excité par ces forces apocalyptiques ?

Acte III. Je le sais, je le sens. Je vois maintenant s’éloigner les cavaliers du chao dans les coups d’éclairs qui colorent d’éphémères auréoles roses la nuit qui domine encore.
C’est grandiose ! Maintenant je veux rouler mon corps dans cette nouvelle vie, rincée et propre. C’est la chance d’une renaissance : celle de me débarrasser des décombres de mon passé. Mes poumons inhalent l’humidité à un rythme inhabituel, mon cœur cogne et c’est bien.

J’ai le cœur à faire la fête, danser, rire et patauger, débrider ma folie, lâcher prise. Je veux ouvrir la bouche et manger la pluie. Je veux m’enivrer des parfums de cet orage. Merci. Je veux crier aussi fort qu’il m’est possible de le faire. Et puis, enfin, abattu, quand l’eau m’aura lavé de toutes mes défaites, je veux tomber à genoux dans les courants des caniveaux et prier pour cette promesse de jour nouveau qui viendra demain….

Ce n’est plus le crépuscule, c’est la nuit noire : celle qui appartient au silence de mes phrases.

L’air de la nuit est trop frais pour un été qui vient de mourir. Dans l’atmosphère de cette lutte, je distingue encore l’odeur de l’été et de l’hiver confondu dans la symbiose d’un cri d’amour. C’est comme si j’étais à la croisée d’un chemin… Je le suis… Je le souhaite…, l’espère. Je veux renaître demain.

mercredi 15 avril 2009

Crétin, passes ton chemin !

C’est peut-être crétin d’avoir pensé à cette rubrique. Je ne le sais pas. Je n’ai pas le recul nécessaire pour le dire. Mais si je ne le fais pas, si je ne m’expose pas, alors, comment le découvrir ? On ne peut pas prendre du recul sur un truc qu’on a pas fait ! penser que oui, c'est crétin ! Non, j'me trompe ? Alors voilà, pele mele, et à la pelle, quelques réflexions :

La pire des espèces : l’irréductible crétin. Chez ce dernier le cerveau n’a plus aucune action comme organe de la pensée. Plus de raison : seul la jalousie, l’envie, la cupidité, le désir de s’approprier, de consommer : rien d’autre, sans nuance...

Si vous trouvez un crétin dissimulé sous une vertu, c'est que vous avez mis la main sur un crétin intelligent. Mais attention, car un crétin qui fait l’intelligent est très dangereux !

On trouve beaucoup de crétins à l’ombre des puissants, mais ces crétins-là ne savent pas qu'en vivant à l'ombre des puissants ils ne font d'ombre à personne. C'est à la lumière que germe la vie.

Dites une chose intelligente à un crétin. Après réflexon, il vous dira : « Elle est de qui cette pensée ? »

Un crétin ne pose pas de questions lorsqu’il n’a pas compris : il trouve que c’est suspect.

Un crétin trahit pour le profit que quelque chose qu'il a en abondance mais qu'il ne voit pas : la vie.

Un crétin tire de la gloire à faire souffir ceux qui lui demandent de l'aide.

Ne laissez pas aux crétins l’accès à vos sentiments : c’est là qu’ils vont frapper.

99,5%, est le pourcentage des idées auxquelles il faut renoncer si on les partage avec des crétins. Ce que l’on parvient à leur dissimuler : les 0,5%, c’est à 100% qu’il faut les vivre !

Un crétin optimiste aborde son future avec une assurance inébranlable alors qu'un crétin pessimiste aborde son futur avec la certitude que son dernier jour est venu.

Les crétins ne construisent pas le futur, ils consomment le présent.

Le projet d’un crétin immature : être une image de mode et se figer, immobile, dans ce projet en laissant sa jeunesse filler.

Un crétin ne doute de rien parce qu'il n'écoute que lui même.

Il y a des crétins qui pensent qu’on peut gagner des combats seul face à une meute de crétins cuirassés, obéissants, disciplinés et maternés par des louves. Qu’en opposant à ces crétins des idées nouvelles pour seule défense on peut stopper les dictatures. Qu’un crétin isolé peut déjouer le cours de l’histoire, ou, mieux : faire l’histoire ! C’est crétin, évidemment ! A pleurer même. Tellement crétin que ce crétin là y laissera la vie, à coups sur…. Quant à ses idées nouvelles, elles resteront un temps dans la rue avant qu’elles ne soient reprisent par un autre crétin. Et nous y revoilà : “Il y a des crétins qui pensent qu’on peut gagner des combats seul…“.

Les crétins absolus sont les braises volatiles venues des feux de l'enfer. Fourbes, elles n'attendent qu'une chose : enflammer le monde.

Le problème des jeunes crétins, ce n’est pas qu’ils soient jeunes, c’est qu’ils ne savent pas qu’ils le sont.

Un crétin mange sans comprendre qu’il restaure un appétit. En amour ou amitié, c’est pareil, il ne goûte pas : il consomme ! C'est ce qu'il fait avec toutes choses, et tout au long de sa vie : consommer sans penser.

Le crétin juge la valeur des individus à leur pouvoir de consommer. Il s’étonne ensuite, avec tristesse, de n’être lui-même qu'un produit de la consommation.

Un crétin grossier préfère la cooptation aux efforts qu'il faut produire pour s'élever.

Le crétin né dans les privilèges du pouvoir et de la richesse affirme qu’on naît tous égaux. Ben non. Croire qu’on naît égaux, c’est crétin. Croire que la connaissance est l’héritage d’un gêne, d’une généalogie, c’est crétin. Croire que nous sommes libres et maîtres de nos vies, sans soumissions ni compromission aucune, c’est crétin. Et affirmer le contraire, c’est être sous l'influence d'un crétin !
Nous devons savoir qu’il faut s’attacher à la dynamique de la vérité parce qu’elle libère des attaches polluantes du crétin. Mais aussi, qu’il est bon de confronter la vérité aux mensonges du crétin. Ce dernier est aux bonnes idées ce que l’ombre est à la lumière : un contraste nécessaire. Il donne du relief.

On peut se tromper sur un crétin qui travaille, jamais sur un crétin qui dépense son argent !

Un crétin accepte la muselière alors qu’il n'a rien pour protéger son cul !

Le niveau d’un crétin riche se mesure au niveau de ses revenus. Plus son revenu est élevé et plus il se sent fort, plus il est estimé, écouté, envié, rassuré… et plus il est crétin.

Je déteste le vieux crétin.
Le crétin à la retraite me répugne jusqu’à l’écœurement : le donneur de leçon, celui enkysté dans la certitude que sa révolution a profité à tous. Tout, dans ce crétin me répugne. Son physique, ses principes, sa mentalité, son égoïsme, son arrogance, sa certitude, son passé et son futur, la montagne de dettes qu’il laisse en héritage à la collectivité ; sa façon de me vendre sa jeunesse passée et maintenant sa prospère vieillesse. Je déteste l’image qu’il laisse derrière son passage et que je vais devoir porter. Je hais sa richesse matérielle et sa médiocrité, fruit d’une révolution d’imposteurs. Je ne supporte pas de devoir le supporter. Je ne supporte pas qu’il dispose de mes jeunes années comme il le fait : en achetant ce qu’il n’a jamais possédé autrement que par l’argent, les fausses promesses et la déloyauté. Je ne supporte pas qu’il s’accroche à sa misérable vie parce qu’il est riche et qu’il veut tirer tous les profits des richesses facilement obtenues, égoïstement immobilisées et jalousement dissimulées. Sa jouissance égoïste de la vie est une insulte au désir de mourir que cultive ma génération. Je le hais de négocier au plus bas avec ma génération qui doit, elle, s’humilier pour survivre. Il me répugne lorsqu’il se croit, se sent, se pense : jeune. Je le hais lorsqu’il enlève à la jeunesse sa jeunesse.
Vieux crétin, redoute cette jeunesse méprisée qui grandit en le silence ! Elle sera bientôt adulte.

Un crétin ordinaire n'est jamais seul parce qu'il amuse la galerie. C'est la distraction de ceux qui se pensent supérieurs : pauvres crétins.

Un homme conscient de son ignorance se place toujours derrière celui qui sait plus que lui, même si c’est un crétin. Ce dernier excelle dans certains domaines et s’y précipite.

Il est des situations ou il est nécessaire, si l’on veut conquérir une chose, de prendre un crétin comme exemple. Le mimer ; être sa copie conforme. Un exemple ? le crétin développe sa pleine puissance dans l’obscurité et le vacarme assourdissant des boîtes de nuit. Là, il n’est pas jugé selon ce qu’il est, mais selon ce qu’il parait être : une silhouette mobile sous une lumière artificielle, heureuse d’être là. Forcément, dans ces lieux, le crétin capte l’attention des autres crétins. C’est là qu’il faut se dissimuler dans la masse, sourire, bouger et agir comme eux : en crétin, ou déserter ces lieux.

Un crétin vit dans un tourbillon d’égoïsme le temps d’un été. Ensuite, à l’été suivant, un autre crétin remplace le premier. Que devient le premier ? : Il passe le reste de sa vie à payer les excès de cet été mais cette fois… en famille !

Un crétin choisit les filles au plus beau de leur floraison, les autres attendent l'instant qui suit la floraison pour y récolter la graine la plus fertile.

Robes et fards sont là pour rehausser l’éclat du crétin. Il investit massivement afin de garder l’apparence de la jeunesse. Un jour, ce crétin découvre que sous le fard qui poudre son visage se dissimule une étrangère endettée et laide, seule au monde, sans passé et sans futur.

Ce n’est pas insultant d’être qualifié de crétin. C’est même parfois flatteur. En particulier lorsque celui qui juge est un crétin qui s’ignore.

Le crétin qui vous crache à la figure est infiniment moins pénible que le crétin qui vous tend la main, l’air obséquieux. Vous pouvez éliminer le premier d’un revers. Impossible, en revanche, de vous débarrasser du second facilement. Ne craignez pas son offense, craignez d’être son ami.

La maladresse du génie se confond souvent avec l'exubérance du crétin. Le mal des génies, c’est qu’ils leur faut vivre entourés de crétins et considérés comme tels !

Les gouffres obscures de l’intelligence se trouvent dans ces instants où les crétins parviennent à nous convaincre que la déloyauté, la trahison, le mensonge, l’injustice et le crime sont la valeurs absolue et supérieure : les fondamentaux de l’espèce humaine, et qu’aucune foi, que tout espoir de secours est vain, inutile : crétin.

L'avisé doit se tenir à l’écart des crétins, car lorsqu'ils sombrent dans l’abîme qui se forme, tôt ou tard, sous leurs pieds, les crétins entrainent du monde dans leur chute.

A quoi reconnait-on un crétin en pleine évolution ? Il est au bord des larmes : conséquence d'une maladie d'amour ou, plus interessant, d'une brutale prise de conscience.

Le crétin, comme le traître, est armé pour trahir, pas pour être trahi et c’est sa faille.

Patience ! Un crétin offre toujours son échine au lion qu'il est parvenue à mettre hors de lui.

Dites ceci aux crétins qui polluent votre vie : Celui qui accepte la nourriture du Diable sera invité à son banquet.

L'homme puissant se fera passer pour un agneau aux yeux des crétins. Ceux-là accourent, croyant tondre cet animal inoffensif, et ils découvrent, trop tard et sans comprendre vraiment, qu'ils sont venus, d'eux même, exposés leur cul à la foudre du puissant.

Méfiez vous du crétin qui, pour s’approprier ce qu’il convoite, expose dans les premières minutes de la rencontre : cartes bancaires, bijoux, histoires de voyages, anecdotes de sa vie noctambule, tout en jurant qu’il est une personne ordinaire et simple. Vous reconnaitrez ce crétin à ceci : parfois, il se laisse inviter par plus démunit que lui ! Cela flatte son égos. Ce crétin, même si le pittoresque de son attitude peut séduire, manifeste très consciemment son pouvoir matériel à chacun instant. Il le fait dans un seul but : tirer un profit sans partage le moment venu. Laissez le parler sans l’interrompre et vous verrez qu’il dévoile ce qu’il est : un crétin qui se cache derrière un pouvoir matériel pour voler le bien d’un plus démunit. Il n’y a rien à tirer d'un tel crétin.
Ne vous illusionnez pas. Une fois l’objet de sa convoitise obtenu, il redevient ce qu’il est dans le fond, mais cette fois, en pleine lumière : un crétin insignifiant qui se glorifie d’avoir abusé des faibles.
Sa bêtise est une insulte à l’idée d’entreprise et de progrès. Il faut cibler ce crétin, l’isoler et le ruiner, si possible.

Vous voulez la ruine d’une entreprise ? Facile. Donnez du pouvoir au crétin. Ensuite, financez ses projets avec du crédit.

lundi 9 mars 2009

En hommage aux mecs bien.

Merci à toi, Dita, pour m’avoir fait découvrir ce texte publié dans : Les Hommes. Je l'ai emputé de quelques phrases, j'en ai modifié, j'y ai ajouté des mots à moi, et j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas. Je n'ai fait que rebondir sur ce qu'il a écrit. Son texte, mêlée au mien, mérite d’être publié et republié en hommage de tous ces mecs qui….

Les mecs biens finissent derniers

Pour chaque mec qui à la trouille de lui faire mal.
Qui lui dit «Tu es belle » quand elle se sent moche,
Qui n´est jamais trop occupé pour courrir vers elle,
Qui lui construit un temple pour l'abriter une heure,
Qui lui dessine des fleurs pour ensoleiller ses ennuies,
Qui dit qu´il mourrait pour elle… et qui le ferrait vraiment.
Qui sait ce qu´elle désire avant qu'elle le sache elle-même.
Qui lui tienne la main en toute occasion,
Qui l´embrasse sans attendre d'amour en retour,
Qui l'enlasse déraisonnablement sans autre projet,
Qui lui donne sa peau pour la protéger des bessures de la vie,
Qui l´appelle pour s´assurer qu´elle vit sans lui… alors qu'il meure sans elle.
Qui attendant des heures pour la voir, même si ce n'est qu'un instant.
Qui n'a d'autre priorité qu'elle,
Qui se coller à elle pour lui confier ses faiblesses.
Qui croit plus a ses rêves qu'elle n'y croit elle-même.
Qui fait tout pour qu´elle puisse les réaliser.
Qui souhaite son bonheur…, même si c'est avec un autre.
Qui a pleuré devant elle,
Qui l´aime…, même si elle lui a brisé le coeur.
Pour chaque mec bien…, merci.

jeudi 5 mars 2009

J'ai marché sur la nuit.

Je voulais sortir d’une ornière sentimentale et j’ai vu dans ma dérive Parisienne la seule issue de ma délivrance. Ce fut vainement. J’ai trébuché à chaque pas, et jusqu’au petit matin, sur l’ombre de moi-même. J’ai vu le pont Royal. Il m’a sacré en faisant peser sur mes épaules le poids d’un mentaux si lourd que j’en suis tombé en génuflexion. Le pont de la Concorde m’a fait croire un instant que ma peine était partagée par d’autres et le pont Alexandre III a soutenu mon cœur malade lorsqu’il s’est souvenu que j’y ai vomi en souvenir d’elle. Quant au pont des Invalides, il m’a accueilli en camarade et je suis resté là le temps d’un dernier alcool entre naufragés.

Don y Dona Carlo
Je viens de rentrer et mes jambes sont meurtries par tant d’efforts. Mes épaules ne supportent plus le poids de tant de mélancolie et mes pieds sont brûlants par tant de pas. La nuit est passée et le jour pointe vers sept heures du matin.
Je sais, ma belle, que tu es dans ton plus profond sommeil et je vais m’aliter, moi aussi. Et pour canaliser la rébellion qui gronde encore en moi, je vais rêver d'une nouvelle quête comme si la nuit n’avait pas filé sans la nourriture d'une l'illusion… Et voilà que mon rêve vient.

Duerme

J’embrasse ta gorge par la droite comme pour te dire un secret. Un baiser sur ta jugulaire, à un pouce au-dessous de ton oreille, là où j’ai toutes les chances de me perdre : dans la broussaille de tes cheveux. Là où j’ai toutes les chances de m’enflammer : dans les effluves de ton parfum. Là où j’ai toutes les chances d’atteindre ton cœur et de m’y noyer : par cette veine qui y va sans détour.
Je suis si fatigué…

jeudi 11 décembre 2008

La lie des vins est amère.

Ce texte est plus qu’un texte. Il est un tableau, mille, le patrimoine des artistes. Il est un et multiple, coloré comme le sont mes œuvres et posé sur une solide armature. J’aimerais dire, et en y croyant du fond du cœur : qu’il est une œuvre. En tout cas, ce que je sais avec certitude, c’est qu’il a illustré, à l’heure où je les ai écrit, l’humeur de mon âme. Il trouve donc sa place ici.

Les mots que mon amour adultère dépose dans mon cœur pénètrent mon âme jusqu’au plus intime de moi. Ils sont un sirop. Lorsqu’ils s’articulent en grappes sonores, sur ses lèvres, c’est pour colorer l’instant présent des preuves d'un immense amour pertinent et pur. Immédiatement, ces mots se transforment en vapeurs alcoolisées et ils m’enivrent de vertiges bien plus délicieux qu’une ivresse. Dans ces moments de grâce, je suis nu et sans défense et je ne veux rien d'autre au monde que cette nudité intégrale.
Mais ces amours-là n’ont pas la vocation de nidifier. Mon âme le sait. Elle entrevoit cet éphémère mensonge et elle se donne sans réserve et d’autant plus sincèrement qu'elle en présent la funeste destinée. Ensuite, lorsque mon amour adultère guillotine le temps par son départ, les mots qui ont bâti, l’instant d’avant, des temples d’illusions se vident de leur sève.

Une fois la source asséchée, je reste seul et endeuillé dans le vide de l’absence. Alors, l’ivresse tourne et se transforme. La chimie fait virer les sucs en venin. Très vite, je contemple mes mains servantes avec lesquelles j’ai bu ce poison jusqu’à la lie et le cauchemar fait échos au vide. Je suis en manque. Une terrible oppression enserre ma poitrine, une âpreté sans pareille m’inonde le cœur et les relents nauséeux des instants vécus viennent dégoûter mes sens, tous mes sens.

Je hais maintenant ma faiblesse et ma dépendance pour cet amour adultère. Je sais, même si le terreau est fertile, les amours adultères ne produisent pas de bons fruits ; juste le fruit amer des trahisons. Alors je m’insulte d’avoir confondu sirop et venin et je prie pour que mon cœur empoisonné ne cesse de battre, qu’il ne me lâche pas, qu’il continue, comme il l’a toujours fait, à prendre soin de mon honnêteté amoureuse. Mais le combat est rude. Ma vie désire amputer la partie de mon cœur malade. Elle veut donner une chance de renaissance à la parcelle incorruptible. À genoux, ma raison me supplie d’accepter l’idée. C’est ma seule chance de survie !….
Que feras-tu sans moi ? Voilà ce que l'écho de mon amour adultère répète et je l'écoute. Quel goût aura ta bouche sans la saveur de mes baisers ? Par quel autre poison couvriras-tu les vertiges du poison de mon amour ?… Il a raison ! A quoi bon vivre sans ivresse ? A quoi bon survivre ?…

Don Luis

Je tombe, et ce n’est qu’une fois à terre, dans un état fœtal, que j’entends les mots que cœur répète sans arrêt. C’est avec tendresse et sagesse qu’il vient, avec patience, restaurer ce qui reste de moi. Il me dit qu’à la prochaine occasion, qu’à la prochaine visite de mon amour adultère, c’est de toute mon âme, le cœur offert et sans réserver, à vif, que je m’enivrerai, prisonnier au poison de ses mots.
Il a raison.

vendredi 5 décembre 2008

Dis-moi…,

Tu donnes aux hommes l’intelligence et le pouvoir de distinguer le bien du mal. Cependant, tu laisses le mal s’installer et prendre possession de toutes choses, durablement.

Belleza

Pour résister à cette implacable corruption, tu dis qu’il faut prier sans cesse afin que ta force nous serve de rempart. Nous sommes, comme tu le sais, des êtres fragiles, nus, incomplets, et nous exposer à un tel péril, c’est faire preuve de cécité. Nous ne sommes pas des êtres d’exceptions. Si certains d’entre nous ne cessent de te prier pour le salut de leurs âmes, qu’ils aient péché ou non, je penses que tu devrais, toi aussi, les prier d’accepter ton pardon pour les exposer à des épreuves qui sont au-delà de leurs forces. N’exclu personne je te prie : le riche pour l’inconfort de sa richesse et le pauvre pour son infortune ; pardonne à l’orgueilleux, au gourmand, au avar, au coléreux, à l'envieux et a celui qui trouve fusion dans l'amour charnel.
Tu dis aussi que tu donnes sans attendre en retour, généreusement et sans calcul. Je ne sais pas. Je crois, au contraire, que ton attente est immense, à la mesure des épreuves auxquelles tu exposes les hommes.

Souviens toi. Tu as donné la faim, la pauvreté et l’infirmité pour certains ; l’opulence à d’autres, et donc, le conflit. Tu as laissé des juges humains concevoir des lois profitables aux intérêts des riches, qui sont une minorité, et subordonner les pauvres, qui sont la masse. Tu as laissé prospérer le riche dans son pouvoir d'autorité et mourir le pauvre sous le feu des dictatures. C’est cruel et je me demande où est ta justice aimante.

Fuerza

En nous donnant une vie physique, organique, tu nous as rendue dépendants de la nécessité vitale d’aimer. C'est sur l'hotel de cette idée que nous glorifions cette alliance, et pour te remercier, nous avons édifié des temples pour y perpétuer ton héritage.

Vois ! Le commerce de l’amour s’est installé dans toutes les sociétés sans qu’aucun rempart lui fasse obstacle. On vend son amour pour le pouvoir de la richesse. On ment pour ce même pouvoir. On trahit, toujours pour cette même cause. On tue aussi, pour le profit de l’argent qui achète tout, y compris cet amour.

Je te prie, répond à cette question : quel rempart à cela ? La prière ?…. La prière pour seule arme, seule armure et seule défense ?… Regarde ce qui se passe. Les infortunés te prient, et ils sont légion, pourtant, ils meurent empoisonnés par les pervers mensonges des prédateurs et victimes d’odieuses trahisons.

Qu’attends-tu ? D’autres martyres ? Pourquoi ?…
Je comprends le profit pour la prospérité de ton église, mais quant est-il de ceux qui souffrent dans l’attente de ton aide et qui meurent des conséquences du mal qui anéantit la flamme de leurs précieuses vies ?

Si c’est ce que tu veux : qu’ils souffrent ; qu’ils t’abandonnent leurs vies, alors ne me dit plus que tu donnes sans rien attendre en retour et généreusement, comme un Père aimant. Ton amour est glouton, ton appétit vorace, et les preuves que tu attends en retour sont au-dessus des forces humaines.

Doña Carino

On dit aussi que ton projet est supérieur aux tracasseries qui empoisonnent le quotidien des hommes, et le mien en particulier.
Comme tous mes semblables, je cherche les indices de cet amour promis qui apaise les blessures sans les guérir… qui donne, au minimum, une raison de les supporter.
Sans doute, je n’ai pas tout compris. Rien, probablement. Mais je pense souvent au pire : que je ne frappe pas à la bonne porte…. La vérité, c'est que je ne sais pas si je m'adresse au bon Dieu.
Serais-tu multiple ?

vendredi 21 novembre 2008

Mon Cristal Perd la Boule

En posant mes mains sur ma boule de cristal, j’ai jeté un pont entre le passé, le présent et le futur. J’ai suivi ce fil d’Ariane pour comprendre et imaginer ce que sera l’art dans notre futur. Le temps accordé à cette entreprise n’a pas été inutile. Voilà le fruit de cette prospection au cœur d’une boule complètement brouillée…

Hier…. Louis Jacques Mandé Daguerre (artiste peintre Français), Joseph Nicéphore Niépce (inventeur Français), William Henry Fox Talbot (mathématicien et physicien anglais). Voilà trois noms qui, en d’autres temps, ont bouleversé les arts : à eux trois, ces hommes ont réussi à fixer une image sur un support papier. Si cette découverte fut une extraordinaire évolution, elle fût aussi un séisme sans précédent qui ébranla les fondations de l’art. Après cela, rien ne pouvait être comme avant. Ce séisme a englouti pour toujours un grand nombre de techniques, de précieuses connaissances et des siècles de pratique. Sans parler des générations d’artistes qu’elle a ensevelies. C’est ainsi, c’est le propre des séismes….

Le 11 septembre 2001… Sur le plan intellectuel, incontestablement, le 11 septembre a été un séisme. Il a englouti une perception du monde et des valeurs au profit d’une autre, plus physique, figurative et surtout, centrée sur le “compréhensible“. Pourquoi ?
C’est la résultante de tout accident : on veut comprendre pourquoi ces choses-là sont arrivées. En percutant les WTC, ces avions ont percuté le monde entier, et depuis ce jour, le monde veut comprendre ce qu’il voit, clairement.
Il y a le monde de “l’avant 11 septembre“. Il pouvait être abstrait et superficiel. Il y a maintenant celui de “l’après 11 septembre“. Il ne peut pas — ne veut pas — souffrir de cécité.
La production artistique de “l’après“ n’est pas encore là, mais elle vient, je l’entends, au rythme de la création et des démarches artistiques qui sont menés aux quatre coins du monde par tous les agents artistiques, connus, inconnus, ou en devenirs.

Aujourd’hui un système financier s’effondre et avec lui une théorie, celle du capitalisme aveugle et égoïste, et cela, deux décennies seulement après l’effondrement du boc communiste. Il ne se passe pas un jour sans que les citoyens du monde ouvrent les yeux sur des pratiques obscures, injustes et traumatisantes. Bien fou est celui qui croit encore, après-tout cela, que rien ne bouge. C’est incontestablement la fin d’un monde, et c’est aussi, fort heureusement, la naissance d’un autre….
Je vois dans le trouble de ma boule de cristal que ce monde futur se construira sur les bases d’une réalité bien conçue et lisible. Il ne pourra être autrement.

Et l’art dans tout ça ?… Bien conçu et lisible !? … La création artistique est opportuniste. Elle s’adapte au besoin de la collectivité, à la volonté des masses, au niveau intellectuel, spirituel et culturel, des nations.
Comme un Caméléon elle Est ce de chaque événement historique Est. Elle évolue avec les évolutions. Et comme toute espèce vivante, ce sont les agressions qui provoquent les grandes mutations.
L'histoire est sa source. Si le projet du monde est romantique, alors l’art sera romantique. On l’a vu mystique, idéaliste, surréaliste. Pendant ces dernières décennies, le monde est devenu obscur et l’art, en réaction, est devenu abstrait.
L’art est le résultat de cette nourriture. L'art ne peut, en aucun cas, changer le cours de l’histoire. Le rôle de l'artiste ordinaire est d’illustrer ce qu'il voit ; celui de artiste visionnaire, d’enticiper les changements. Quant à l'artiste de génie, bon gré mal gré, il continuera à voir ce que les autres ne veulent ni voir, ni entendre…

Décidément ma boule de cristal doit être hors d’usage car elle ne me renvoi qu’une seule réponse et toujours la même : l’art est le marque page de l’histoire.

dimanche 13 janvier 2008

Ma bonne maîtresse

Le clame plat n’est pas recherché, il ennui. Une petite houle est l’idéal. On monte doucement puis l’on redescend tout aussi lentement. On respire profondément et l’on contemple le paysage, ses couleurs variées, ses charmes subtiles, ses aubes et ses crépuscules romantiques, et dans ce rythme lascif, sans heur, on songe dans un demi sommeil que la vie est merveilleuse. Mais il ne faut pas rêver : l’idéal ne se rencontre que très rarement dans ce monde. En tous cas, ces moments privilégiés ne sont pas mon quotidien ! A dire vrai, ils ne l’ont jamais été.

Mon passé est fait de fracas, de tempêtes, de maelstrom si puissantes qu’ils m’ont m’englouti, corps et âme, dans des abysses. J’ai tellement tiré le Diable par la queue que l’odeur fétide de son trou du cul est imprimé dans ma mémoire à jamais. Oui, mon passé sent le souffre de son anus.

Pourquoi ce tumulte ? Pourquoi cette destinée ? J’ai cherché des raisons mais je n’ai rien, aucun élément sérieux pour esquisser une réponse. Et si aujourd’hui je suis en santé, je ne le comprends pas non plus car les forces qui m’ont agressé sont aussi puissantes que celles qui m’ont épargné et c’est un mystère complet.

Ce que je sais avec certitude (et c’est l’objet de ce billet) c’est que malgré ces épreuves je n’ai rien perdu de ma sensibilité et mon émotion est resté intacte : pure, intelligente et curieuse, courageuse. Alors, naturellement, j’ai de l’affection pour la force de cette âme qui vit en moi ; pour ce cœur qui ne m’a jamais lâché ; pour ce corps qui m’a toujours soutenu physiquement et pour cette foi, qui, solide comme un bâton, n’a jamais déserté ma main.

D’où me vient cette force ? De la création. La recherche du beau a toujours été mon bâton. Une voix salutaire. Mon refuge. Dès les premières batailles livrées, c’est dans la création que je me suis barricadé. C’est en elle que j’ai trouvé une puissante force de réconfort. Elle m’a reconstruit quand j’étais démoli. Sauvé, quand le poison glaçait mes membres. Conseillé, quand je n’y comprenais rien à rien. Aimée, quand j’étais seul et désespéré. Eveillé, quand j’étais assommé. Elle m’a tenu la main lorsque j’étais au bord de fatals précipices car elle sait deux choses : d’abord, qu’il ne faut rater aucune occasions de se mesurer à soi-même pour progresser, et ensuite : que, sans elle, je ne serais pas revenu sain et sauf de ces épreuves. Elle m’a été d’une fidélité sans faille même quand il m’est arrivé de la rejeter. Elle ne m’a jamais trahi, jamais abandonnée. Je lui dois tout, jusqu’à la vie.

Aujourd’hui encore sa tendresse oriente mes décisions et je vais, non sans doutes, vers un futur voilé de troublantes incertitudes. Mais c’est ainsi : elle est mon compas et j’accepte ses orientations sans me mutiner. Maintenant, et même si le sentiment de ne pas mériter son attention ne me quitte jamais, je lui suis entièrement dévoué car ce dont je ne doute pas, c’est de sa permanente compagnie. Elle fera de moi ce qu’elle veut. Quel que soit le lieu ou j’échoue, rocher ou plage, peut m’importe. Je sais que partout et en toutes occasions, c’est sa voix que j’entendrais venir à mon secours.

Et toi ! Toi qui critiques mes mots ou mes œuvres ! Lorsque tu viendras discuter de mon travail, adresse-toi à elle. Car moi, finalement, je ne suis qu’un amant servile qui exécute les ordres de sa bonne maîtresse.