Ricardo Casal

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HUMEURS

Cette rubrique est honnête même si elle est truffée d’humeurs changeantes. Je m'y expose avec sincérité, loyalement, et au fil des événements qui déstabilisent ma vie. Je vous demande donc de faire un effort pour vous accommoder de mes contradictions comme moi-même je m’en accommode.

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jeudi 6 mai 2010

Moi, Précaire et Nomade…

Nous sommes tous intéressé et influencé par la beauté. Le sort d’une pomme pourrissante et ridée tombée au pied du pommier qui l’a nourri nous semble moins enviable que le sort de la pomme restée accroché à sa branche. Nous avons de la répugnance pour la première et goûtons la seconde. Pourtant, le sort de l’une et de l’autre est le même : muter.


La vie procède par étapes, et même si ces étapes n’ont pas toutes le même éclat, elles se succèdent toute, comme les chapitres d’une histoire, dans un même processus : l’énergie de la vie.

Aujourd’hui, la roue de la fortune m’impose de vivre une nouvelle mutation. Alors je laisse derrière moi le manteau du passé pour tricoter les mailles de ma prochaine laine.
Je m’en vais vers un ailleurs, vierge comme l’inconnu pour moi. Un ailleurs dont les perspectives ont été dessinées par la destiné. A moi maintenant d’en faire le meilleur usage. À présent, et dès aujourd’hui, j’élabore les premières lignes de ce nouveau futur.
Voici quelques mots en héritage de ce qui, désormais, est le passé…


Pour donner plus de sens à mes mots, je rebondis sur le testament d’Auguste Rodin dont voici quelques extraits.

“… Tout est beau pour l’artiste car en tout être et en toute chose, son regard pénétrant découvre le caractère, c’est-à-dire, la vérité intérieure qui transparaît sous la forme.… Que votre esprit conçoive toute superficie (toute idée, concept, chose) comme l’extrémité d’un volume qui la pousse par derrière…. Toute vie surgit d’un centre puis germe et s’épanouit du dedans au-dehors.… Souvenez vous de ceci : il n’y a pas de traits, il n’y a que des volumes. Quand vous dessinez, ne vous préoccupez jamais du contour mais du relief. C’est le relief qui régit le contour.… Les seules qualités de l’artiste sont sagesse, attention, sincérité, volonté. Accomplissez votre besogne comme d’honnêtes ouvriers… N’hésitez jamais à exprimer ce que vous sentez même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues… Votre isolement sera de coutre duré.… Le grand point est d’être ému, d’aimer, d’espérer, de frémir, de vivre.… L’art est une magnifique leçon de sincérité… Le véritable artiste exprime toujours ce qu’il pense au risque de bousculer tous les préjugés établis. Il enseigne ainsi la franchise à ses semblables…“

Quoi dire de plus ? Voici le lien où vous trouverez le Testament d'Auguste Rodin dans son intégralité.

Et mon héritage visuel maintenant. En images cette fois. Des natures mortes auxquelles j'ai voulu donner, sur les conseils d'Auguste Rodin, un peu de vie de l'intérieur.



Et aussi cette copie de Claude Monet.

mardi 13 octobre 2009

Renaître demain

Acte I. L’arbre devant ma fenêtre danse comme une algue marine dans un courant océanique. C’est le vent turbulent d’un orage qui approche et que les branches épousent. Si elles plient, indisciplinées, c’est parce qu’elles ont peur de se rompre. La vie est forte pour résister à de si puissantes attaques, ingénieuse, prodigieuse.

C’est le fracas violent d’un taffetas qui éveille ma curiosité et je sors sur mon balcon. Par envolées successives et désordonnées, comme pour fuir un ennemi, des grappes de feuilles s’échappent de la tignasse rebelle. On dirait des colombes en déroute qui s’envolent vers le gris des toits. Et puis, bien au-dessus, le ciel contraste un gris de plomb presque noir avec des volutes ventrues d’une blancheur de lait. On dirait mille ventres sur le point d'accoucher d'une portée de diables terrifiants.

Acte II. L’éclair photographie Montmartre et son grondement lui fait cortège d’Est en Ouest, rapidement. Et puis, d’un coup plus bruyant que le tonner qui les a précédé, une fusillade de gouttes martèlent le sol. C’est à couper le souffle. Deux arcs électriques communient dans la masse grise comme si le ciel et la terre avaient pactisé l’apocalypse…. Le tonner vient de me figer dans la pierre !

Je suis seul, debout sur mon balcon, exposé aux souffles de bourrasques et je suis surexcité. À l’abri de mon rocher je me prends pour un prédateur. J’ai l’œil vif et le cœur vaillant, prêt à fondre sur la première proie. C'est ce que je ferais sans attendre, oui, à la première clémence du ciel.

C’est un décor de tragédie où Dieu et Diable se disputent le terrain dans un effroyable face à face. Rien n’y est de trop. Tout est subtil et violent, logique et désordonné, graphique et abstrait, nuancé et contrasté, changeant, figé, terriblement sécurisé, sans danger. Pourquoi suis-je tant excité par ces forces apocalyptiques ?

Acte III. Je le sais, je le sens. Je vois maintenant s’éloigner les cavaliers du chao dans les coups d’éclairs qui colorent d’éphémères auréoles roses la nuit qui domine encore.
C’est grandiose ! Maintenant je veux rouler mon corps dans cette nouvelle vie, rincée et propre. C’est la chance d’une renaissance : celle de me débarrasser des décombres de mon passé. Mes poumons inhalent l’humidité à un rythme inhabituel, mon cœur cogne et c’est bien.

J’ai le cœur à faire la fête, danser, rire et patauger, débrider ma folie, lâcher prise. Je veux ouvrir la bouche et manger la pluie. Je veux m’enivrer des parfums de cet orage. Merci. Je veux crier aussi fort qu’il m’est possible de le faire. Et puis, enfin, abattu, quand l’eau m’aura lavé de toutes mes défaites, je veux tomber à genoux dans les courants des caniveaux et prier pour cette promesse de jour nouveau qui viendra demain….

Ce n’est plus le crépuscule, c’est la nuit noire : celle qui appartient au silence de mes phrases.

L’air de la nuit est trop frais pour un été qui vient de mourir. Dans l’atmosphère de cette lutte, je distingue encore l’odeur de l’été et de l’hiver confondu dans la symbiose d’un cri d’amour. C’est comme si j’étais à la croisée d’un chemin… Je le suis… Je le souhaite…, l’espère. Je veux renaître demain.

mercredi 15 avril 2009

Sur les crétins

C’est peut-être crétin d’avoir pensé à cette rubrique. Je ne le sais pas. Je n’ai pas le recul nécessaire pour le dire. Mais si je ne le fais pas, si je ne m’expose pas, alors, comment le découvrir ? On ne peut pas prendre du recul sur un truc qu’on a pas fait ! penser que oui, c'est crétin ! Non, j'me trompe ?

Comment reconnaître un crétin ?

Si vous trouvez un crétin dissimulé sous une vertu, c'est que vous avez mis la main sur un crétin intelligent. Mais attention, car un crétin qui fait l’intelligent est très dangereux !

On trouve beaucoup de crétins à l’ombre des puissants, mais ces crétins-là ne savent pas qu'en vivant à l'ombre des puissants ils ne font d'ombre à personne. Ce sont juste des tâches dans l'obscurité.

Dites une chose intelligente à un crétin, et après réflexon, il vous répondra : « Elle est de qui cette phrase ? »

Un crétin ne pose pas de questions lorsqu’il n’a pas compris : il trouve que c’est suspect.

Un crétin trahit pour le profit d’une source sans voir que sous ses pieds coulent des rivières.

Un crétin tire de la gloire à faire souffir ceux qui lui demandent de l'aide.

Un crétin optimiste aborde avec assurance les choses dont il ignore tout.

Un crétin ne doute de rien parce qu'il n'écoute que lui même.

Le problème des jeunes crétins, ce n’est pas qu’ils soient jeunes, c’est qu’ils ne savent pas qu’ils le sont.

Il est impossible à un crétin d'avoir une opinion juste des autres parce qu'il préfère l'assenceur à toutes échelles de valeurs….

On peut se tromper sur un crétin qui travaille, jamais sur un crétin qui dépense son argent !

Un crétin accepte la muselière alors qu’il n'a rien pour protéger son cul !

Le niveau d’un crétin se mesure au niveau de ses revenus. Plus son revenu est élevé et plus il se sent fort, plus il est estimé, écouté, envié, rassuré… et plus il est crétin.

Un crétin vit dans un tourbillon d’égoïsme le temps d’un ou deux étés. Ensuite, à l’été suivant, un autre crétin remplace le premier. Que devient le premier ?… Il passe le reste de sa vie à payer les excès de ces étés… mais cette fois, en famille !

Le génie se confond souvent avec la maladresse des crétins. Le mal des génies, c’est qu’ils leur faut vivrent entouré de crétins et considéré comme tels !

L’intelligence doit se tenir à l’écart des crétins, car lorsque ceux-ci sombrent dans l’abîme qui se forme, tôt ou tard, sous leurs pieds, ils entrainent du monde dans leur chute.

Le crétin, comme le traître, est armé pour trahir, pas pour être trahi et c’est sa faille.

lundi 9 mars 2009

En hommage aux mecs bien.

Merci à toi, Dita, pour m’avoir fait découvrir ce texte publié dans : Les Hommes. Je l'ai emputé de quelques phrases, j'en ai modifié, j'y ai ajouté des mots à moi, et j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas. Je n'ai fait que rebondir sur ce qu'il a écrit. Son texte, mêlée au mien, mérite d’être publié et republié en hommage de tous ces mecs qui….

Les mecs biens finissent derniers

Pour chaque mec qui à la trouille de lui faire mal.
Qui lui dit «Tu es belle » quand elle se sent moche,
Qui n´est jamais trop occupé pour courrir vers elle,
Qui lui construit un temple pour l'abriter une heure,
Qui lui dessine des fleurs pour ensoleiller ses ennuies,
Qui dit qu´il mourrait pour elle… et qui le ferrait vraiment.
Qui sait ce qu´elle désire avant qu'elle le sache elle-même.
Qui lui tienne la main en toute occasion,
Qui l´embrasse sans attendre d'amour en retour,
Qui l'enlasse déraisonnablement sans autre projet,
Qui lui donne sa peau pour la protéger des bessures de la vie,
Qui l´appelle pour s´assurer qu´elle vit sans lui… alors qu'il meure sans elle.
Qui attendant des heures pour la voir, même si ce n'est qu'un instant.
Qui n'a d'autre priorité qu'elle,
Qui se coller à elle pour lui confier ses faiblesses.
Qui croit plus a ses rêves qu'elle n'y croit elle-même.
Qui fait tout pour qu´elle puisse les réaliser.
Qui souhaite son bonheur…, même si c'est avec un autre.
Qui a pleuré devant elle,
Qui l´aime…, même si elle lui a brisé le coeur.
Pour chaque mec bien…, merci.

jeudi 5 mars 2009

J'ai marché sur la nuit.

Je voulais sortir d’une ornière sentimentale et j’ai vu dans ma dérive Parisienne la seule issue de ma délivrance. Ce fut vainement. J’ai trébuché à chaque pas, et jusqu’au petit matin, sur l’ombre de moi-même. J’ai vu le pont Royal. Il m’a sacré en faisant peser sur mes épaules le poids d’un mentaux si lourd que j’en suis tombé en génuflexion. Le pont de la Concorde m’a fait croire un instant que ma peine était partagée par d’autres et le pont Alexandre III a soutenu mon cœur malade lorsqu’il s’est souvenu que j’y ai vomi en souvenir d’elle. Quant au pont des Invalides, il m’a accueilli en camarade et je suis resté là le temps d’un dernier alcool entre naufragés.

Don y Dona Carlo
Je viens de rentrer et mes jambes sont meurtries par tant d’efforts. Mes épaules ne supportent plus le poids de tant de mélancolie et mes pieds sont brûlants par tant de pas. La nuit est passée et le jour pointe vers sept heures du matin.
Je sais, ma belle, que tu es dans ton plus profond sommeil et je vais m’aliter, moi aussi. Et pour canaliser la rébellion qui gronde encore en moi, je vais rêver d'une nouvelle quête comme si la nuit n’avait pas filé sans la nourriture d'une l'illusion… Et voilà que mon rêve vient.

Duerme

J’embrasse ta gorge par la droite comme pour te dire un secret. Un baiser sur ta jugulaire, à un pouce au-dessous de ton oreille, là où j’ai toutes les chances de me perdre : dans la broussaille de tes cheveux. Là où j’ai toutes les chances de m’enflammer : dans les effluves de ton parfum. Là où j’ai toutes les chances d’atteindre ton cœur et de m’y noyer : par cette veine qui y va sans détour.
Je suis si fatigué…

jeudi 11 décembre 2008

La lie des vins est amère.

Ce texte est plus qu’un texte. Il est un tableau, mille, le patrimoine des artistes. Il est un et multiple, coloré comme le sont mes œuvres et posé sur une solide armature. J’aimerais dire, et en y croyant du fond du cœur : qu’il est une œuvre. En tout cas, ce que je sais avec certitude, c’est qu’il a illustré, à l’heure où je les ai écrit, l’humeur de mon âme. Il trouve donc sa place ici.

Descanso

Les mots que mon amour adultère dépose dans mon cœur pénètrent mon âme jusqu’au plus intime de moi. Ils sont un sirop. Lorsqu’ils s’articulent en grappes sonores, sur ses lèvres, c’est pour colorer l’instant présent des preuves d'un immense amour pertinent et pur. Immédiatement, ces mots se transforment en vapeurs alcoolisées et ils m’enivrent de vertiges bien plus délicieux qu’une ivresse. Dans ces moments de grâce, je suis nu et sans défense et je ne veux rien d'autre au monde que cette nudité intégrale.
Mais ces amours-là n’ont pas la vocation de nidifier. Mon âme le sait. Elle entrevoit cet éphémère mensonge et elle se donne sans réserve et d’autant plus sincèrement qu'elle en présent la funeste destinée. Ensuite, lorsque mon amour adultère guillotine le temps par son départ, les mots qui ont bâti, l’instant d’avant, des temples d’illusions se vident de leur sève.

Une fois la source asséchée, je reste seul et endeuillé dans le vide de l’absence. Alors, l’ivresse tourne et se transforme. La chimie fait virer les sucs en venin. Très vite, je contemple mes mains servantes avec lesquelles j’ai bu ce poison jusqu’à la lie et le cauchemar fait échos au vide. Je suis en manque. Une terrible oppression enserre ma poitrine, une âpreté sans pareille m’inonde le cœur et les relents nauséeux des instants vécus viennent dégoûter mes sens, tous mes sens.

Je hais maintenant ma faiblesse et ma dépendance pour cet amour adultère. Je sais, même si le terreau est fertile, les amours adultères ne produisent pas de bons fruits ; juste le fruit amer des trahisons. Alors je m’insulte d’avoir confondu sirop et venin et je prie pour que mon cœur empoisonné ne cesse de battre, qu’il ne me lâche pas, qu’il continue, comme il l’a toujours fait, à prendre soin de mon honnêteté amoureuse. Mais le combat est rude. Ma vie désire amputer la partie de mon cœur malade. Elle veut donner une chance de renaissance à la parcelle incorruptible. À genoux, ma raison me supplie d’accepter l’idée. C’est ma seule chance de survie !….
Que feras-tu sans moi ? Voilà ce que l'écho de mon amour adultère répète et je l'écoute. Quel goût aura ta bouche sans la saveur de mes baisers ? Par quel autre poison couvriras-tu les vertiges du poison de mon amour ?… Il a raison ! A quoi bon vivre sans ivresse ? A quoi bon survivre ?…

Don Luis

Je tombe, et ce n’est qu’une fois à terre, dans un état fœtal, que j’entends les mots que cœur répète sans arrêt. C’est avec tendresse et sagesse qu’il vient, avec patience, restaurer ce qui reste de moi. Il me dit qu’à la prochaine occasion, qu’à la prochaine visite de mon amour adultère, c’est de toute mon âme, le cœur offert et sans réserver, à vif, que je m’enivrerai, prisonnier au poison de ses mots.
Il a raison.

vendredi 5 décembre 2008

Dis-moi…,

Tu donnes aux hommes l’intelligence et le pouvoir de distinguer le bien du mal. Cependant, tu laisses le mal s’installer et prendre possession de toutes choses, durablement.

Belleza

Pour résister à cette implacable corruption, tu dis qu’il faut prier sans cesse afin que ta force nous serve de rempart. Nous sommes, comme tu le sais, des êtres fragiles, nus, incomplets, et nous exposer à un tel péril, c’est faire preuve de cécité. Nous ne sommes pas des êtres d’exceptions. Si certains d’entre nous ne cessent de te prier pour le salut de leurs âmes, qu’ils aient péché ou non, je penses que tu devrais, toi aussi, les prier d’accepter ton pardon pour les exposer à des épreuves qui sont au-delà de leurs forces. N’exclu personne je te prie : le riche pour l’inconfort de sa richesse et le pauvre pour son infortune ; pardonne à l’orgueilleux, au gourmand, au avar, au coléreux, à l'envieux et a celui qui trouve fusion dans l'amour charnel.
Tu dis aussi que tu donnes sans attendre en retour, généreusement et sans calcul. Je ne sais pas. Je crois, au contraire, que ton attente est immense, à la mesure des épreuves auxquelles tu exposes les hommes.

Souviens toi. Tu as donné la faim, la pauvreté et l’infirmité pour certains ; l’opulence à d’autres, et donc, le conflit. Tu as laissé des juges humains concevoir des lois profitables aux intérêts des riches, qui sont une minorité, et subordonner les pauvres, qui sont la masse. Tu as laissé prospérer le riche dans son pouvoir d'autorité et mourir le pauvre sous le feu des dictatures. C’est cruel et je me demande où est ta justice aimante.

Fuerza

En nous donnant une vie physique, organique, tu nous as rendue dépendants de la nécessité vitale d’aimer. C'est sur l'hotel de cette idée que nous glorifions cette alliance, et pour te remercier, nous avons édifié des temples pour y perpétuer ton héritage.

Vois ! Le commerce de l’amour s’est installé dans toutes les sociétés sans qu’aucun rempart lui fasse obstacle. On vend son amour pour le pouvoir de la richesse. On ment pour ce même pouvoir. On trahit, toujours pour cette même cause. On tue aussi, pour le profit de l’argent qui achète tout, y compris cet amour.

Je te prie, répond à cette question : quel rempart à cela ? La prière ?…. La prière pour seule arme, seule armure et seule défense ?… Regarde ce qui se passe. Les infortunés te prient, et ils sont légion, pourtant, ils meurent empoisonnés par les pervers mensonges des prédateurs et victimes d’odieuses trahisons.

Qu’attends-tu ? D’autres martyres ? Pourquoi ?…
Je comprends le profit pour la prospérité de ton église, mais quant est-il de ceux qui souffrent dans l’attente de ton aide et qui meurent des conséquences du mal qui anéantit la flamme de leurs précieuses vies ?

Si c’est ce que tu veux : qu’ils souffrent ; qu’ils t’abandonnent leurs vies, alors ne me dit plus que tu donnes sans rien attendre en retour et généreusement, comme un Père aimant. Ton amour est glouton, ton appétit vorace, et les preuves que tu attends en retour sont au-dessus des forces humaines.

Doña Carino

On dit aussi que ton projet est supérieur aux tracasseries qui empoisonnent le quotidien des hommes, et le mien en particulier.
Comme tous mes semblables, je cherche les indices de cet amour promis qui apaise les blessures sans les guérir… qui donne, au minimum, une raison de les supporter.
Sans doute, je n’ai pas tout compris. Rien, probablement. Mais je pense souvent au pire : que je ne frappe pas à la bonne porte…. La vérité, c'est que je ne sais pas si je m'adresse au bon Dieu.
Serais-tu multiple ?

vendredi 21 novembre 2008

Mon Cristal Perd la Boule

En posant mes mains sur ma boule de cristal, j’ai jeté un pont entre le passé, le présent et le futur. J’ai suivi ce fil d’Ariane pour comprendre et imaginer ce que sera l’art dans notre futur. Le temps accordé à cette entreprise n’a pas été inutile. Voilà le fruit de cette prospection au cœur d’une boule complètement brouillée…

Hier…. Louis Jacques Mandé Daguerre (artiste peintre Français), Joseph Nicéphore Niépce (inventeur Français), William Henry Fox Talbot (mathématicien et physicien anglais). Voilà trois noms qui, en d’autres temps, ont bouleversé les arts : à eux trois, ces hommes ont réussi à fixer une image sur un support papier. Si cette découverte fut une extraordinaire évolution, elle fût aussi un séisme sans précédent qui ébranla les fondations de l’art. Après cela, rien ne pouvait être comme avant. Ce séisme a englouti pour toujours un grand nombre de techniques, de précieuses connaissances et des siècles de pratique. Sans parler des générations d’artistes qu’elle a ensevelies. C’est ainsi, c’est le propre des séismes….

Le 11 septembre 2001… Sur le plan intellectuel, incontestablement, le 11 septembre a été un séisme. Il a englouti une perception du monde et des valeurs au profit d’une autre, plus physique, figurative et surtout, centrée sur le “compréhensible“. Pourquoi ?
C’est la résultante de tout accident : on veut comprendre pourquoi ces choses-là sont arrivées. En percutant les WTC, ces avions ont percuté le monde entier, et depuis ce jour, le monde veut comprendre ce qu’il voit, clairement.
Il y a le monde de “l’avant 11 septembre“. Il pouvait être abstrait et superficiel. Il y a maintenant celui de “l’après 11 septembre“. Il ne peut pas — ne veut pas — souffrir de cécité.
La production artistique de “l’après“ n’est pas encore là, mais elle vient, je l’entends, au rythme de la création et des démarches artistiques qui sont menés aux quatre coins du monde par tous les agents artistiques, connus, inconnus, ou en devenirs.

Aujourd’hui… Un système financier s’effondre et avec lui une théorie, celle du capitalisme aveugle et égoïste, et cela, deux décennies seulement après l’effondrement du boc communiste. Il ne se passe pas un jour sans que les citoyens du monde ouvrent les yeux sur des pratiques obscures, injustes et traumatisantes. Bien fou est celui qui croit encore, après-tout cela, que rien ne bouge. C’est incontestablement la fin d’un monde, et c’est aussi, fort heureusement, la naissance d’un autre….
Je vois dans le trouble de ma boule de cristal que ce monde futur se construira sur les bases d’une réalité bien conçue et lisible. Il ne pourra être autrement.

Et l’art dans tout ça ?… … Bien conçu et lisible ! … La création artistique est opportuniste. Elle s’adapte au besoin de la collectivité, à la volonté des masses, au niveau intellectuel, spirituel et culturel, des nations.
Comme un Caméléon elle “Est“ ce de chaque événement historique “Est“. Elle évolue avec les changements, et comme toute espèce vivante, ce sont les agressions qui provoquent les plus grandes évolutions.
L’événement historique est sa branche et sa source. Si le projet du monde est romantique, alors l’art sera romantique. On l’a vu mystique, idéaliste, surréaliste. Pendant ces dernières décennies, le monde est devenu obscur. Seuls quelques puissants initiés en avaient les codes et l’art, en réaction, est devenu abstrait.
L’art est le fruit de cette mère nourricière et il ne peut, en aucun cas, changer le cours de l’histoire. Le rôle des artistes est de l’illustrer ; celui des artistes visionnaires, d’accompagner les changements, et quant aux artistes de génie, ils continueront à voir ce que les autres ne veulent ni voir, ni entendre…

Ce ne sont pas les batailles armées, ni les victoires politiques, ni même les avancées sociales qui marquent les siècles : ce sont les œuvres d’art car elles illustrent ces événements.

dimanche 13 janvier 2008

La vie est un balancier

Pour toi comme pour moi, la vie est un balancier. Chaque vie a ses pics et les vertiges qui les accompagnent. Les choses vont, viennent, d’aventures en mésaventures, de fortunes en infortunes, de larmes en éclats de rires, d’extases en déceptions, de certitudes en déconvenues.
Ma vie, même si elle te semble différente parce que je suis artiste, ne fait pas exception à cette règle : je ne sais jamais à l'avance ce que mon pied va trouver : roque ou abîme.
Je sais aussi que nous avons, toi et moi, autre chose en commun : nous cherchons un bâton de pèlerin, quelque chose qui soutienne nos doutes sur les chemins escarpés que la vie nous ordonne d'emprunter.
Dès mon plus jeune âge j’ai trouvé dans la création mon soutien. Elle m’a conseillé, aimé, éveillé. Elle m’a guéri avec amour des maux de mes batailles. Je lui dois tout, jusqu’à la vie, car elle ne m’a jamais trahi, jamais abandonnée. Elle m’a été d’une fidélité sans faille même quand il m’est arrivé de la rejeter. Et si elle m’a mené au bord de certains précipices, c’est parce qu’elle sait que c’est là qu’on peut se mesurer à soi-même. Elle a toujours raison.
Son affection a guidé mes choix. Sa tendresse m’a orienté. Maintenant je me dirige vers un objectif qui me semble incompréhensible : c’est sans doute son but, et je l’accepte. À présent, et même si le sentiment de ne pas mériter son attention ne me quitte jamais, je lui suis entièrement dévoué, et dans le futur, elle fera de moi ce qu’elle veut….

Et toi qui me critique ! lorsque tu poseras ton analyse sur mon travail, adresse-toi à elle. Moi, je ne suis qu’un ouvrier qui exécute ce que lui dicte sa maîtresse.