Ricardo Casal

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DERNIÈRES ŒUVRES

C’est pas à pas que s’édifie une destinée. La mienne se dessine œuvre après œuvre. Comme des dalles sous mes pieds, chacune d'elle porte en son milieu le poids imprudent de ma théorie : le plus grand risque que l'on puisse prendre dans la vie, c'est justement de ne pas en prendre.

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mercredi 13 octobre 2010

Salon Business Art 2010

Salon Business Art. Paris. Octobre 2010
Despedida

« Qu’on me donne six heures pour couper un arbre, j’en passerais quatre à préparer ma hache ». Tout comme Abraham Lincoln l’a dit, j’ai pris le temps d’affuter mes outils matériels. Ensuite j’ai défini mes cibles et j’ai cogné de toutes mes forces. J’ai abattu deux arbres, et comme il me restait du temps, j’en ai effeuillé un troisième. Tout ça, en retenant mon bras pour frapper juste. Le résultat, c’est ce paradoxe : une fois de plus la preuve m’est donné que pour travailler vite il faut travailler lentement. En serait-il pareil pour la vie ?

Descanso II

Tous parcours artistiques, et peut-être le mien plus qu’aucun autre, passent par des périodes qui ressemblent à la vie : naissance, croissance, maturité et déclin. C’est l’une des raisons pour lesquelles on trouve souvent l’idée de renaissance dans mes textes. Une existence rectiligne est donc impossible pour moi : je dois renaitre ; muer sans cesse.

œufs 2010

J’ai affronté plusieurs périodes de déclin. Qu’elles soient matérielles, sentimentales ou intellectuelles, elles ont toujours été suivit d’une renaissance. Dans tous les cas, elles ont été riches d’enseignements. Demain sera le premier jour de l’expo Business Art et c’est le vœux que je formule pour cette exposition d’octobre 2010 : renaître encore.

Business Art 2010
De toutes les critiques qui m’ont été faite pendant ce salon, voici celle qui m'a laissée sans voix : “Vous êtes l’Himalaya dans le massif central ; un virtuose dans un orchestre d’amateurs“.

mercredi 1 juillet 2009

La Fille d'Océan Drive

Le soleil qui illuminait ma vie venait de se voiler : celui qui brille au zénith, qui réchauffe les jours présents et qui donne un sens au futur. L’obscurité d’une nuit intérieure s’était installée, solitaire, sans partage, sans amour et sans projet, pas même la lueur d’une quête nouvelle. Sans repère et sans bâton, l’homme fort que j’étais est devenu une proie facile à duper, fragile et en grand danger. Chaque carrefour est devenu un piège. Mes sommeils et mes repos étaient impossibles. Chacun de mes pas se faisait dans l’effort d’un désespoir à porter. Chaque décision était prise dans l’inconfort de l’insécurité et l’obstacle de l’ignorance. Pourtant, j’ai marché et j’ai décidé. Je devais fuir. Partir vers l’occident pour trouver le réconfort d’un soleil nouveau. C’est dans cet état que je suis arrivé sur Océan Drive, à Miami. C’était un jour de juin. Il était cinq heure du matin. J’étais seul et je n’avais pas sommeil.

Je marchais lentement, presque titubant, désorienté d’avoir couru vers l’occident pour y trouver le soleil. Je n’avais pas de but, sauf celui de rester là quelques semaines. Je n’avais rien d’autre. J’étais sans savoir, étonné d’être là, abruti. J’avais décidé de fuir et j’avais fui ! mais je n’avais rien perdu, rien quitter, rien trouver : j’étais toujours moi, comme hier…, pire même, puisque j’étais maintenant fragile dans un monde inconnu.

La Fille d'Océan Drive
Au-dessus de moi le ciel menaçait d’exploser d’un instant à l’autre. D’immenses cumulus gris se dessinaient dans un ciel encore sombre. Et puis, lentement, au rythme de mes propres pas, la sphère rougeoyante du soleil s’est levée sur l’Atlantique. Ses rayons ont gobé l’océan. Ils ont transpercé l’armé de cumulus de javelots roses, rouges et violacés. Ils ont ensuite incendié les palmes du bord de mer, puis frappé les hôtels art déco d’une lumière colorée de pastel tendre. Défiant l’orage qui menaçait, je me suis senti bien, nouveau, et je me suis immobilité pour m’offrir tout entier à cet office.
J’ai accueilli le réveil de ce nouveau monde et j’ai su, dès cet instant, qu’un autre amour allait prendre racine en moi ; qu’il allait s’épanouir pour redonner des perspectibes à ma vie. J’en étais sûr, un amour possible ou impossible allait bientôt engloutir le passé. Et qu’importe si cet amour ne serait que l’aliment d’une illusion. J’étais prêt à m’y noyer corps et âme car l’important, finalement, n’est-ce pas la quête de l’amour glorieux ?
Comme moi, La fille d’Océan Drive avait les yeux tristes d’un amour perdu mais lorsqu’elle regardait le soleil, il y avait de l’or dans sa tristesse….

mardi 26 mai 2009

Il en faut…

S’il faut du courage pour faire une chose qui sorte de l’ordinaire, il en faut encore plus pour défaire cette chose et recommencer. Faire, défaire, et refaire encore, inlassablement, pour s’améliorer toujours, au prix d’une vie : de sa propre vie, c’est tuant.
Pour me distraire de cette pensée, ou plutôt, pour alimenter mon raisonnement d’autres points de vue, j’ai cherché des soutiens et c’est dans un discours de Jean Jaurès que j’ai trouvé, éclatante de vérité, la meilleure définition du courage. Comme à mon habitude, j’ai tronqué le texte mais je vous livre les plus beaux extraits.
Ce discours à la jeunesse, Jaurès l’a prononcé le 30 juillet 1903 au lycée d’Albi. C’est une pièce maîtresse, un morceau d’art pur, une symphonie intemporelle, et il a sa place dans ce blog en préambule à l’œuvre que je présente. J’espère qu’il vous nourrira comme il m’a nourri.

{{"…Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli….
… Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale….
… C’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails…
… Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques…}}

Couple

Dire que ce texte est approprié à l’œuvre présentée ci-dessus est nécessaire. Je sais, vous vous demandez quel est le rapport avec le courage. Le voilà : j’ai détruit cinq fois cette toile et je vais la détruire encore. Pourquoi ? Sur le moment, on ne connaît pas toujours les raisons et les causes exactes qui conduisent à réaliser tel ou tel sujet. Pour celui-ci (et je ne l’ai compris que récemment) je cherchais inconsciemment à matérialiser sur la toile la fusion d’un amour. L’idée est bonne ! Oui, mais l’idée était éventée car l’amour en question n’était plus. Cet amour se mourrait, et tenter de le retenir a été ma faute. Je l’admets, je me suis enferré dans ce mensonge et Je n’ai pas réussi cette œuvre. Normal. Maintenant j’y vois clair et c’est pourquoi j’ai scellé son sort. C’est sans regret que je vais la livrer au cutter. Peut-être qu’avec le temps, un autre amour peut-être, j’y reviendrai. Je ne sais pas.

lundi 8 décembre 2008

Hommes

Mes contemporains hétérosexuels auraient-ils peur de savourer ces mots : buste, pectoraux, poitrail, thorax ou tronc ?…

Buste5
Aucun doute là-dessus, et j’affirme même qu’ils usent d’avantage, et avec beaucoup plus d’appétit, ces derniers : décolleté, gorge, mamelles, nichons, seins, ou encore, roploplos. C’est bien naturel et c’est hypocrisie de dire le contraire.
Toutefois, c’est aussi une hypocrisie d’affirmer qu’ils sont insensibles à la beauté d’un buste masculin. L’œil ne trompe pas.
Buste4

C’est normal d’être sensible à la beauté, sinon, pourquoi les Académies des Beaux Arts auraient imposé le thème du nu masculin aux élèves en fin d’études….
C’est vrai, je parle d’une autre époque, différente, ni mieux ni pire, seulement différente quand il faut aborder l’anatomie du corps et la nudité…

Las Alas de la Soledad

Las Alas de la Soledad
Dans le futur, elle se nommera Soledad, mais son nom actuel est : Las Alas de La Soledad (Les Ailes de La Solitude). C’est joli, mais pourquoi ce titre alors que d’ordinaire la solitude est vécue comme une épreuve d’enfermement sans issue. Jeu de mots, goût du paradoxe ? Un peu des deux, mais ma motivation première est celle-ci : a force d’espérance et de volonté, il arrive que le cours de la vie vienne contredire les pronostiques de la solitude, et dans ce cas, c’est une libération, un envol, qui dessine des projets bien au-delà de l’enclôt imposé par la solitude.
Las Alas de la Soledad
Dans le futur, j’en suis sûr, Las Alas de La Soledad, subira ma paresse verbale et elle prendra le nom, plus simple, de Soledad. Mais pour l’instant et à l’heure de sa naissance, pour l’histoire aussi, je souhaite lui donner ce nom : Las Alas de la Soledad, car tout en elle évoque ces deux émotions à la fois : Solitude et Renaissance.

lundi 14 juillet 2008

Doña Esperanza

Voici Doña Esperanza. Elle a été achevée en février 2008.
Doña Esperanza
Par sa beauté, Doña Esperanza incarne la femme soleil, la vie et le futur, un graal. C’est la bannière que tous chevaliers porte en son cœur, aux couleurs de sa dame. Une raison de poursuivre d’un pas de plus, et malgré l’épuisement, la quête qui le conduit à l’aboutissement de son rêve : Elle.