J’ai fait le trottoir au Cap d’Agde, mais je n’y suis pas allé à
poil….

… j’ai tout amené : Séries Limitées, Reproductions et même deux toiles en
cours. Je n’ai presque rien laissé au hasard, sauf, bien évidemment, l’aventure
elle-même dont j’ignorais tout.
Pourquoi m’être exposé au Cap d’Agde, spot du naturisme en France ?
Comment cette idée m’est venue, ce que j’en attendais et ce que j’en ai
tiré ? C’est ce que nous allons voir.
Lorsque l’idée m’est venue, elle m’a semblé immédiatement bonne et le ressort a
été, une fois encore, fort. Alors, comme d’habitude, je m’y suis lancé comme on
se jette à l’eau, d’un coup, sans trop y penser, mais pas sans réflexion tout
de même. Voici le cheminement de cette réflexion et les raisons qui m’ont
portée jusque-là…

Ce que j’espérais y trouver c’est un public, mais pas n’importe lequel. Je
voulais un public sans tabou, intéressé par la nudité, friand d’images de corps
nus, instruit avec goût et sensible à l’élégance, en un mot, un public acquit
par avance à mon travail. Le rêve quoi !
Ne sachant rien des pratiques et des modes de vie qui sont coutumiers au Cap,
j’ai pris des infos ici et là et l’inquiétude m’a rapidement gagné car le
village naturistes du Cap n’a pas bonne réputation. Si les critiques entendues
m’ont sérieusement inquiété, elles ne m’ont pas empêché de poursuivre mon
projet. Et naturellement, c’est avec méfiance et un peu d’inconfort, que je me
suis installé dans ce tunnel.
Dès les premiers jours, j’ai fait l’objet de toutes les curiosités. J’ai été
observé, d’abord personnellement, ensuite, c’est mon travail qui a fait l’objet
d’attention. Et puis, peu à peu, j’ai été approché, complimenté, encouragé et
enfin récompensé. Moi, je me suis laissé séduire.

Faire le trottoir quant on est à mon niveau artistique, c’est difficile, très
difficile. Il faut beaucoup d’humilité et de courage pour s’exposer comme je
l’ai fait. J’aurais pu y laisser des plumes. Je sais que l’imbécile est prompt
en jugements rapides (c’était là l’une de mes inquiétudes) mais dans le
contexte du village naturiste du Cap, je n’ai jamais eu à souffrir du moindre
mépris.
On ne connaît jamais le dénouement d’une aventure. On peut spéculer sur un
succès ou un échec, le plus souvent on est loin du compte. Si le rêve d’un
franc succès a été mon ressort principal, j’étais prêt à tout.
Économiquement je suis arrivé à l’équilibre, des perspectives artistiques se
sont dessinées et sur le plan relationnel j’ai été accueillit avec sympathie.
C’est donc un bon bilan. Je suis heureux d’avoir vécu ces deux semaines au Cap
et j’espère y revenir….
