Ricardo Casal

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 30 septembre 2009

Stage de peinture

S'ils faisaient leurs premiers pas, c'était pour moi aussi une première. Allais-je être un bon professeur ?… Le cœur y était et la volonté aussi ! mais la connaissance serait-elle suffisante….


Stage de peinture

Un testimonial en trois actes. 2'30" pour résumer 36 heures d'études, c'est bien. En tout cas, suffisant pour se faire une idée. L'important, après tout, c'est d'aboutir à un résultat motivant et je crois que nous y sommes parvenus. C'est ce qui importe.

mardi 7 avril 2009

Mets de l'huile

Lorsque je retrouve Claude, j’ai envie de l’enlacer de mes bras afin de lui témoigner mon affection, et si je ne le fais pas, c’est parce que ma tendresse est si grande (moi si fort et lui si frêle) que j’ai peur de le casser en deux. Cet homme m’est précieux, si fragile physiquement et si puissant intellectuellement, si généreux aussi. La simplicité de sa nature me trouble et je l’aime pour ça.
Pourquoi cette entrée en matière à propos d’un presque inconnu du public ? Tout d’abord, sans cet homme, ces lignes n’auraient aucune valeur. Elles en ont. Au point d’affirmer que l’enseignement de cet homme est inestimable. Ensuite, l’affection entraînant l’affection, j’espère que vous l’aimerez, comme moi. Soit comme artiste peintre, soit comme homme de science ou historien, peu importe. L’important, c’est de le connaître.
Claude Yvel a écrit deux livres. L’un sur la peinture à l’huile, l’autre sur les techniques à l’eau. Vous pouvez trouver ces ouvrages aux Editions Edisud.

Beaucoup de livres méritent de finir broyés sous le pilon des invendus, ceux de Claude Yvel ne se perdront pas, croyez-moi, et j’encourage tous les artistes peintres à se les procurer.
Avant d’aller plus loin, une petite précision : je n’ai pas l’intention d’écrire un long chapitre sur les techniques de la peinture à l’huile, ni sur les interdictions ou les raisons qui ont mené tel ou tel fabricant à choisir une huile plutôt qu’une autre pour broyer les pigments. Si vous voulez approfondir le sujet, lisez Claude Yvel et les autres…. Personnellement, je ne suis qu’un relais et cela me convient tout à fait.
J’aborde maintenant le sujet de ce billet qui concerne les huiles à peindre. J’ai pressé Claude de répondre à une question essentielle : quelle huile le peintre doit-il utiliser ? et lors de nos échanges, nous avons procédé, ensemble, à des expériences sur les huiles siccatives : huile de lin, huile de noix, lithargée ou crue et le test réalisé est tellement brillant qu’il mérite d’être exposé dans tous les manuels de peinture. Le voilà… :

Deux huiles
… Il se passe de commentaire, mais je n’y résiste pas. Quelques mots pour illustrer ce document. Nous avons déposé de petites touches d’huile sur un papier buvard. De gauche à droite : huile de lin, huile de noix crue, huile de noix cuite à la litharge (huile noire) et une autre huile de noix crue (d’une autre provenance).
Le test saute aux yeux. L’huile de lin est jaune, celle de noix est plus blanche. Quant à l’huile de noix cuite à la litharge, elle est éclatante ! Désormais le peintre sait quelle huile utiliser ! Le problème réside en ceci : les produits au plomb sont interdits à la vente ! Mais ne désarmez pas. Demandez (et insistez s’il le faut !) et vous serez écouté. Personnellement, j’utilise de l’huile de noix cuite à la litharge, ainsi que du blanc de plomb. Tenez, voici un autre document que je vous invite à lire et qui est, lui aussi, excellent dans sa tenue et par la richesse de son exposé : Recettes pour une meilleure peinture à l'huile par Jean-Charles FUMOUX ancien élève de Robert Mermet, restaurateur de tableau et professeur de peinture.
Pour finir, une autre petite image pour la distraction.

Mélange d'huile

Cette fois, nous avons (Claude et moi) mélangé les huiles pour voir leur interaction. Regardez bien ! Vous voyez nettement l’influence de la litharge sur l’huile de lin et l’huile de noix. Dans les deux cas, la litharge éclaircit les huiles.
Un truc a savoir : la plupart des œuvres exposées au Musée du Louvre ont été peintes avec de l'huile de noix cuite à la litharge et du blanc de plomb. Aujourd'hui, le monde entier admire des oeuvres créées quatre siècles plus tôt et qui ont gardé toute leur fraîcheur. Est-ce un vœux pieu que d’espérer que les œuvres d’aujourd’hui tiennent les promesses de celles du passé ?
Ceci est une note amicale à l’intention des conservateurs, des industriels, du législateur et du secrétaire d’Etat chargé du tourisme.

Bonne réflexion, bonne lecture et excellente peinture à tous….

jeudi 12 mars 2009

Un peu de technique

Il m’arrive quelquefois de noter les différentes étapes de mon travail. Sur le plan technique et sur le plan émotionnel. C’est un exercice très instructif que je conseille à tous les peintres. En relisant ses notes on apprend beaucoup sur soi-même.
J’ai retrouvé le texte ci-dessous et je vous le présente. Je sais ! il ne s’adresse qu’à une toute petite quantité d’individus. Seuls les peintres qui ont un peu de technique pourront l’apprécier à sa juste valeur. Ce texte sera donc obscur pour les autres. J’en suis désolé.

Grappe,Orange,Bananes

J’ai acheté une toile grasse préparée avec un fond gris que j’ai monté sur un châssis.

Première couche. Je passe ma couleur en jus à l’essence de térébenthine. J’ai dégraissé les couleurs au préalable. J’utilise du blanc de plomb que j’ai dégraissé et auquel j’ai ajouté huile noire et huile crue à 50/50.
Ok. Rien à dire sur cette première étape.
Deuxième couche. Même préparation pour les couleurs, c’est important. Dans mon gobelet j’ai mis du médium gel et de l’essence de térébenthine, pas trop de médium. Les volumes commencent à monter dès cette couche. C’est bien.
Sec au touché au deuxième jour. Une accroche persiste encore au passage du doigt. C’est sans doute dû au blanc de plomb qui est broyé (m’a t’on dit) à l’huile de tournesol crue.

Détail Oranges
Reprise. Cette fois, et afin que le blanc siccative plus vite et mieux, j’y mélange uniquement de l’huile noire. Dans le gobelet, j’utilise le même médium que précédemment. Mes couleurs sont toujours dégraissées. Travail agréable. Les volumes se présentent bien. Sur cette couche, la matière accroche bien. Elle se fige vite et c’est sans doute parce que les fonds absorbent huile et résine. Cool !
Reprise deux jours plus tard. Même préparation des couleurs et même mélange dans le gobelet. Je passe un jus grossier (pigment) et j’attends une trentaine de minutes avant de reprendre. Oui, c’est difficile, j’éprouve des difficultés (j’en éprouve toujours) mais le travail avance dans un sens que j’aime et c’est bien. Je pense que je vais aller plus loin….
Détail Bananes Deux jours plus tard, je reprends. Même préparation pour les couleurs. Pour le mélange du gobelet, je mets d’avantage de médium gel. C’est un mélange plus gras qui rend les couleurs transparentes. Il faut donc que les fonds soient à leur place. À ce stade, et c’est sans doute dû à l’addition des couches, la matière prend vite. C’est agréable. Bon travail, mais je ne suis pas encore satisfait. Je veux aller plus loin.

Je fini avec des glacis. Même préparation pour la pâte. Pareil dans le gobelet. Sur la palette j’ai posé du médium gel que je mélange à mes couleurs de glacis pour les rendre très transparentes. Là, on peut corriger la teinte et revenir en rehaut par dessus. C’est cool ! J'arrête là !