Ricardo Casal

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mercredi 1 juillet 2009

La Fille d'Océan Drive

Le soleil qui illuminait ma vie venait de se voiler : celui qui brille au zénith, qui réchauffe les jours présents et qui donne un sens au futur. L’obscurité d’une nuit intérieure s’était installée, solitaire, sans partage, sans amour et sans projet, pas même la lueur d’une quête nouvelle. Sans repère et sans bâton, l’homme fort que j’étais est devenu une proie facile à duper, fragile et en grand danger. Chaque carrefour est devenu un piège. Mes sommeils et mes repos étaient impossibles. Chacun de mes pas se faisait dans l’effort d’un désespoir à porter. Chaque décision était prise dans l’inconfort de l’insécurité et devant l’obstacle de l’ignorance. Pourtant, j’ai marché et j’ai décidé. Je devais fuir. Partir vers l’occident pour trouver le réconfort d’un soleil nouveau. C’est dans cet état que je suis arrivé sur Océan Drive, à Miami. C’était un jour de juin. Il était cinq heure du matin. J’étais seul et je n’avais pas sommeil. Je marchais lentement, presque titubant. J’étais désorienté d’avoir couru vers l’occident pour y trouver le soleil. Je n’avais pas de but, sauf celui de rester là quelques semaines. Je n’avais rien d’autre. J’étais sans savoir, étonné d’être là, abruti. J’avais voulu fuir et j’avais fui ! mais je n’avais rien perdu, rien quitter, rien trouver : j’étais toujours moi, comme hier…, pire même, puisque j’étais maintenant fragile dans un monde inconnu.

La Fille d'Océan Drive
Au-dessus de moi le ciel menaçait d’exploser d’un instant à l’autre. D’immenses cumulus gris se dessinaient dans un ciel encore sombre. Et puis, lentement, au rythme de mes propres pas, la sphère rougeoyante du soleil s’est levée sur l’Atlantique. Ses rayons ont gobé l’océan en un instant. Ils ont transpercé l’armé de cumulus de javelots roses, rouges et violacés. Ils ont ensuite incendié les palmes du bord de mer, puis frappé les hôtels art déco d’une vive lumière colorée. Malgré l’orage qui menaçait, je me suis senti bien, nouveau, et je me suis immobilité pour m’offrir tout entier à cet office. J’ai accueilli le réveil de ce nouveau monde et j’ai su, dès cet instant, qu’un autre amour allait prendre racine en moi ; qu’il allait s’épanouir pour redonner à la vie ses perspectives. J’en étais sûr, un amour possible ou impossible allait bientôt engloutir le passé. Et qu’importe si cet amour ne serait que l’aliment d’une illusion. J’étais prêt à m’y noyer corps et âme car l’important, finalement, n’est-ce pas la quête de l’amour glorieux ?
Comme moi, La fille d’Océan Drive avait les yeux tristes d’un amour perdu mais lorsqu’elle regardait le soleil, il y avait de l’or dans sa tristesse….

mardi 26 mai 2009

Il en faut…

S’il faut du courage pour faire une chose qui sorte de l’ordinaire, il en faut encore plus pour défaire cette chose et recommencer. Faire, défaire, et refaire encore, inlassablement, pour s’améliorer toujours, au prix d’une vie : de sa propre vie, c’est tuant.
Pour me distraire de cette pensée, ou plutôt, pour alimenter mon raisonnement d’autres points de vue, j’ai cherché des soutiens et c’est dans un discours de Jean Jaurès que j’ai trouvé, éclatante de vérité, la meilleure définition du courage. Comme à mon habitude, j’ai tronqué le texte mais je vous livre les plus beaux extraits.
Ce discours à la jeunesse, Jaurès l’a prononcé le 30 juillet 1903 au lycée d’Albi. C’est une pièce maîtresse, un morceau d’art pur, une symphonie intemporelle, et il a sa place dans ce blog en préambule à l’œuvre que je présente. J’espère qu’il vous nourrira comme il m’a nourri.

{{…Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli….
… Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale….
… C’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails…
… Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques…}}

Couple

Dire que ce texte est approprié à l’œuvre présentée ci-dessus est nécessaire. Je sais, vous vous demandez quel est le rapport avec le courage. Le voilà : j’ai détruit cinq fois cette toile et je vais la détruire encore. Pourquoi ? Sur le moment, on ne connaît pas toujours les raisons et les causes exactes qui conduisent à réaliser tel ou tel sujet. Pour celui-ci (et je ne l’ai compris que récemment) je cherchais inconsciemment à matérialiser sur la toile la fusion d’un amour. L’idée est bonne ! Oui, mais l’idée était éventée car l’amour en question n’était plus. Cet amour se mourrait, et tenter de le retenir a été ma faute. Je l’admets, je me suis enferré dans ce mensonge et Je n’ai pas réussi cette œuvre. Normal. Maintenant j’y vois clair et c’est pourquoi j’ai scellé son sort. C’est sans regret que je vais la livrer au cutter. Peut-être qu’avec le temps, un autre amour peut-être, j’y reviendrai. Je ne sais pas.

mardi 7 avril 2009

Mets de l'huile

Lorsque je retrouve Claude, j’ai envie de l’enlacer de mes bras afin de lui témoigner mon affection, et si je ne le fais pas, c’est parce que ma tendresse est si grande (moi si fort et lui si frêle) que j’ai peur de le casser en deux. Cet homme m’est précieux, si fragile physiquement et si puissant intellectuellement, si généreux aussi. La simplicité de sa nature me trouble et je l’aime pour ça.
Pourquoi cette entrée en matière à propos d’un presque inconnu du public ? Tout d’abord, sans cet homme, ces lignes n’auraient aucune valeur. Elles en ont. Au point d’affirmer que l’enseignement de cet homme est inestimable. Ensuite, l’affection entraînant l’affection, j’espère que vous l’aimerez, comme moi. Soit comme artiste peintre, soit comme homme de science ou historien, peu importe. L’important, c’est de le connaître.
Claude Yvel a écrit deux livres. L’un sur la peinture à l’huile, l’autre sur les techniques à l’eau. Vous pouvez trouver ces ouvrages aux Editions Edisud.

Beaucoup de livres méritent de finir broyés sous le pilon des invendus, ceux de Claude Yvel ne se perdront pas, croyez-moi, et j’encourage tous les artistes peintres à se les procurer.
Avant d’aller plus loin, une petite précision : je n’ai pas l’intention d’écrire un long chapitre sur les techniques de la peinture à l’huile, ni sur les interdictions ou les raisons qui ont mené tel ou tel fabricant à choisir une huile plutôt qu’une autre pour broyer les pigments. Si vous voulez approfondir le sujet, lisez Claude Yvel et les autres…. Personnellement, je ne suis qu’un relais et cela me convient tout à fait.
J’aborde maintenant le sujet de ce billet qui concerne les huiles à peindre. J’ai pressé Claude de répondre à une question essentielle : quelle huile le peintre doit-il utiliser ? et lors de nos échanges, nous avons procédé, ensemble, à des expériences sur les huiles siccatives : huile de lin, huile de noix, lithargée ou crue et le test réalisé est tellement brillant qu’il mérite d’être exposé dans tous les manuels de peinture. Le voilà… :

Deux huiles
… Il se passe de commentaire, mais je n’y résiste pas. Quelques mots pour illustrer ce document. Nous avons déposé de petites touches d’huile sur un papier buvard. De gauche à droite : huile de lin, huile de noix crue, huile de noix cuite à la litharge (huile noire) et une autre huile de noix crue (d’une autre provenance).
Le test saute aux yeux. L’huile de lin est jaune, celle de noix est plus blanche. Quant à l’huile de noix cuite à la litharge, elle est éclatante ! Désormais le peintre sait quelle huile utiliser ! Le problème réside en ceci : les produits au plomb sont interdits à la vente ! Mais ne désarmez pas. Demandez (et insistez s’il le faut !) et vous serez écouté. Personnellement, j’utilise de l’huile de noix cuite à la litharge, ainsi que du blanc de plomb. Tenez, voici un autre document que je vous invite à lire et qui est, lui aussi, excellent dans sa tenue et par la richesse de son exposé : Recettes pour une meilleure peinture à l'huile par Jean-Charles FUMOUX ancien élève de Robert Mermet, restaurateur de tableau et professeur de peinture.
Pour finir, une autre petite image pour la distraction.

Mélange d'huile

Cette fois, nous avons (Claude et moi) mélangé les huiles pour voir leur interaction. Regardez bien ! Vous voyez nettement l’influence de la litharge sur l’huile de lin et l’huile de noix. Dans les deux cas, la litharge éclaircit les huiles.
Un truc a savoir : la plupart des œuvres exposées au Musée du Louvre ont été peintes avec de l'huile de noix cuite à la litharge et du blanc de plomb. Aujourd'hui, le monde entier admire des oeuvres créées quatre siècles plus tôt et qui ont gardé toute leur fraîcheur. Est-ce un vœux pieu que d’espérer que les œuvres d’aujourd’hui tiennent les promesses de celles du passé ?
Ceci est une note amicale à l’intention des conservateurs, des industriels, du législateur et du secrétaire d’Etat chargé du tourisme.

Bonne réflexion, bonne lecture et excellente peinture à tous….

jeudi 12 mars 2009

Un peu de technique

Il m’arrive quelquefois de noter les différentes étapes de mon travail. Sur le plan technique et sur le plan émotionnel. C’est un exercice très instructif que je conseille à tous les peintres. En relisant ses notes on apprend beaucoup sur soi-même.
J’ai retrouvé le texte ci-dessous et je vous le présente. Je sais ! il ne s’adresse qu’à une toute petite quantité d’individus. Seuls les peintres qui ont un peu de technique pourront l’apprécier à sa juste valeur. Ce texte sera donc obscur pour les autres. J’en suis désolé.

Grappe,Orange,Bananes

J’ai acheté une toile grasse préparée avec un fond gris que j’ai monté sur un châssis.

Première couche. Je passe ma couleur en jus à l’essence de térébenthine. J’ai dégraissé les couleurs au préalable. J’utilise du blanc de plomb que j’ai dégraissé et auquel j’ai ajouté huile noire et huile crue à 50/50.
Ok. Rien à dire sur cette première étape.
Deuxième couche. Même préparation pour les couleurs, c’est important. Dans mon gobelet j’ai mis du médium gel et de l’essence de térébenthine, pas trop de médium. Les volumes commencent à monter dès cette couche. C’est bien.
Sec au touché au deuxième jour. Une accroche persiste encore au passage du doigt. C’est sans doute dû au blanc de plomb qui est broyé (m’a t’on dit) à l’huile de tournesol crue.

Détail Oranges
Reprise. Cette fois, et afin que le blanc siccative plus vite et mieux, j’y mélange uniquement de l’huile noire. Dans le gobelet, j’utilise le même médium que précédemment. Mes couleurs sont toujours dégraissées. Travail agréable. Les volumes se présentent bien. Sur cette couche, la matière accroche bien. Elle se fige vite et c’est sans doute parce que les fonds absorbent huile et résine. Cool !
Reprise deux jours plus tard. Même préparation des couleurs et même mélange dans le gobelet. Je passe un jus grossier (pigment) et j’attends une trentaine de minutes avant de reprendre. Oui, c’est difficile, j’éprouve des difficultés (j’en éprouve toujours) mais le travail avance dans un sens que j’aime et c’est bien. Je pense que je vais aller plus loin….
Détail Bananes Deux jours plus tard, je reprends. Même préparation pour les couleurs. Pour le mélange du gobelet, je mets d’avantage de médium gel. C’est un mélange plus gras qui rend les couleurs transparentes. Il faut donc que les fonds soient à leur place. À ce stade, et c’est sans doute dû à l’addition des couches, la matière prend vite. C’est agréable. Bon travail, mais je ne suis pas encore satisfait. Je veux aller plus loin.

Je fini avec des glacis. Même préparation pour la pâte. Pareil dans le gobelet. Sur la palette j’ai posé du médium gel que je mélange à mes couleurs de glacis pour les rendre très transparentes. Là, on peut corriger la teinte et revenir en rehaut par dessus. C’est cool ! J'arrête là !

lundi 9 mars 2009

En hommage aux mecs bien.

Merci à toi, Dita, pour m’avoir fait découvrir ce texte publié dans : Les Hommes. Je l'ai emputé de quelques phrases, j'en ai modifié, j'y ai ajouté des mots à moi, et j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas. Je n'ai fait que rebondir sur ce qu'il a écrit. Son texte, mêlée au mien, mérite d’être publié et republié en hommage de tous ces mecs qui….

Les mecs biens finissent derniers

Pour chaque mec qui à la trouille de lui faire mal.
Qui lui dit «Tu es belle » quand elle se sent moche,
Qui n´est jamais trop occupé pour courrir vers elle,
Qui lui construit un château de papier juste pour l'abriter,
Qui lui dessine des fleurs pour ensoleiller les jours maussades,
Qui lui dit qu´il mourrait pour elle et qui le ferrait vraiment.
Qui sait ce qu´elle désire avant qu'elle le sache elle-même.
Qui lui tienne la main en toute occasion,
Qui l´embrasse pour la nourrir de son amour,
Qui l'enlasse déraisonnablement pour aucune raison,
Qui lui donne sa peau pour qu'elle n'ait pas froid,
Pour chaque mec qui l´appelle pour s´assurer qu´elle vit sans lui,
Qui attendant des heures pour la voir, même si c'est pour une minute.
Qui n'a d'autre priorité que celle de se coller à elle pour lui confiter sa faiblesse de l'aimer à ce point.
Qui croit toujours a ses rêves.
Qui fait tout pour qu´elle puisse les réaliser.
Qui souhaite son bonheur, même si c'est avec un autre.
Qui a pleuré devant elle,
Qui l´aime, même si elle lui a brisé le coeur.
Pour chaque mec bien…, merci.

jeudi 5 mars 2009

J'ai marché sur la nuit.

Je voulais sortir d’une ornière sentimentale et j’ai vu dans ma dérive Parisienne la seule issue de ma délivrance. Vainement. J’ai trébuché à chaque pas et jusqu’au petit matin sur l’ombre de moi-même. J’ai vu le pont Royal. Il m’a sacré en faisant peser sur mes épaules le poids d’un mentaux si lourd que j’en suis tombé en génuflexion. Le pont de la Concorde m’a fait croire un instant que ma peine était partagée par d’autres, et le pont Alexandre III a soutenu mon cœur malade lorsqu’il s’est souvenu que j’y ai vomi en souvenir d’elle. Quant au pont des Invalides, il m’a accueilli en camarade et je suis resté là le temps d’un dernier alcool entre amis.

Don y Dona Carlo

Je viens de rentrer et mes jambes sont meurtries par tant d’efforts. Mes épaules ne supportent plus le poids de tant de mélancolie et mes pieds sont brûlants par tant de pas. La nuit est passée et le jour pointe vers sept heures du matin.
Je sais, ma belle, que tu es dans ton plus profond sommeil et je vais m’aliter, moi aussi. Et pour canaliser la rébellion qui gronde encore en moi, je vais rêver d'une quête nouvelle comme si la nuit n’avait pas filé sans la nourriture du fruit d'une l'illusion…
Et voilà que mon rêve vient.

Duerme

J’embrasse ta gorge par la droite comme pour te dire un secret. Un baiser sur ta jugulaire, à un pouce au-dessous de ton oreille. Là où j’ai toutes les chances de me perdre – dans la broussaille de tes cheveux. Là où j’ai toutes les chances de m’enflammer – dans les effluves de ton parfum. Là où j’ai toutes les chances d’atteindre ton cœur et de m’y noyer – par cette veine qui y va sans détour.

Je suis fatigué…

Mes opportunes amitiés

C’est Net, les gens qui m’aident en écrivant un article sur mon activité ne sont pas seulement dans mon cœur. Je leur réserve une place dans cette Opportune catégorie. En effet, c'est très Net, nous avons tous à y gagner. C'est l'esprit qui m’anime : nous soutenir.

Merci Jean Pierre pour ton Neoplaisir.com,,
Merci Dita pour le lien sur ton blog,

mardi 27 janvier 2009

Nourrir la partie immergée de l’iceberg….

L’expo à l’espace Commines est terminée. C’était une belle expo, visitée et appréciée du public. Un petit succès. Un autre. Quant au livre, il se vend bien. Il est aujourd’hui en cours de référencement à la Fnac. Il est à la librairie de la Hune, celle d’Arcurial, au musée de l'érotisme. Il vogue sur des courants chauds et porteurs et c’est bien.
Et pour moi, qu’en est-il ? Quelles ont été les retombés ? Je ne sais pas. Trop tôt. Pour l’instant, j’ai l’impression de nourrir la partie immergée d’un iceberg. Logiquement, chaque événement fait progresser la partie visible, mais peu à la fois et comme j’ai les yeux rivés sur cette partie j’ai le sentiment que mes efforts sont sans effet. C’est l’impatience de l’ado qui est en moi !
Je constate toutefois une nette progression sur ce blog et mon site. Les visites sont plus fréquentes et c’est un encouragement. Alors continuons. À force d’efforts répétés, le petit glaçon sur lequel je me gèle le cul deviendra un grand iceberg. Pourquoi pas ? Je pourrais alors me tenir debout sans crainte d'y édifier mon iglou et mettre enfin mon cul méritant au chaud !…

Pour acheter un livre suivez ce lien : Art du Nu.

mardi 16 décembre 2008

Sur Le Livre Art du Nu et Autres sujets

Ai-je trouvé les mots, les bons ?

jeudi 11 décembre 2008

La lie des vins est amère.

Ce texte est plus qu’un texte. Il est un tableau, mille, le patrimoine des artistes. Il est un et multiple, coloré comme le sont mes œuvres et posé sur une solide armature. J’aimerais dire, et en y croyant du fond du cœur : qu’il est une œuvre. En tout cas, ce que je sais avec certitude, c’est qu’il a illustré, à l’heure où je l’ai écrit, l’humeur de mon âme. Il trouve donc sa place ici.

Descanso

Les mots que mon amour adultère dépose dans mon cœur pénètrent mon âme jusqu’au plus intime de moi. Ils sont un sirop. Lorsqu’ils s’articulent sur ses lèvres, c’est pour colorer l’instant présent des preuves de son immense amour et de la pertinence de sa pureté. Immédiatement, ces mots se transforment en vapeurs alcoolisées et ils m’enivrent de vertiges bien plus délicieux qu’une ivresse. Dans ces moments de grâce, je suis nu et sans défense et je ne veux rien d'autre au monde que cette nudité intégrale.
Mais ces amours-là n’ont pas la vocation de nidifier. Mon âme le sait. Elle connaît cet éphémère et elle se donne d’autant plus fort. Ensuite, lorsque mon amour adultère prend la porte et s’en va, les mots qui ont bâti, l’instant d’avant, des temples d’illusions se taisent.

Une fois la source asséchée, je reste seul et endeuillé dans le vide de l’absence. Alors, l’ivresse tourne et se transforme. La chimie fait virer les sucs en venin. Très vite, je contemple mes mains servantes avec lesquelles j’ai bu ce poison jusqu’à la lie et le cauchemar fait échos au vide. Je suis en manque. Une terrible oppression enserre ma poitrine, une âpreté sans pareille m’inonde le cœur et les relents nauséeux des instants vécus viennent dégoûter mes sens, tous mes sens.

Je hais maintenant ma faiblesse et ma dépendance pour cet amour adultère. Je sais, même si le terreau est fertile, les amours adultères ne produisent pas de bons fruits ; juste le fruit amer des trahisons. Alors je m’insulte d’avoir confondu sirop et venin et je prie pour que mon cœur empoisonné ne cesse de battre, qu’il ne me lâche pas, qu’il continue, comme il l’a toujours fait, à prendre soin de mon honnêteté émotionnelle. Mais le combat est rude. Ma vie désire amputer la partie de mon cœur malade. Elle veut donner une chance de renaissance à la parcelle incorruptible. Que feras-tu sans moi, me dit le poison de mon amour ? Il a raison ! Pourquoi vivre ? À genoux, ma raison me supplie d’accepter l’idée car c’est ma seule chance de survie.

Don Luis

Je tombe, et ce n’est qu’une fois à terre, dans un état fœtal, que j’entends les mots que cœur répète sans arrêt. C’est avec tendresse et sagesse qu’il vient, avec patience, restaurer ce qui reste de moi. Il me dit qu’à la prochaine occasion, qu’à la prochaine visite de mon amour adultère, c’est de toute mon âme, le cœur offert et sans réserver, à vif, que je m’enivrerai, prisonnier au poison de ses mots.
Il a raison.

lundi 8 décembre 2008

Hommes

Mes contemporains hétérosexuels auraient-ils peur de savourer ces mots : buste, pectoraux, poitrail, thorax ou tronc ?…

Buste5
Aucun doute là-dessus, et j’affirme même qu’ils usent d’avantage, et avec beaucoup plus d’appétit, ces derniers : décolleté, gorge, mamelles, nichons, seins, ou encore, roploplos. C’est bien naturel et c’est hypocrisie de dire le contraire.
Toutefois, c’est aussi une hypocrisie d’affirmer qu’ils sont insensibles à la beauté d’un buste masculin. L’œil ne trompe pas.
Buste4

C’est normal d’être sensible à la beauté, sinon, pourquoi les Académies des Beaux Arts auraient imposé le thème du nu masculin aux élèves en fin d’études….
C’est vrai, je parle d’une autre époque, différente, ni mieux ni pire, seulement différente quand il faut aborder l’anatomie du corps et la nudité…

Las Alas de la Soledad

Las Alas de la Soledad
Dans le futur, elle se nommera Soledad, mais son nom actuel est : Las Alas de La Soledad (Les Ailes de La Solitude). C’est joli, mais pourquoi ce titre alors que d’ordinaire la solitude est vécue comme une épreuve d’enfermement sans issue. Jeu de mots, goût du paradoxe ? Un peu des deux, mais ma motivation première est celle-ci : a force d’espérance et de volonté, il arrive que le cours de la vie vienne contredire les pronostiques de la solitude, et dans ce cas, c’est une libération, un envol, qui dessine des projets bien au-delà de l’enclôt imposé par la solitude.
Las Alas de la Soledad
Dans le futur, j’en suis sûr, Las Alas de La Soledad, subira ma paresse verbale et elle prendra le nom, plus simple, de Soledad. Mais pour l’instant et à l’heure de sa naissance, pour l’histoire aussi, je souhaite lui donner ce nom : Las Alas de la Soledad, car tout en elle évoque ces deux émotions à la fois : Solitude et Renaissance.

vendredi 5 décembre 2008

Dis-moi…,

… tu donnes aux hommes l’intelligence et le pouvoir de distinguer le bien du mal. Cependant, tu laisses le mal s’installer et prendre possession de toutes choses, et durablement.

Belleza

Pour résister à cette implacable corruption, tu nous dis qu’il faut prier sans cesse afin que ta force nous serve de rempart. Nous sommes, comme tu le sais, des êtres fragiles, nus et incomplets, et nous exposer à un tel combat, c’est vouloir faire de nous des êtres d’exceptions. Nous ne sommes pas des saints. Et si certains ne cessent de prier pour ton pardon, pour leurs échecs dans cette tâche, je penses que tu devrais, toi aussi, les prier d’accepter ton pardon pour les exposer à des épreuves qui sont au-delà des forces humaines ordinaires. N’exclu personne je te prie : le riche pour sa richesse et le pauvre pour sa pauvreté ; le prétentieux pour ses certitudes et l’humble pour ses doutes.

Tu dis aussi que tu donnes sans attendre en retour, généreusement et sans calcul. Je ne sais pas. Je crois, au contraire, que ton attente est immense, à la mesure des épreuves auxquelles tu exposes les hommes.

Souviens toi. Tu as donné la faim, la pauvreté et l’infirmité pour certains ; l’opulence à d’autres, et donc, le conflit. Tu as laissé des juges humains concevoir des lois profitables aux intérêts des riches, qui sont une minorité, et subordonner les pauvres, qui sont la masse. Tu as laissé s’imposer la domination des puissants sur les faibles, alors que ces derniers n’ont que leurs larmes pour manifester. Tu as laissé prospérer le riche dans son pouvoir guerrier et mourir le pauvre sous le feu des armes. C’est cruel et je me demande où est ta justice aimante.

Fuerza

En nous donnant une vie physique, tu nous as rendue dépendants de la nécessité vitale et organique d’aimer. C'est sur l'hotel de cette idée que nous sanctifions cette alliance d'amour, et pour te glorifier en retour nous avons édifié des temples pour y perpétuer ton héritage.

Vois ! Le commerce de l’amour s’est installé dans toutes les sociétés sans qu’aucun rempart lui fasse obstacle. On vend son amour pour le pouvoir de la richesse. On ment pour ce même pouvoir. On trahit, toujours pour cette même cause. On tue aussi, pour le profit de l’argent qui achète tout, y compris cet amour.

Je te prie, répond à cette question : quel rempart à cela ? La prière ?…. La prière pour seule arme, seule armure et seule défense ?… Regarde ce qui se passe. Les infortunés te prient, et ils sont légion, pourtant, ils meurent empoisonnés par de pervers mensonges et victimes d’odieuses trahisons.

Qu’attends-tu d’eux ? D’autres martyres ? Pourquoi ?
Je comprends le profit pour la prospérité de ton église, mais quant est-il de ceux qui souffrent dans l’attente de ton aide et qui meurent des conséquences du mal qui anéantit la flamme de leurs précieuses vies ?

Si c’est ce que tu veux : qu’ils souffrent ; qu’ils t’abandonnent leurs vies, alors ne me dit plus que tu donnes sans rien attendre en retour et généreusement, comme un Père aimant. Ton amour est glouton, ton appétit insatiable, et les preuves que tu attends en retour sont au-dessus des forces humaines. Je sais, quelques-uns y parviennent. Je penses au Christ, qui a donné sa vie pour toi, ton église. Je penses aussi à ceux, à celles, qui ont suivis sa voie dans la fervente idée d’une vie d’éternité à tes côtés.
Chaque mortel sait qu’une vie d’homme est précieuse et la donner, ce n’est pas rien.

Doña Carino

On dit aussi que ton projet est supérieur aux tracasseries qui empoisonnent le quotidien des hommes, et le mien. Comme tous mes semblables, je cherche les indices de cet amour promis.… Et si je n’ai pas tout compris ; si, comme tu le dis, ton amour est grand, alors tu me pardonneras de ricaner, en trouvant - et malgré mes protestations - le germe de ta présence dans le terreau de mon idiotie.
En effet, ce n’est qu’en acceptant mon ignorance et mes limites que la lumière de l’espoir renaît en moi. Comme tu vois, je suis très imparfait : à l’image de l’homme que tu as créé dans ton infinie sagesse.

dimanche 23 novembre 2008

Le Nouveau Couples.

Je n'ai pas résisté à l'envie de dire quelques mots sur l'article qui est consacré à mon travail dans le Couples de novembre 2008. Si je suis flatté, c'est d'y partager la vedette avec des célébrités comme Marcel Carné, Arletty, Jean Gabin, Brigitte Bardot, Sharon Stone, Ursula Andress, Sylvester Stallone et tant d'autres qu'il m'est impossible de les nommer toutes. Qui a dit que l'art érotique était un art mineur ?… Personne !… Non, personne, et c'est bien mieux comme ça…

vendredi 21 novembre 2008

Mon Cristal Perd la Boule

En posant mes mains sur ma boule de cristal, j’ai jeté un pont entre le passé, le présent et le futur. J’ai suivi ce fil d’Ariane pour comprendre et imaginer ce que sera l’art dans notre futur. Le temps accordé à cette entreprise n’a pas été inutile. Voilà le fruit de cette prospection au cœur d’une boule complètement brouillée…

Hier…. Louis Jacques Mandé Daguerre (artiste peintre Français), Joseph Nicéphore Niépce (inventeur Français), William Henry Fox Talbot (mathématicien et physicien anglais). Voilà trois noms qui, en d’autres temps, ont bouleversé les arts : à eux trois, ces hommes ont réussi à fixer une image sur un support papier. Si cette découverte fut une extraordinaire évolution, elle fût aussi un séisme sans précédent qui ébranla les fondations de l’art. Après cela, rien ne pouvait être comme avant. Ce séisme a englouti pour toujours un grand nombre de techniques, de précieuses connaissances et des siècles de pratique. Sans parler des générations d’artistes qu’elle a ensevelies. C’est ainsi, c’est le propre des séismes….

Le 11 septembre 2001… Sur le plan intellectuel, incontestablement, le 11 septembre a été un séisme. Il a englouti une perception du monde et des valeurs au profit d’une autre, plus physique, figurative et surtout, centrée sur le “compréhensible“. Pourquoi ?
C’est la résultante de tout accident : on veut comprendre pourquoi ces choses-là sont arrivées. En percutant les WTC, ces avions ont percuté le monde entier, et depuis ce jour, le monde veut comprendre ce qu’il voit, clairement.
Il y a le monde de “l’avant 11 septembre“. Il pouvait être abstrait et superficiel. Il y a maintenant celui de “l’après 11 septembre“. Il ne peut pas — ne veut pas — souffrir de cécité.
La production artistique de “l’après“ n’est pas encore là, mais elle vient, je l’entends, au rythme de la création et des démarches artistiques qui sont menés aux quatre coins du monde par tous les agents artistiques, connus, inconnus, ou en devenirs.

Aujourd’hui… Un système financier s’effondre et avec lui une théorie, celle du capitalisme aveugle et égoïste, et cela, deux décennies seulement après l’effondrement du boc communiste. Il ne se passe pas un jour sans que les citoyens du monde ouvrent les yeux sur des pratiques obscures, injustes et traumatisantes. Bien fou est celui qui croit encore, après-tout cela, que rien ne bouge. C’est incontestablement la fin d’un monde, et c’est aussi, fort heureusement, la naissance d’un autre….
Je vois dans le trouble de ma boule de cristal que ce monde futur se construira sur les bases d’une réalité bien conçue et lisible. Il ne pourra être autrement.

Et l’art dans tout ça ?… … Bien conçu et lisible ! … La création artistique est opportuniste. Elle s’adapte au besoin de la collectivité, à la volonté des masses, au niveau intellectuel, spirituel et culturel, des nations.
Comme un Caméléon elle “Est“ ce de chaque événement historique “Est“. Elle évolue avec les changements, et comme toute espèce vivante, ce sont les agressions qui provoquent les plus grandes évolutions.
L’événement historique est sa branche et sa source. Si le projet du monde est romantique, alors l’art sera romantique. On l’a vu mystique, idéaliste, surréaliste. Pendant ces dernières décennies, le monde est devenu obscur. Seuls quelques puissants initiés en avaient les codes et l’art, en réaction, est devenu abstrait.
L’art est le fruit de cette mère nourricière et il ne peut, en aucun cas, changer le cours de l’histoire. Le rôle des artistes est de l’illustrer ; celui des artistes visionnaires, d’accompagner les changements, et quant aux artistes de génie, ils continueront à voir ce que les autres ne veulent ni voir, ni entendre…

Ce ne sont pas les batailles armées, ni les victoires politiques, ni même les avancées sociales qui marquent les siècles : ce sont les œuvres d’art car elles illustrent ces événements.

jeudi 21 août 2008

Trottoir au Cap

J’ai fait le trottoir au Cap d’Agde, mais je n’y suis pas allé à poil….


… j’ai tout amené : Séries Limitées, Reproductions et même deux toiles en cours. Je n’ai presque rien laissé au hasard, sauf, bien évidemment, l’aventure elle-même dont j’ignorais tout.
Pourquoi m’être exposé au Cap d’Agde, spot du naturisme en France ? Comment cette idée m’est venue, ce que j’en attendais et ce que j’en ai tiré ? C’est ce que nous allons voir.
Lorsque l’idée m’est venue, elle m’a semblé immédiatement bonne et le ressort a été, une fois encore, fort. Alors, comme d’habitude, je m’y suis lancé comme on se jette à l’eau, d’un coup, sans trop y penser, mais pas sans réflexion tout de même. Voici le cheminement de cette réflexion et les raisons qui m’ont portée jusque-là…

Ce que j’espérais y trouver c’est un public, mais pas n’importe lequel. Je voulais un public sans tabou, intéressé par la nudité, friand d’images de corps nus, instruit avec goût et sensible à l’élégance, en un mot, un public acquit par avance à mon travail. Le rêve quoi !
Ne sachant rien des pratiques et des modes de vie qui sont coutumiers au Cap, j’ai pris des infos ici et là et l’inquiétude m’a rapidement gagné car le village naturistes du Cap n’a pas bonne réputation. Si les critiques entendues m’ont sérieusement inquiété, elles ne m’ont pas empêché de poursuivre mon projet. Et naturellement, c’est avec méfiance et un peu d’inconfort, que je me suis installé dans ce tunnel.
Dès les premiers jours, j’ai fait l’objet de toutes les curiosités. J’ai été observé, d’abord personnellement, ensuite, c’est mon travail qui a fait l’objet d’attention. Et puis, peu à peu, j’ai été approché, complimenté, encouragé et enfin récompensé. Moi, je me suis laissé séduire.

Faire le trottoir quant on est à mon niveau artistique, c’est difficile, très difficile. Il faut beaucoup d’humilité et de courage pour s’exposer comme je l’ai fait. J’aurais pu y laisser des plumes. Je sais que l’imbécile est prompt en jugements rapides (c’était là l’une de mes inquiétudes) mais dans le contexte du village naturiste du Cap, je n’ai jamais eu à souffrir du moindre mépris.
On ne connaît jamais le dénouement d’une aventure. On peut spéculer sur un succès ou un échec, le plus souvent on est loin du compte. Si le rêve d’un franc succès a été mon ressort principal, j’étais prêt à tout.
Économiquement je suis arrivé à l’équilibre, des perspectives artistiques se sont dessinées et sur le plan relationnel j’ai été accueillit avec sympathie. C’est donc un bon bilan. Je suis heureux d’avoir vécu ces deux semaines au Cap et j’espère y revenir….

lundi 14 juillet 2008

Doña Esperanza

Voici Doña Esperanza. Elle a été achevée en février 2008.
Doña Esperanza
Par sa beauté, Doña Esperanza incarne la femme soleil, la vie et le futur, un graal. C’est la bannière que tous chevaliers porte en son cœur, aux couleurs de sa dame. Une raison de poursuivre d’un pas de plus, et malgré l’épuisement, la quête qui le conduit à l’aboutissement de son rêve : Elle.

vendredi 11 juillet 2008

Y'a qu'une journaliste pour poser pareille question….

Interview de TIVIPROD réalisée lors de la foire de Paris.

vendredi 4 juillet 2008

C'est moi ça ?



lundi 9 juin 2008

Toujours des mots

Blabla Wilson

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