Ricardo Casal

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mardi 15 novembre 2011

La Bête est là, qui guette….

Bourgeois gâtés que nous sommes, nous, les Européens nés après guerre ! Gavés d’une culture polie jusqu’à l’extrême, superficielle. Vernis d’une chance “extra ordinaire“ qu’on nomme les trente glorieuses. Si brillantes qu’elles nous ont aveuglées. C’est ce que nous avons retenu de cet enseignement : la cécité, l’égoïsme, l’individualisme, et, pire : le mépris pour ce qui n’a pas, selon nos codes de valeurs, réussi à s’engraisser d’une richesse matérielle.

Est-ce cela que nos guides moraux (les philosophes de la Grèce antique et de Rome) ceux qui ont fondés les règles de notre système de valeur, ont voulus nous enseigner ? Non.
Assurément, nous avons failli, et notre attitude est une insulte à l’héritage philosophique qu’ils nous ont laissé.

Que notre cœur redevienne ce que je crois qu’il est par nature : sensible et compatissant, voilà mon souhait. Et s’il ne l’est pas, il faut l’éduquer. Pour cela, il doit retourner aux sources et s’exposer aux misères humaines comme nos guides l’ont été. Ces misères qui désarment l’esprit le mieux armé, blessent mortellement nos organes vitaux, éclatent nos concepts les plus solides et biens rodés, en éparpillent les restes en nous amputant de nos certitudes, de nos familles, de nos amis, sans que l’on puisse y remédier. N’en doutez pas : être exposé à ces misères humaines est un séisme pour quiconque à du sang dans le cœur et aucune saine philosophie pour sa sauvegarde. Oui, le confort matériel est dangereux pour la santé mentale. Et oui, la misère nécessite des soins permanents, que seuls les peuples évolués, éduqués et lucides, peuvent prodiguer. Sans quoi, cette misère, tel un virus, contaminera toute chose visible et invisible, forte ou faible.

Une fois ce constat fait, accepté, il faut vivre avec la marque que cette vérité laisse en nous pour nous adapté toujours. Impossible, ensuite, de vivre avec l’idée conservatrice d’un bonheur inébranlable, édifié en culte. Sans quoi, il nous faut mourir, écrasé sous le poids insupportable d’une vérité très différente de ce que nous avons cru ; où s’isoler du monde, ce qui revient à emmurer un aveugle et le laisser sans nourriture.

Cette misère dont je parle, est là, partout, écrite dans les livres d’histoire, véhiculée par la mémoire des cachots, physiquement visible au coin d’une rue. Elle nous enseigne que la vie se corrige à chaque pas. Acceptons cela. Revenons aux sources, à ce que nous sommes : des être humains intelligents, où mourront comme des bêtes sauvages sous la dent d’un prédateur plus cruel encore. Non, je n’exagère pas, la misère est partout présente, tout autour de nous, dans chaque foyer, au cœur de chaque culture, prête à contaminer l’esprit le plus sain, l’avilir, le rendre pire que la bête.

Prenons garde, nous, les populations qui ont reçu un savoir, et veillons à ce que cette maladie de l’âme qui se nomme : cécité, ignorance, égoïsme, avidité, cruauté, ne nous fassent oublier l’essentiel dans l’enseignement de nos guides : être attentif au bien être de notre semblable, surtout s’il croît dans la misère. Sinon nous subirons encore de nombreuse fois tout ce qui concorde avec le crime et châtiment du crime commit, et l’humanité disparaîtra définitivement de nos cœurs… et de la terre.

lundi 29 août 2011

Mon crayon perd la mine : il cause…

L’une des choses que mon crayon m’a dites, c’est que l’erreur et la faute viennent toujours de l’ignorance, et que, pour se corriger, il faut accepter sa propre ignorance ! Et encore : que l'inutilité le laisse dans une torpeur dépressive, en danger. Sans lui, je sais que rien n'est possible : aucun projet ! Alors, comme je sais qu'il souffre de ne pas exposer à la critique les projets dont il est un ouvrier besogneux, je suis toujours à la recherche d'un moyen de le satisfaire… C'est important et je lui obéit au doigt et à l'œil. Je cherche, interroge, imagine comment le satisfaire, saisit les opportunités qui se présentent et les exploite au mieux. C'est comme ça qu'est né le projet de mes FIGURES : en lui causant !.

Emailing Soirée Sofitel
L’ouverture du Sofitel de Hua-Hin a été marquée par une grande réception en 1923. A l’époque, il n’y avait rien : juste une gare, un golf et le Railway Hotel pour les clients du golf. Depuis, il est devenu le Sofitel. En 2011 il fête ses 88 ans, et lorsque le Général Manager m’a demandé si je pouvais réaliser 88 portraits pour les exposer à la soirée commémorative du Railway Restaurant (le restaurant principal), j’ai répondu avec empressent : oui ! Ensuite, il m’a fallu tenir le défit : trouver 88 modèles locaux, les dessiner, et organiser cette soirée. Trois mois de travail et voilà, c’est fait ! Nous sommes à quelques jours de cette soirée et tout est prêt.

jeudi 17 mars 2011

Mon Cher Mécène

J’ai décidé de partir, d'installe un atelier en Thaïlande, à Hua-Hin, et tu me demandes pour quelles raisons.
Je vais répondre, mais l’exercice est difficile. Dire ce que l’on a sur le cœur n’est pas chose facile, y mettre de l’ordre non plus. Surtout lorsque celui-ci est confus, nourri d’espoirs et d’illusions. Comment faire le bon examen et apporter la bonne réponse ? Comment savoir si j'analyse les véritables raisons de mon départ ?
Blâmer le monde dans lequel je vie ? Ma ville, mes amis, mon activité, ma société et son cortège de crétins est une chose facile. M’appuyer là-dessus pour expliquer mon départ, non. Me blâmer moi-même ? Ca aussi c'est facile.

1erdeCouv

Alors quoi ?
L'aveux suivant constitue un bon début : je n'envisage pas (plus) de m'accomplir complètement à Paris. Au moins, cette explication est une bonne raison pour envisager un départ. Mais ce n'est pas la seule raison. J'aime l'aventure, la nouveauté, la découverte.

L'aveu de cet échec, combiné à mon désir de nouvelle quête donne du sens à ma décision. Personne n'est responsable, ni moi, ni les autres en particulier. Nous le sommes tous globalement ! Paris n'est pas assez fertile pour développer mon activité alors je pars sans savoir si ce que j'ai projeté ailleurs sera meilleure. A l'instant où j'écris ces lignes c'est encore un mystère.
Rédactionnel Je suis à quelques jours du départ et l'anxiété me gagne. Que deviendra ce projet ? Quelque chose d'inattendu, de différent…. Nouveau, je l'espère.
Qu'importe ! je sais que la terre est ronde et qu'au bout du chemin il y a un port d'attache qui m'attend avec un projet.
En tout cas, en attendant d'y voir clair, la Gazette des Arts (fidèle soutien aux artistes) a publié un Appel a Mécène en mars 2011 pour me soutenir dans cette aventure. Cet appel est actif pendant mon voyage, mais aussi après…. D'ailleurs, il le restera toujours. Alors, si l'un d'entre vous se sent des élans de sponsor, son aide sera la bienvenue.

mercredi 16 février 2011

Ailleurs c'est mieux…

On dit que l’herbe est plus verte ailleurs. Cette quête m’a mené ici et là, du nord au sud, vers l’Ouest d’abord, puis vers l’Est maintenant. Ailleurs, bien sûr, les couleurs diffèrent selon des facteurs divers, et d’ensoleillement en particulier. Je n’ai pas mastiqué l’herbe que j’ai foulée et j’ignore tout de son goût. Cependant, je l’ai observé avec curiosité et j’ai médité. Est-ce pour ça que les hommes tournent autour de notre globe ? Pour y déceler une herbe aux teintes subtiles, aux vertus médicinales miraculeuses ? Non ! Quelle sotise. Voilà la leçon de mes méditations. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Mettons de la raison dans cet examen.

Thailande

Je substitue donc le mot “herbe“ avec celui ci “amour“. Là, d’un coup, les choses s’éclairent et mes fugues s’expliquent mieux. Alors, si on disait ceci : “Aimer ailleurs, c'est se donner une chance d'aimer encore ; d'une autre manière et mieux“. Maintenant je comprends ma quête. Et c’est vrai ! seule cette quête peut conduire mes pas vers un ailleurs. L’amour, et l’extraordinaire élévation qui l’accompagne, mérite qu’on y consume sa vie. Je suis animé par cette vérité. L’amour est fugace, il va, vient, s’arrête un instant puis repart. Toujours en mouvement, il ne se laisse jamais emprisonner et c’est sa quête qui élève le cœur. En arrivant il édifie des palais avec une énergie stupéfiante, crée la vie, et en s’éloignant, il laisse le goût de lui courir après, de l’attraper encore, de le posséder pour se livrer à lui corps et âme. C’est un miracle qui passe sans jamais s’arrêter. Il éblouit la vie, ensuite, après son passage, tout semble ombres ou ténèbres, selon l’intensité dont il a rayonné. On lui élève des temples pour le retenir, lui consacre des offices, le chante, mais il ne reste pas, il fuit toujours…. Alors, c’est ça ma croisade : courir après l’amour.

Thailande2

L’ai-je trouvé ? Oui, je l’ai croisé, mais il ne s’est pas fixé dans ma vie et je l’en remercie. S’il avait prospéré, je n’aurais pas le goût de ces ailleurs qui me poussent à franchir les clôtures de lieux jusque là inconnus.
J’ai hâte de me désaltérer à cette source et c'est pour cela que je regarde vers tous les soleils levants.
Je le sais maintenant, c’est dans ma quête vers cette source nouvelle, au détour d’un événement imprévisible, ici ou ailleurs, qu’il se présentera pour remettre dans mon cœur l’essence indispensable à un nouvel envol. Vers le soleil de préférence, car je veux m'y brûler les ailes…

mercredi 13 octobre 2010

Salon Business Art 2010

Salon Business Art. Paris. Octobre 2010
Despedida

« Qu’on me donne six heures pour couper un arbre, j’en passerais quatre à préparer ma hache ». Tout comme Abraham Lincoln l’a dit, j’ai pris le temps d’affuter mes outils matériels. Ensuite j’ai défini mes cibles et j’ai cogné de toutes mes forces. J’ai abattu deux arbres, et comme il me restait du temps, j’en ai effeuillé un troisième. Tout ça, en retenant mon bras pour frapper juste. Le résultat, c’est ce paradoxe : une fois de plus la preuve m’est donné que pour travailler vite il faut travailler lentement. En serait-il pareil pour la vie ?

Descanso II

Tous parcours artistiques, et peut-être le mien plus qu’aucun autre, passent par des périodes qui ressemblent à la vie : naissance, croissance, maturité et déclin. C’est l’une des raisons pour lesquelles on trouve souvent l’idée de renaissance dans mes textes. Une existence rectiligne est donc impossible pour moi : je dois renaitre ; muer sans cesse.

œufs 2010

J’ai affronté plusieurs périodes de déclin. Qu’elles soient matérielles, sentimentales ou intellectuelles, elles ont toujours été suivit d’une renaissance. Dans tous les cas, elles ont été riches d’enseignements. Demain sera le premier jour de l’expo Business Art et c’est le vœux que je formule pour cette exposition d’octobre 2010 : renaître encore.

Business Art 2010
De toutes les critiques qui m’ont été faite pendant ce salon, voici celle qui m'a laissée sans voix : “Vous êtes l’Himalaya dans le massif central ; un virtuose dans un orchestre d’amateurs“.

jeudi 6 mai 2010

Moi, Précaire et Nomade…

Nous sommes tous intéressé et influencé par la beauté. Le sort d’une pomme pourrissante et ridée tombée au pied du pommier qui l’a nourri nous semble moins enviable que le sort de la pomme restée accroché à sa branche. Nous avons de la répugnance pour la première et goûtons la seconde. Pourtant, le sort de l’une et de l’autre est le même : muter.


La vie procède par étapes, et même si ces étapes n’ont pas toutes le même éclat, elles se succèdent toute, comme les chapitres d’une histoire, dans un même processus : l’énergie de la vie.

Aujourd’hui, la roue de la fortune m’impose de vivre une nouvelle mutation. Alors je laisse derrière moi le manteau du passé pour tricoter les mailles de ma prochaine laine.
Je m’en vais vers un ailleurs, vierge comme l’inconnu pour moi. Un ailleurs dont les perspectives ont été dessinées par la destiné. A moi maintenant d’en faire le meilleur usage. À présent, et dès aujourd’hui, j’élabore les premières lignes de ce nouveau futur.
Voici quelques mots en héritage de ce qui, désormais, est le passé…


Pour donner plus de sens à mes mots, je rebondis sur le testament d’Auguste Rodin dont voici quelques extraits.

“… Tout est beau pour l’artiste car en tout être et en toute chose, son regard pénétrant découvre le caractère, c’est-à-dire, la vérité intérieure qui transparaît sous la forme.… Que votre esprit conçoive toute superficie (toute idée, concept, chose) comme l’extrémité d’un volume qui la pousse par derrière…. Toute vie surgit d’un centre puis germe et s’épanouit du dedans au-dehors.… Souvenez vous de ceci : il n’y a pas de traits, il n’y a que des volumes. Quand vous dessinez, ne vous préoccupez jamais du contour mais du relief. C’est le relief qui régit le contour.… Les seules qualités de l’artiste sont sagesse, attention, sincérité, volonté. Accomplissez votre besogne comme d’honnêtes ouvriers… N’hésitez jamais à exprimer ce que vous sentez même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues… Votre isolement sera de coutre duré.… Le grand point est d’être ému, d’aimer, d’espérer, de frémir, de vivre.… L’art est une magnifique leçon de sincérité… Le véritable artiste exprime toujours ce qu’il pense au risque de bousculer tous les préjugés établis. Il enseigne ainsi la franchise à ses semblables…“

Quoi dire de plus ? Voici le lien où vous trouverez le Testament d'Auguste Rodin dans son intégralité.

Et mon héritage visuel maintenant. En images cette fois. Des natures mortes auxquelles j'ai voulu donner, sur les conseils d'Auguste Rodin, un peu de vie de l'intérieur.



Et aussi cette copie de Claude Monet.

jeudi 14 janvier 2010

En Attandant le printemps…

Quand l’énergie créative s’en est allée, comme c’est le cas pour moi en ce moment, plusieurs remèdes se présentent : se noyer dans l’alcool ; flotter dans les paradis artificiels que procurent l’usage des stupéfiants ; s’anesthésier de barbituriques ; dormir nuit et jour enfoui sous un épais oreiller, ou s’éloigner, fuir au bout du monde pour éviter le combat qui accompagne le choc dépressif d’une perte.

Diego Velasquez
Je n’ai fait aucun de ces choix. Je les ai jugés dangereux, lâches et faciles d’accès pour certains. Mais surtout, sans effet positif. J’ai pourtant fait un choix, il le fallait. J’ai donc opté pour l’option la plus folle, sans doute la plus difficile aussi : affronter ma stérilité créative, l'accepter pour en sortir au plus vite…

Johannes Vermeer

Ma métamorphose ne s’est pas encore produite, bien sûr, mais je suis en chemin. En attendant, j'ai fait ce que les patients dociles font : occuper mon temps. Logiquement, j’ai fait mes gammes : j’ai copié Diego Velasquez, Johannes Vermeer et Eugène Delacroix.
C’était un projet d’enfance et le voilà désormais réalisé, c’est bien.

L'orpheline au cimetière“ d’Eugène Delacroix, étapes par étapes.


Première étape. Passage d’un jus à l’essence, puis, une demi-heure plus tard, passage d’une couche plus épaisse mais cette fois, j’utilise l’huile noire. Ça couvre bien et c’est agréable. C’est du “gras sur maigre“ et ça marche bien.
Deuxième étape.
Pour débuter, passage d’un jus à l’essence, laisser prendre, puis couvrir avec une demi-pâte diluée à huile noire et medium gel. Plus on laisse prendre avant de revenir et mieux c’est.
Plus les couches s’additionnent et plus le relief se module. Peu à peu, cette orpheline ne m’est plus tout à fait inconnue. À mesure que je pose le pigment, je me transporte dans cette année 1824 et dans le décor de ce cimetière. C’est une journée de printemps. J’entends les bruits alentour et je commence à percevoir, de plus en plus nettement, ce qui s’est passé cette journée-là. Je devine cette fille. Sa modeste condition, soumise et sans illusion. Sa solitude et sa tristesse aussi. Je sens l’émotion qui l’a envahie lorsqu’elle a posé pour Delacroix, le bourgeois des nobles quartiers et j’imagine les idées qui ont circulé dans son esprit pendant cette séance de croquis : l’illustre espoir d’être un jour célèbre. C’est ce que je suppose !…

Eugène Delacroix
Troisième étape.
Passage d’un jus à l’essence. Laisser prendre. Dans le gobelet : gel médium et essence. Ensuite, poser une demi-pâte. Laisser prendre. Poser des rehauts. Ça accroche bien. Travaille agréable. Possibilité de reprises si on attend assez longtemps. C’est l’attente entre les reprises qui est difficile à gérer….
Entre deux étapes, je caresse le support de la toile pour vérifier la siccativité de ma pâte, et, curieusement, c’est un buste que je touche. Je goûte maintenant à l’odeur aigre-douce d’un parfum. C’est une odeur de sueur, de vie, de soleil brûlant. J’ai envie d’aimer cette fille, de lui apporter mon soutien, lui dire des mots d’affection, d’amour aussi, pour la rassurer. Je veux surtout la faire sortir de son cadre et l’immortalité en hommage à sa beauté. C’est fou ! Je me demande à quel moment cette fille a pris conscience qu’elle serait célèbre ?…
Au-delà d’un stade, une fois le labeur de l’artiste dépassé, des portes s’entrouvrent. L’ouvrage devient fusionnel, c’est une inspiration, l’illumination. C’est peut-être ça, la grâce Divine… La puissance de cette émotion est très supérieure à toutes les peines du monde.
J’ai hâte de déposer, d’une touche finale dans son globe oculaire, l’éclat de la lumière céleste… Mais je me retiens !… Comme c’est difficile !
Quatrième étape.
Passage d’un jus avant de revenir dessus en demi-pâte. C’est terrible car j’ai l’impression de détruire le travail que j’ai fait. J’ai du mal à attendre le temps nécessaire. Comment retenir ma main alors que j’ai le sentiment d’avoir tout gâté ? Mon devoir maintenant est de réparer cette souillure !… C’est un impératif ! Le travail se fait au prix d’une bataille pour maîtriser le temps et mon geste.
Progressivement elle revient à elle, reprend vie. C’est encore mieux qu’auparavant. Plus vivant. Je l’entends. Cette jeune fille triste dit des mots imparfaits. Elle m’émeut et je la trouble. Elle ne sait plus qui aimer : Delacroix ou moi…. Désormais, Eugène et moi sommes rivaux. Je vais donner le meilleur de mon pinceau car je veux qu’elle n’aime que moi.
Y arriverais-je ?
Dernière étape.
Mon médium est peu dilué dans mon gobelet. Je l’emploie presque pur. Je ne sais pas ce que je fais : si j’améliore ou je barbouille…. J’ai peur. Est-ce le trac de mal faire ?… Non ! Alors c’est autre chose.
C’est fait, la voilà terminée et je suis sans mot. J’avais raison ! ce n’est pas le trac de mal faire qui m’a freiné, c’était autre chose : j’avais peur de terminer, car finir, c’est cesser de créer, d’aimer… de toucher. Accepter cette échéance, c’est accepter de ne plus donner, de ne plus recevoir, ne plus l’entendre, elle, cette jeune orpheline qui parle maintenant à mon cœur.
Elle me dit : « je suis une image du passé, depuis, j’ai vieilli et je me suis enlaidi, ensuite, fatiguée, j’ai quitté ce monde à la hâte et sans regret car je suis éternelle. »
Elle ment pour tempérer ma tristesse, pour me remercier. Elle est mon œuvre de mon ouvrage, ma Muse, et c'est à moi de la remercier !

dimanche 25 octobre 2009

En Attendant Minuit…

Pour Juliette, Jean-Marc, Philippe, Aurélie, Claude, Richard, les Christophe(s), Benois, Nicolas, Véronique, et tous ceux qui avaient des occupations… ou qui n’en avaient aucune et qui ont oublié, ou qui… (connement), n’ont pas la télé (comme moi) et qui, maintenant, veulent voir les images de : en attendant minuit. Les voilà…


EAM

Merci à Sabrina Seddiki, à Marine Dejean de la Batie et à 909productions.tv

mardi 20 octobre 2009

Moi, nous, vous, eux… et les autres.

Pourquoi faut-il toujours se foutre à poil ?…


Chatou 2009

Quel a été mon plus grand plaisir pendant ce marché d'art ? Retrouver des visiteurs rencontrés lors d'autres foires, et notamment, à la foire de Paris. Ils m'ont reconnu. Cool ! Avec les mois, l'idée d'avoir mon travail sur leurs murs s'est formalisée. Maintenant, ils l'on matérialisé puisqu'ils ont emporté des reproductions. Comme quoi… !

mardi 13 octobre 2009

Renaître demain

Acte I. L’arbre devant ma fenêtre danse comme une algue marine dans un courant océanique. C’est le vent turbulent d’un orage qui approche et que les branches épousent. Si elles plient, indisciplinées, c’est parce qu’elles ont peur de se rompre. La vie est forte pour résister à de si puissantes attaques, ingénieuse, prodigieuse.

C’est le fracas violent d’un taffetas qui éveille ma curiosité et je sors sur mon balcon. Par envolées successives et désordonnées, comme pour fuir un ennemi, des grappes de feuilles s’échappent de la tignasse rebelle. On dirait des colombes en déroute qui s’envolent vers le gris des toits. Et puis, bien au-dessus, le ciel contraste un gris de plomb presque noir avec des volutes ventrues d’une blancheur de lait. On dirait mille ventres sur le point d'accoucher d'une portée de diables terrifiants.

Acte II. L’éclair photographie Montmartre et son grondement lui fait cortège d’Est en Ouest, rapidement. Et puis, d’un coup plus bruyant que le tonner qui les a précédé, une fusillade de gouttes martèlent le sol. C’est à couper le souffle. Deux arcs électriques communient dans la masse grise comme si le ciel et la terre avaient pactisé l’apocalypse…. Le tonner vient de me figer dans la pierre !

Je suis seul, debout sur mon balcon, exposé aux souffles de bourrasques et je suis surexcité. À l’abri de mon rocher je me prends pour un prédateur. J’ai l’œil vif et le cœur vaillant, prêt à fondre sur la première proie. C'est ce que je ferais sans attendre, oui, à la première clémence du ciel.

C’est un décor de tragédie où Dieu et Diable se disputent le terrain dans un effroyable face à face. Rien n’y est de trop. Tout est subtil et violent, logique et désordonné, graphique et abstrait, nuancé et contrasté, changeant, figé, terriblement sécurisé, sans danger. Pourquoi suis-je tant excité par ces forces apocalyptiques ?

Acte III. Je le sais, je le sens. Je vois maintenant s’éloigner les cavaliers du chao dans les coups d’éclairs qui colorent d’éphémères auréoles roses la nuit qui domine encore.
C’est grandiose ! Maintenant je veux rouler mon corps dans cette nouvelle vie, rincée et propre. C’est la chance d’une renaissance : celle de me débarrasser des décombres de mon passé. Mes poumons inhalent l’humidité à un rythme inhabituel, mon cœur cogne et c’est bien.

J’ai le cœur à faire la fête, danser, rire et patauger, débrider ma folie, lâcher prise. Je veux ouvrir la bouche et manger la pluie. Je veux m’enivrer des parfums de cet orage. Merci. Je veux crier aussi fort qu’il m’est possible de le faire. Et puis, enfin, abattu, quand l’eau m’aura lavé de toutes mes défaites, je veux tomber à genoux dans les courants des caniveaux et prier pour cette promesse de jour nouveau qui viendra demain….

Ce n’est plus le crépuscule, c’est la nuit noire : celle qui appartient au silence de mes phrases.

L’air de la nuit est trop frais pour un été qui vient de mourir. Dans l’atmosphère de cette lutte, je distingue encore l’odeur de l’été et de l’hiver confondu dans la symbiose d’un cri d’amour. C’est comme si j’étais à la croisée d’un chemin… Je le suis… Je le souhaite…, l’espère. Je veux renaître demain.

mercredi 30 septembre 2009

Stage de peinture

S'ils faisaient leurs premiers pas, c'était pour moi aussi une première. Allais-je être un bon professeur ?… Le cœur y était et la volonté aussi ! mais la connaissance serait-elle suffisante….


Stage de peinture

Un testimonial en trois actes. 2'30" pour résumer 36 heures d'études, c'est bien. En tout cas, suffisant pour se faire une idée. L'important, après tout, c'est d'aboutir à un résultat motivant et je crois que nous y sommes parvenus. C'est ce qui importe.

mardi 4 août 2009

Empreintes latines à la galerie BastilleTV.

BastilleTV '"Ma première rencontre avec ces artistes remonte à mon émission : BLABLA WilSON. J’offrais alors à mon public mon intérêt pour les visions que donnent les artistes du monde contemporain. Qu’ils soient plasticiens, littéraires, auteurs, compositeurs et interprètes, chaque rencontre est une mine d’idée nouvelles. Cette ouverture apporte un contenu nouveau à mes émissions car ces artistes, de part leurs horizons divers, éclairent l’actualité de réflexions créatrices et nouvelles. C’est toujours un plaisir de réunir Ricardo, Juan et Hector avec lesquels, cette fois encore, nous allons laisser sur l’actualité l’empreinte d’une vision pluriculturelle et globale. C’est pour les artistes et le public qui regarde BastilleTV, que j’ai fondé les bases du projet de cette galerie BastilleTV. C’est aujourd’hui fait : BASTILLETV, est une galerie d'art depuis laquelle est diffusée une télévision en streaming sur le net."''
Willson Claude Balda : Bastille TV.

mercredi 1 juillet 2009

La Fille d'Océan Drive

Le soleil qui illuminait ma vie venait de se voiler : celui qui brille au zénith, qui réchauffe les jours présents et qui donne un sens au futur. L’obscurité d’une nuit intérieure s’était installée, solitaire, sans partage, sans amour et sans projet, pas même la lueur d’une quête nouvelle. Sans repère et sans bâton, l’homme fort que j’étais est devenu une proie facile à duper, fragile et en grand danger. Chaque carrefour est devenu un piège. Mes sommeils et mes repos étaient impossibles. Chacun de mes pas se faisait dans l’effort d’un désespoir à porter. Chaque décision était prise dans l’inconfort de l’insécurité et l’obstacle de l’ignorance. Pourtant, j’ai marché et j’ai décidé. Je devais fuir. Partir vers l’occident pour trouver le réconfort d’un soleil nouveau. C’est dans cet état que je suis arrivé sur Océan Drive, à Miami. C’était un jour de juin. Il était cinq heure du matin. J’étais seul et je n’avais pas sommeil.

Je marchais lentement, presque titubant, désorienté d’avoir couru vers l’occident pour y trouver le soleil. Je n’avais pas de but, sauf celui de rester là quelques semaines. Je n’avais rien d’autre. J’étais sans savoir, étonné d’être là, abruti. J’avais décidé de fuir et j’avais fui ! mais je n’avais rien perdu, rien quitter, rien trouver : j’étais toujours moi, comme hier…, pire même, puisque j’étais maintenant fragile dans un monde inconnu.

La Fille d'Océan Drive
Au-dessus de moi le ciel menaçait d’exploser d’un instant à l’autre. D’immenses cumulus gris se dessinaient dans un ciel encore sombre. Et puis, lentement, au rythme de mes propres pas, la sphère rougeoyante du soleil s’est levée sur l’Atlantique. Ses rayons ont gobé l’océan. Ils ont transpercé l’armé de cumulus de javelots roses, rouges et violacés. Ils ont ensuite incendié les palmes du bord de mer, puis frappé les hôtels art déco d’une lumière colorée de pastel tendre. Défiant l’orage qui menaçait, je me suis senti bien, nouveau, et je me suis immobilité pour m’offrir tout entier à cet office.
J’ai accueilli le réveil de ce nouveau monde et j’ai su, dès cet instant, qu’un autre amour allait prendre racine en moi ; qu’il allait s’épanouir pour redonner des perspectibes à ma vie. J’en étais sûr, un amour possible ou impossible allait bientôt engloutir le passé. Et qu’importe si cet amour ne serait que l’aliment d’une illusion. J’étais prêt à m’y noyer corps et âme car l’important, finalement, n’est-ce pas la quête de l’amour glorieux ?
Comme moi, La fille d’Océan Drive avait les yeux tristes d’un amour perdu mais lorsqu’elle regardait le soleil, il y avait de l’or dans sa tristesse….

mardi 26 mai 2009

Il en faut…

S’il faut du courage pour faire une chose qui sorte de l’ordinaire, il en faut encore plus pour défaire cette chose et recommencer. Faire, défaire, et refaire encore, inlassablement, pour s’améliorer toujours, au prix d’une vie : de sa propre vie, c’est tuant.
Pour me distraire de cette pensée, ou plutôt, pour alimenter mon raisonnement d’autres points de vue, j’ai cherché des soutiens et c’est dans un discours de Jean Jaurès que j’ai trouvé, éclatante de vérité, la meilleure définition du courage. Comme à mon habitude, j’ai tronqué le texte mais je vous livre les plus beaux extraits.
Ce discours à la jeunesse, Jaurès l’a prononcé le 30 juillet 1903 au lycée d’Albi. C’est une pièce maîtresse, un morceau d’art pur, une symphonie intemporelle, et il a sa place dans ce blog en préambule à l’œuvre que je présente. J’espère qu’il vous nourrira comme il m’a nourri.

{{"…Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli….
… Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale….
… C’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails…
… Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques…}}

Couple

Dire que ce texte est approprié à l’œuvre présentée ci-dessus est nécessaire. Je sais, vous vous demandez quel est le rapport avec le courage. Le voilà : j’ai détruit cinq fois cette toile et je vais la détruire encore. Pourquoi ? Sur le moment, on ne connaît pas toujours les raisons et les causes exactes qui conduisent à réaliser tel ou tel sujet. Pour celui-ci (et je ne l’ai compris que récemment) je cherchais inconsciemment à matérialiser sur la toile la fusion d’un amour. L’idée est bonne ! Oui, mais l’idée était éventée car l’amour en question n’était plus. Cet amour se mourrait, et tenter de le retenir a été ma faute. Je l’admets, je me suis enferré dans ce mensonge et Je n’ai pas réussi cette œuvre. Normal. Maintenant j’y vois clair et c’est pourquoi j’ai scellé son sort. C’est sans regret que je vais la livrer au cutter. Peut-être qu’avec le temps, un autre amour peut-être, j’y reviendrai. Je ne sais pas.

mercredi 15 avril 2009

Crétin, passes ton chemin !

C’est peut-être crétin d’avoir pensé à cette rubrique. Je ne le sais pas. Je n’ai pas le recul nécessaire pour le dire. Mais si je ne le fais pas, si je ne m’expose pas, alors, comment le découvrir ? On ne peut pas prendre du recul sur un truc qu’on a pas fait ! penser que oui, c'est crétin ! Non, j'me trompe ? Alors voilà, pele mele, et à la pelle, quelques réflexions :

La pire des espèces : l’irréductible crétin. Chez ce dernier le cerveau n’a plus aucune action comme organe de la pensée. Plus de raison : seul la jalousie, l’envie, la cupidité, le désir de s’approprier, de consommer : rien d’autre, sans nuance...

Si vous trouvez un crétin dissimulé sous une vertu, c'est que vous avez mis la main sur un crétin intelligent. Mais attention, car un crétin qui fait l’intelligent est très dangereux !

On trouve beaucoup de crétins à l’ombre des puissants, mais ces crétins-là ne savent pas qu'en vivant à l'ombre des puissants ils ne font d'ombre à personne. C'est à la lumière que germe la vie.

Dites une chose intelligente à un crétin. Après réflexon, il vous répondra : « Elle est de qui cette pensée ? »

Un crétin ne pose pas de questions lorsqu’il n’a pas compris : il trouve que c’est suspect.

Un crétin trahit pour le profit que quelque chose qu'il a en abondance mais qu'il ne voit pas : la vie.

Un crétin tire de la gloire à faire souffir ceux qui lui demandent de l'aide.

99,5%, est le pourcentage des idées auxquelles il nous faut renoncer si on les partage avec des crétins. Ce que l’on est parvenu à leur dissimuler : les 0,5%, c’est à 200% qu’il faut en profiter !

Un crétin optimiste aborde avec assurance son propre futur.

Les crétins ne construisent pas le futur, ils consomment le présent.

Le projet d’un crétin immature : être une image de mode et se figer, immobile, dans ce projet en laissant sa jeunesse filler.

Un crétin ne doute de rien parce qu'il n'écoute que lui même.

Il y a des crétins qui pensent qu’on peut gagner des combats seul face à une meute de crétins cuirassés, obéissants, disciplinés et maternés par des louves. Qu’en opposant à ces crétins des idées nouvelles pour seule défense on peut stopper les dictatures. Qu’un crétin isolé peut déjouer le cours de l’histoire, ou, mieux : faire l’histoire ! C’est crétin, évidemment ! A pleurer même. Tellement crétin que ce crétin là y laissera la vie, à coups sur…. Quant à ses idées nouvelles, elles resteront un temps dans la rue avant qu’elles ne soient reprisent par un autre crétin fanatique. Et nous y revoilà : “Il y a des crétins qui pensent qu’on peut gagner des combats seul…“.

Les crétins absolus sont les braises volatiles venues des feux de l'enfer. Fourbes, elles n'attendent qu'une chose : enflammer le monde.

Le problème des jeunes crétins, ce n’est pas qu’ils soient jeunes, c’est qu’ils ne savent pas qu’ils le sont.

Un crétin mange sans comprendre qu’il restaure un appétit. En amour ou amitié, c’est pareil, il ne goûte pas : il consomme ! C'est ce qu'il fait avec toutes choses, et tout au long de sa vie : consommer sans penser.

Le crétin juge la valeur des individus à leur pouvoir de consommer. Il s’étonne ensuite, avec tristesse, de n’être lui-même qu'un produit de la consommation.

Un crétin grossier préfère la cooptation aux efforts qu'il faut produire pour s'élever.

Le crétin né dans les privilèges du pouvoir et de la richesse affirme qu’on naît tous égaux. Ben non. Croire qu’on naît égaux, c’est crétin. Croire que la connaissance est l’héritage d’un gêne, d’une généalogie, c’est crétin. Croire que nous sommes libres et maîtres de nos vies, sans soumissions ni compromission aucune, c’est crétin. Et affirmer le contraire, c’est être sous l'influence d'un crétin !
Nous devons savoir qu’il faut s’attacher à la dynamique de la vérité parce qu’elle libère des attaches polluantes du crétin. Mais aussi, qu’il est bon de confronter la vérité aux mensonges du crétin. Ce dernier est aux bonnes idées ce que l’ombre est à la lumière : un contraste nécessaire. Il donne du relief.

On peut se tromper sur un crétin qui travaille, jamais sur un crétin qui dépense son argent !

Un crétin accepte la muselière alors qu’il n'a rien pour protéger son cul !

Le niveau d’un crétin riche se mesure au niveau de ses revenus. Plus son revenu est élevé et plus il se sent fort, plus il est estimé, écouté, envié, rassuré… et plus il est crétin.

Je déteste le vieux crétin.
Le crétin à la retraite me répugne jusqu’à l’écœurement : le donneur de leçon, celui enkysté dans la certitude que sa révolution a profité à tous. Tout, dans ce crétin me répugne. Son physique, ses principes, sa mentalité, son égoïsme, son arrogance, sa certitude, son passé et son futur, la montagne de dettes qu’il laisse en héritage à la collectivité ; sa façon de me vendre sa jeunesse passée et maintenant sa prospère vieillesse. Je déteste l’image qu’il laisse derrière son passage et que je vais devoir porter. Je hais sa richesse matérielle et sa médiocrité, fruit d’une révolution d’imposteurs. Je ne supporte pas de devoir le supporter. Je ne supporte pas qu’il dispose de mes jeunes années comme il le fait : en achetant ce qu’il n’a jamais possédé autrement que par l’argent, les fausses promesses et la déloyauté. Je ne supporte pas qu’il s’accroche à sa misérable vie parce qu’il est riche et qu’il veut tirer tous les profits des richesses facilement obtenues, égoïstement immobilisées et jalousement dissimulées. Sa jouissance égoïste de la vie est une insulte au désir de mourir que cultive ma génération. Je le hais de négocier au plus bas avec ma génération qui doit, elle, s’humilier pour survivre. Il me répugne lorsqu’il se croit, se sent, se pense : jeune. Je le hais lorsqu’il enlève à la jeunesse sa jeunesse.
Vieux crétin, redoute cette jeunesse méprisée qui grandit en le silence ! Elle sera bientôt adulte.

Un crétin ordinaire n'est jamais seul parce qu'il amuse la galerie. C'est la distraction de ceux qui se pensent d'un niveaux supérieur. Les pauvres crétins.

Un homme conscient de son ignorance se place toujours derrière celui qui sait plus que lui, même si c’est un crétin. Ce dernier excelle dans certains domaines et s’y précipite.

Il est des situations ou il est nécessaire, si l’on veut conquérir une chose, de prendre un crétin comme exemple. Le mimer dans ses moindres faits et gestes ; être la copie conforme de son personnage. Un exemple : le crétin développe sa pleine puissance dans l’obscurité et le vacarme assourdissant des boîtes de nuit. Là, il n’est pas jugé selon ce qu’il est, mais selon ce qu’il parait être : une silhouette mobile sous une lumière artificielle, heureuse d’être là. Forcément, dans ces lieux, le crétin capte l’attention des autres crétins. C’est là qu’il faut se dissimuler dans la masse, sourire, bouger et agir comme eux : en crétin, ou déserter ces lieux.

Un crétin vit dans un tourbillon d’égoïsme le temps d’un été. Ensuite, à l’été suivant, un autre crétin remplace le premier. Que devient le premier ? : Il passe le reste de sa vie à payer les excès de cet été mais cette fois… en famille !

Un crétin choisit les filles au plus beau de leur floraison, les autres attendent l'instant qui suit la floraison pour y récolter la graine la plus fertile.

Ce n’est pas insultant d’être qualifié de crétin. C’est même parfois flatteur. En particulier lorsque celui qui juge est un crétin qui s’ignore.

Le crétin qui vous crache à la figure est infiniment moins pénible que le crétin qui vous tend la main, l’air obséquieux. Vous pouvez éliminé le premier d’un revers. Impossible, en revanche, de vous débarrasser du second facilement. Ne craignez pas son offense, craignez d’être son ami.

La maladresse du génie se confond souvent avec l'exubérance du crétin. Le mal des génies, c’est qu’ils leur faut vivre entourés de crétins et considérés comme tels !

Les gouffres obscures de l’intelligence se trouvent dans ces instants où les crétins parviennent à nous convaincre que la déloyauté, la trahison, le mensonge, l’injustice et le crime sont la valeurs absolue et supérieure : les fondamentaux de l’espèce humaine, et qu’aucune foi, que tout espoir de secours est vain, inutile : crétin.

L'avisé doit se tenir à l’écart des crétins, car lorsqu'ils sombrent dans l’abîme qui se forme, tôt ou tard, sous leurs pieds, les crétins entrainent du monde dans leur chute.

A quoi reconnait-on un crétin en pleine évolution ? Il est au bord des larmes : conséquence d'une maladie d'amour ou, plus interessant, d'une brutale prise de conscience.

Le crétin, comme le traître, est armé pour trahir, pas pour être trahi et c’est sa faille.

Patience ! Un crétin offre toujours son échine au lion qu'il est parvenue à mettre hors de lui.

Dites ceci aux crétins qui polluent votre vie : Celui qui accepte la nourriture du Diable sera invité à son banquet.

L'homme puissant se fera passer pour un agneau aux yeux des crétins. Ceux-là accourent, croyant tondre cet animal inoffensif, et ils découvrent, trop tard et sans comprendre vraiment, qu'ils sont venus, d'eux même, exposés leur cul à la foudre du puissant.

Méfiez vous de celui qui, pour s’approprier ce qu’il convoite, expose dans les premières minutes de la rencontre cartes bancaires, bijoux, histoires de voyages, anecdotes de sa vie noctambule, tout en jurant qu’il est une personne ordinaire et simple. Vous reconnaitrez ce personnage à ceci : parfois, il se laisse inviter par plus démunit que lui ! Cela flatte son égos. Cette personne, même si le pittoresque de son attitude peut séduire, manifeste très consciemment son pouvoir matériel à chacun instant. Elle le fait dans un seul but : tirer un profit sans partage le moment venu. Laissez parler cette personne sans l’interrompre et vous verrez qu’elle dévoile ce qu’elle est profondément : le crétin qui se cache derrière du matériel pour voler le bien d’un plus démunit. Il n’y a rien à tirer d’une telle personne.
Ne vous illusionnez pas. Une fois l’objet de sa convoitise obtenu, (qu’il soit sexuel, relationnel ou matériel) il redevient ce qu’il est dans le fond, mais cette fois, en pleine lumière : un crétin insignifiant qui se glorifie d’avoir gagné des combats sans adversaire.
Sa bêtise est une insulte à l’idée d’entreprise et de progrès sociale. Il faut cibler cette personne, l’isoler et la ruiner, si possible.

Vous voulez la ruine d’une entreprise ? Facile. Donnez du pouvoir au crétin. Ensuite, financez ses projets avec du crédit.

mardi 7 avril 2009

Mets de l'huile

Lorsque je retrouve Claude, j’ai envie de l’enlacer de mes bras afin de lui témoigner mon affection, et si je ne le fais pas, c’est parce que ma tendresse est si grande (moi si fort et lui si frêle) que j’ai peur de le casser en deux. Cet homme m’est précieux, si fragile physiquement et si puissant intellectuellement, si généreux aussi. La simplicité de sa nature me trouble et je l’aime pour ça.
Pourquoi cette entrée en matière à propos d’un presque inconnu du public ? Tout d’abord, sans cet homme, ces lignes n’auraient aucune valeur. Elles en ont. Au point d’affirmer que l’enseignement de cet homme est inestimable. Ensuite, l’affection entraînant l’affection, j’espère que vous l’aimerez, comme moi. Soit comme artiste peintre, soit comme homme de science ou historien, peu importe. L’important, c’est de le connaître.
Claude Yvel a écrit deux livres. L’un sur la peinture à l’huile, l’autre sur les techniques à l’eau. Vous pouvez trouver ces ouvrages aux Editions Edisud.

Beaucoup de livres méritent de finir broyés sous le pilon des invendus, ceux de Claude Yvel ne se perdront pas, croyez-moi, et j’encourage tous les artistes peintres à se les procurer.
Avant d’aller plus loin, une petite précision : je n’ai pas l’intention d’écrire un long chapitre sur les techniques de la peinture à l’huile, ni sur les interdictions ou les raisons qui ont mené tel ou tel fabricant à choisir une huile plutôt qu’une autre pour broyer les pigments. Si vous voulez approfondir le sujet, lisez Claude Yvel et les autres…. Personnellement, je ne suis qu’un relais et cela me convient tout à fait.
J’aborde maintenant le sujet de ce billet qui concerne les huiles à peindre. J’ai pressé Claude de répondre à une question essentielle : quelle huile le peintre doit-il utiliser ? et lors de nos échanges, nous avons procédé, ensemble, à des expériences sur les huiles siccatives : huile de lin, huile de noix, lithargée ou crue et le test réalisé est tellement brillant qu’il mérite d’être exposé dans tous les manuels de peinture. Le voilà… :

Deux huiles
… Il se passe de commentaire, mais je n’y résiste pas. Quelques mots pour illustrer ce document. Nous avons déposé de petites touches d’huile sur un papier buvard. De gauche à droite : huile de lin, huile de noix crue, huile de noix cuite à la litharge (huile noire) et une autre huile de noix crue (d’une autre provenance).
Le test saute aux yeux. L’huile de lin est jaune, celle de noix est plus blanche. Quant à l’huile de noix cuite à la litharge, elle est éclatante ! Désormais le peintre sait quelle huile utiliser ! Le problème réside en ceci : les produits au plomb sont interdits à la vente ! Mais ne désarmez pas. Demandez (et insistez s’il le faut !) et vous serez écouté. Personnellement, j’utilise de l’huile de noix cuite à la litharge, ainsi que du blanc de plomb. Tenez, voici un autre document que je vous invite à lire et qui est, lui aussi, excellent dans sa tenue et par la richesse de son exposé : Recettes pour une meilleure peinture à l'huile par Jean-Charles FUMOUX ancien élève de Robert Mermet, restaurateur de tableau et professeur de peinture.
Pour finir, une autre petite image pour la distraction.

Mélange d'huile

Cette fois, nous avons (Claude et moi) mélangé les huiles pour voir leur interaction. Regardez bien ! Vous voyez nettement l’influence de la litharge sur l’huile de lin et l’huile de noix. Dans les deux cas, la litharge éclaircit les huiles.
Un truc a savoir : la plupart des œuvres exposées au Musée du Louvre ont été peintes avec de l'huile de noix cuite à la litharge et du blanc de plomb. Aujourd'hui, le monde entier admire des oeuvres créées quatre siècles plus tôt et qui ont gardé toute leur fraîcheur. Est-ce un vœux pieu que d’espérer que les œuvres d’aujourd’hui tiennent les promesses de celles du passé ?
Ceci est une note amicale à l’intention des conservateurs, des industriels, du législateur et du secrétaire d’Etat chargé du tourisme.

Bonne réflexion, bonne lecture et excellente peinture à tous….

jeudi 12 mars 2009

Un peu de technique

Il m’arrive quelquefois de noter les différentes étapes de mon travail. Sur le plan technique et sur le plan émotionnel. C’est un exercice très instructif que je conseille à tous les peintres. En relisant ses notes on apprend beaucoup sur soi-même.
J’ai retrouvé le texte ci-dessous et je vous le présente. Je sais ! il ne s’adresse qu’à une toute petite quantité d’individus. Seuls les peintres qui ont un peu de technique pourront l’apprécier à sa juste valeur. Ce texte sera donc obscur pour les autres. J’en suis désolé.

Grappe,Orange,Bananes

J’ai acheté une toile grasse préparée avec un fond gris que j’ai monté sur un châssis.

Première couche. Je passe ma couleur en jus à l’essence de térébenthine. J’ai dégraissé les couleurs au préalable. J’utilise du blanc de plomb que j’ai dégraissé et auquel j’ai ajouté huile noire et huile crue à 50/50.
Ok. Rien à dire sur cette première étape.
Deuxième couche. Même préparation pour les couleurs, c’est important. Dans mon gobelet j’ai mis du médium gel et de l’essence de térébenthine, pas trop de médium. Les volumes commencent à monter dès cette couche. C’est bien.
Sec au touché au deuxième jour. Une accroche persiste encore au passage du doigt. C’est sans doute dû au blanc de plomb qui est broyé (m’a t’on dit) à l’huile de tournesol crue.

Détail Oranges
Reprise. Cette fois, et afin que le blanc siccative plus vite et mieux, j’y mélange uniquement de l’huile noire. Dans le gobelet, j’utilise le même médium que précédemment. Mes couleurs sont toujours dégraissées. Travail agréable. Les volumes se présentent bien. Sur cette couche, la matière accroche bien. Elle se fige vite et c’est sans doute parce que les fonds absorbent huile et résine. Cool !
Reprise deux jours plus tard. Même préparation des couleurs et même mélange dans le gobelet. Je passe un jus grossier (pigment) et j’attends une trentaine de minutes avant de reprendre. Oui, c’est difficile, j’éprouve des difficultés (j’en éprouve toujours) mais le travail avance dans un sens que j’aime et c’est bien. Je pense que je vais aller plus loin….
Détail Bananes Deux jours plus tard, je reprends. Même préparation pour les couleurs. Pour le mélange du gobelet, je mets d’avantage de médium gel. C’est un mélange plus gras qui rend les couleurs transparentes. Il faut donc que les fonds soient à leur place. À ce stade, et c’est sans doute dû à l’addition des couches, la matière prend vite. C’est agréable. Bon travail, mais je ne suis pas encore satisfait. Je veux aller plus loin.

Je fini avec des glacis. Même préparation pour la pâte. Pareil dans le gobelet. Sur la palette j’ai posé du médium gel que je mélange à mes couleurs de glacis pour les rendre très transparentes. Là, on peut corriger la teinte et revenir en rehaut par dessus. C’est cool ! J'arrête là !

lundi 9 mars 2009

En hommage aux mecs bien.

Merci à toi, Dita, pour m’avoir fait découvrir ce texte publié dans : Les Hommes. Je l'ai emputé de quelques phrases, j'en ai modifié, j'y ai ajouté des mots à moi, et j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas. Je n'ai fait que rebondir sur ce qu'il a écrit. Son texte, mêlée au mien, mérite d’être publié et republié en hommage de tous ces mecs qui….

Les mecs biens finissent derniers

Pour chaque mec qui à la trouille de lui faire mal.
Qui lui dit «Tu es belle » quand elle se sent moche,
Qui n´est jamais trop occupé pour courrir vers elle,
Qui lui construit un temple pour l'abriter une heure,
Qui lui dessine des fleurs pour ensoleiller ses ennuies,
Qui dit qu´il mourrait pour elle… et qui le ferrait vraiment.
Qui sait ce qu´elle désire avant qu'elle le sache elle-même.
Qui lui tienne la main en toute occasion,
Qui l´embrasse sans attendre d'amour en retour,
Qui l'enlasse déraisonnablement sans autre projet,
Qui lui donne sa peau pour la protéger des bessures de la vie,
Qui l´appelle pour s´assurer qu´elle vit sans lui… alors qu'il meure sans elle.
Qui attendant des heures pour la voir, même si ce n'est qu'un instant.
Qui n'a d'autre priorité qu'elle,
Qui se coller à elle pour lui confier ses faiblesses.
Qui croit plus a ses rêves qu'elle n'y croit elle-même.
Qui fait tout pour qu´elle puisse les réaliser.
Qui souhaite son bonheur…, même si c'est avec un autre.
Qui a pleuré devant elle,
Qui l´aime…, même si elle lui a brisé le coeur.
Pour chaque mec bien…, merci.

jeudi 5 mars 2009

J'ai marché sur la nuit.

Je voulais sortir d’une ornière sentimentale et j’ai vu dans ma dérive Parisienne la seule issue de ma délivrance. Ce fut vainement. J’ai trébuché à chaque pas, et jusqu’au petit matin, sur l’ombre de moi-même. J’ai vu le pont Royal. Il m’a sacré en faisant peser sur mes épaules le poids d’un mentaux si lourd que j’en suis tombé en génuflexion. Le pont de la Concorde m’a fait croire un instant que ma peine était partagée par d’autres et le pont Alexandre III a soutenu mon cœur malade lorsqu’il s’est souvenu que j’y ai vomi en souvenir d’elle. Quant au pont des Invalides, il m’a accueilli en camarade et je suis resté là le temps d’un dernier alcool entre naufragés.

Don y Dona Carlo
Je viens de rentrer et mes jambes sont meurtries par tant d’efforts. Mes épaules ne supportent plus le poids de tant de mélancolie et mes pieds sont brûlants par tant de pas. La nuit est passée et le jour pointe vers sept heures du matin.
Je sais, ma belle, que tu es dans ton plus profond sommeil et je vais m’aliter, moi aussi. Et pour canaliser la rébellion qui gronde encore en moi, je vais rêver d'une nouvelle quête comme si la nuit n’avait pas filé sans la nourriture d'une l'illusion… Et voilà que mon rêve vient.

Duerme

J’embrasse ta gorge par la droite comme pour te dire un secret. Un baiser sur ta jugulaire, à un pouce au-dessous de ton oreille, là où j’ai toutes les chances de me perdre : dans la broussaille de tes cheveux. Là où j’ai toutes les chances de m’enflammer : dans les effluves de ton parfum. Là où j’ai toutes les chances d’atteindre ton cœur et de m’y noyer : par cette veine qui y va sans détour.
Je suis si fatigué…

Mes opportunes amitiés

C’est Net, les gens qui m’aident en écrivant un article sur mon activité ne sont pas seulement dans mon cœur. Je leur réserve une place dans cette Opportune catégorie. En effet, c'est très Net, nous avons tous à y gagner. C'est l'esprit qui m’anime : nous soutenir.

Merci Jean Pierre pour ton Neoplaisir.com,,
Merci Dita pour le lien sur ton blog,

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