Ricardo Casal

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jeudi 6 mai 2010

Moi, Précaire et Nomade…

Nous sommes tous intéressé et influencé par la beauté. Le sort d’une pomme pourrissante et ridée tombée au pied du pommier qui l’a nourri nous semble moins enviable que le sort de la pomme restée accroché à sa branche. Nous avons de la répugnance pour la première et goûtons la seconde. Pourtant, le sort de l’une et de l’autre est le même : muter.


La vie procède par étapes, et même si ces étapes n’ont pas toutes le même éclat, elles se succèdent toute, comme les chapitres d’une histoire, dans un même processus : l’énergie de la vie.

Aujourd’hui, la roue de la fortune m’impose de vivre une nouvelle mutation. Alors je laisse derrière moi le manteau du passé pour tricoter les mailles de ma prochaine laine.
Je m’en vais vers un ailleurs, vierge comme l’inconnu pour moi. Un ailleurs dont les perspectives ont été dessinées par la destiné. A moi maintenant d’en faire le meilleur usage. À présent, et dès aujourd’hui, j’élabore les premières lignes de ce nouveau futur.
Voici quelques mots en héritage de ce qui, désormais, est le passé…


Pour donner plus de sens à mes mots, je rebondis sur le testament d’Auguste Rodin dont voici quelques extraits.

“… Tout est beau pour l’artiste car en tout être et en toute chose, son regard pénétrant découvre le caractère, c’est-à-dire, la vérité intérieure qui transparaît sous la forme.… Que votre esprit conçoive toute superficie (toute idée, concept, chose) comme l’extrémité d’un volume qui la pousse par derrière…. Toute vie surgit d’un centre puis germe et s’épanouit du dedans au-dehors.… Souvenez vous de ceci : il n’y a pas de traits, il n’y a que des volumes. Quand vous dessinez, ne vous préoccupez jamais du contour mais du relief. C’est le relief qui régit le contour.… Les seules qualités de l’artiste sont sagesse, attention, sincérité, volonté. Accomplissez votre besogne comme d’honnêtes ouvriers… N’hésitez jamais à exprimer ce que vous sentez même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues… Votre isolement sera de coutre duré.… Le grand point est d’être ému, d’aimer, d’espérer, de frémir, de vivre.… L’art est une magnifique leçon de sincérité… Le véritable artiste exprime toujours ce qu’il pense au risque de bousculer tous les préjugés établis. Il enseigne ainsi la franchise à ses semblables…“

Quoi dire de plus ? Voici le lien où vous trouverez le Testament d'Auguste Rodin dans son intégralité.

Et mon héritage visuel maintenant. En images cette fois. Des natures mortes auxquelles j'ai voulu donner, sur les conseils d'Auguste Rodin, un peu de vie de l'intérieur.



Et aussi cette copie de Claude Monet.

jeudi 14 janvier 2010

En Attandant le printemps…

Quand l’énergie créative s’en est allée, comme c’est le cas pour moi en ce moment, plusieurs remèdes se présentent : se noyer dans l’alcool ; flotter dans les paradis artificiels que procurent l’usage des stupéfiants ; s’anesthésier de barbituriques ; dormir nuit et jour enfoui sous un épais oreiller, ou s’éloigner, fuir au bout du monde pour éviter le combat qui accompagne le choc dépressif d’une perte.

Diego Velasquez
Je n’ai fait aucun de ces choix. Je les ai jugés dangereux, lâches et faciles d’accès pour certains. Mais surtout, sans effet positif. J’ai pourtant fait un choix, il le fallait. J’ai donc opté pour l’option la plus folle, sans doute la plus difficile aussi : affronter ma stérilité créative, l'accepter pour en sortir au plus vite…

Johannes Vermeer

Ma métamorphose ne s’est pas encore produite, bien sûr, mais je suis en chemin. En attendant, j'ai fait ce que les patients dociles font : occuper mon temps. Logiquement, j’ai fait mes gammes : j’ai copié Diego Velasquez, Johannes Vermeer et Eugène Delacroix.
C’était un projet d’enfance et le voilà désormais réalisé, c’est bien.

L'orpheline au cimetière“ d’Eugène Delacroix, étapes par étapes.


Première étape. Passage d’un jus à l’essence, puis, une demi-heure plus tard, passage d’une couche plus épaisse mais cette fois, j’utilise l’huile noire. Ça couvre bien et c’est agréable. C’est du “gras sur maigre“ et ça marche bien.
Deuxième étape.
Pour débuter, passage d’un jus à l’essence, laisser prendre, puis couvrir avec une demi-pâte diluée à huile noire et medium gel. Plus on laisse prendre avant de revenir et mieux c’est.
Plus les couches s’additionnent et plus le relief se module. Peu à peu, cette orpheline ne m’est plus tout à fait inconnue. À mesure que je pose le pigment, je me transporte dans cette année 1824 et dans le décor de ce cimetière. C’est une journée de printemps. J’entends les bruits alentour et je commence à percevoir, de plus en plus nettement, ce qui s’est passé cette journée-là. Je devine cette fille. Sa modeste condition, soumise et sans illusion. Sa solitude et sa tristesse aussi. Je sens l’émotion qui l’a envahie lorsqu’elle a posé pour Delacroix, le bourgeois des nobles quartiers et j’imagine les idées qui ont circulé dans son esprit pendant cette séance de croquis : l’illustre espoir d’être un jour célèbre. C’est ce que je suppose !…

Eugène Delacroix
Troisième étape.
Passage d’un jus à l’essence. Laisser prendre. Dans le gobelet : gel médium et essence. Ensuite, poser une demi-pâte. Laisser prendre. Poser des rehauts. Ça accroche bien. Travaille agréable. Possibilité de reprises si on attend assez longtemps. C’est l’attente entre les reprises qui est difficile à gérer….
Entre deux étapes, je caresse le support de la toile pour vérifier la siccativité de ma pâte, et, curieusement, c’est un buste que je touche. Je goûte maintenant à l’odeur aigre-douce d’un parfum. C’est une odeur de sueur, de vie, de soleil brûlant. J’ai envie d’aimer cette fille, de lui apporter mon soutien, lui dire des mots d’affection, d’amour aussi, pour la rassurer. Je veux surtout la faire sortir de son cadre et l’immortalité en hommage à sa beauté. C’est fou ! Je me demande à quel moment cette fille a pris conscience qu’elle serait célèbre ?…
Au-delà d’un stade, une fois le labeur de l’artiste dépassé, des portes s’entrouvrent. L’ouvrage devient fusionnel, c’est une inspiration, l’illumination. C’est peut-être ça, la grâce Divine… La puissance de cette émotion est très supérieure à toutes les peines du monde.
J’ai hâte de déposer, d’une touche finale dans son globe oculaire, l’éclat de la lumière céleste… Mais je me retiens !… Comme c’est difficile !
Quatrième étape.
Passage d’un jus avant de revenir dessus en demi-pâte. C’est terrible car j’ai l’impression de détruire le travail que j’ai fait. J’ai du mal à attendre le temps nécessaire. Comment retenir ma main alors que j’ai le sentiment d’avoir tout gâté ? Mon devoir maintenant est de réparer cette souillure !… C’est un impératif ! Le travail se fait au prix d’une bataille pour maîtriser le temps et mon geste.
Progressivement elle revient à elle, reprend vie. C’est encore mieux qu’auparavant. Plus vivant. Je l’entends. Cette jeune fille triste dit des mots imparfaits. Elle m’émeut et je la trouble. Elle ne sait plus qui aimer : Delacroix ou moi…. Désormais, Eugène et moi sommes rivaux. Je vais donner le meilleur de mon pinceau car je veux qu’elle n’aime que moi.
Y arriverais-je ?
Dernière étape.
Mon médium est peu dilué dans mon gobelet. Je l’emploie presque pur. Je ne sais pas ce que je fais : si j’améliore ou je barbouille…. J’ai peur. Est-ce le trac de mal faire ?… Non ! Alors c’est autre chose.
C’est fait, la voilà terminée et je suis sans mot. J’avais raison ! ce n’est pas le trac de mal faire qui m’a freiné, c’était autre chose : j’avais peur de terminer, car finir, c’est cesser de créer, d’aimer… de toucher. Accepter cette échéance, c’est accepter de ne plus donner, de ne plus recevoir, ne plus l’entendre, elle, cette jeune orpheline qui parle maintenant à mon cœur.
Elle me dit : « je suis une image du passé, depuis, j’ai vieilli et je me suis enlaidi, ensuite, fatiguée, j’ai quitté ce monde à la hâte et sans regret car je suis éternelle. »
Elle ment pour tempérer ma tristesse, pour me remercier. Elle est mon œuvre de mon ouvrage, ma Muse, et c'est à moi de la remercier !

dimanche 25 octobre 2009

En Attendant Minuit…

Pour Juliette, Jean-Marc, Philippe, Aurélie, Claude, Richard, les Christophe(s), Benois, Nicolas, Véronique, et tous ceux qui avaient des occupations… ou qui n’en avaient aucune et qui ont oublié, ou qui… (connement), n’ont pas la télé (comme moi) et qui, maintenant, veulent voir les images de : en attendant minuit. Les voilà…


EAM

Merci à Sabrina Seddiki, à Marine Dejean de la Batie et à 909productions.tv

mardi 20 octobre 2009

Moi, nous, vous, eux… et les autres.

Pourquoi faut-il toujours se foutre à poil ?…


Chatou 2009

Quel a été mon plus grand plaisir pendant ce marché d'art ? Retrouver des visiteurs rencontrés lors d'autres foires, et notamment, à la foire de Paris. Ils m'ont reconnu. Cool ! Avec les mois, l'idée d'avoir mon travail sur leurs murs s'est formalisée. Maintenant, ils l'on matérialisé puisqu'ils ont emporté des reproductions. Comme quoi… !

mardi 13 octobre 2009

Renaître demain

Acte I. L’arbre devant ma fenêtre danse comme une algue marine dans un courant océanique. C’est le vent turbulent d’un orage qui approche et que les branches épousent. Si elles plient, indisciplinées, c’est parce qu’elles ont peur de se rompre. La vie est forte pour résister à de si puissantes attaques, ingénieuse, prodigieuse.

C’est le fracas violent d’un taffetas qui éveille ma curiosité et je sors sur mon balcon. Par envolées successives et désordonnées, comme pour fuir un ennemi, des grappes de feuilles s’échappent de la tignasse rebelle. On dirait des colombes en déroute qui s’envolent vers le gris des toits. Et puis, bien au-dessus, le ciel contraste un gris de plomb presque noir avec des volutes ventrues d’une blancheur de lait. On dirait mille ventres sur le point d'accoucher d'une portée de diables terrifiants.

Acte II. L’éclair photographie Montmartre et son grondement lui fait cortège d’Est en Ouest, rapidement. Et puis, d’un coup plus bruyant que le tonner qui les a précédé, une fusillade de gouttes martèlent le sol. C’est à couper le souffle. Deux arcs électriques communient dans la masse grise comme si le ciel et la terre avaient pactisé l’apocalypse…. Le tonner vient de me figer dans la pierre !

Je suis seul, debout sur mon balcon, exposé aux souffles de bourrasques et je suis surexcité. À l’abri de mon rocher je me prends pour un prédateur. J’ai l’œil vif et le cœur vaillant, prêt à fondre sur la première proie. C'est ce que je ferais sans attendre, oui, à la première clémence du ciel.

C’est un décor de tragédie où Dieu et Diable se disputent le terrain dans un effroyable face à face. Rien n’y est de trop. Tout est subtil et violent, logique et désordonné, graphique et abstrait, nuancé et contrasté, changeant, figé, terriblement sécurisé, sans danger. Pourquoi suis-je tant excité par ces forces apocalyptiques ?

Acte III. Je le sais, je le sens. Je vois maintenant s’éloigner les cavaliers du chao dans les coups d’éclairs qui colorent d’éphémères auréoles roses la nuit qui domine encore.
C’est grandiose ! Maintenant je veux rouler mon corps dans cette nouvelle vie, rincée et propre. C’est la chance d’une renaissance : celle de me débarrasser des décombres de mon passé. Mes poumons inhalent l’humidité à un rythme inhabituel, mon cœur cogne et c’est bien.

J’ai le cœur à faire la fête, danser, rire et patauger, débrider ma folie, lâcher prise. Je veux ouvrir la bouche et manger la pluie. Je veux m’enivrer des parfums de cet orage. Merci. Je veux crier aussi fort qu’il m’est possible de le faire. Et puis, enfin, abattu, quand l’eau m’aura lavé de toutes mes défaites, je veux tomber à genoux dans les courants des caniveaux et prier pour cette promesse de jour nouveau qui viendra demain….

Ce n’est plus le crépuscule, c’est la nuit noire : celle qui appartient au silence de mes phrases.

L’air de la nuit est trop frais pour un été qui vient de mourir. Dans l’atmosphère de cette lutte, je distingue encore l’odeur de l’été et de l’hiver confondu dans la symbiose d’un cri d’amour. C’est comme si j’étais à la croisée d’un chemin… Je le suis… Je le souhaite…, l’espère. Je veux renaître demain.

mercredi 30 septembre 2009

Stage de peinture

S'ils faisaient leurs premiers pas, c'était pour moi aussi une première. Allais-je être un bon professeur ?… Le cœur y était et la volonté aussi ! mais la connaissance serait-elle suffisante….


Stage de peinture

Un testimonial en trois actes. 2'30" pour résumer 36 heures d'études, c'est bien. En tout cas, suffisant pour se faire une idée. L'important, après tout, c'est d'aboutir à un résultat motivant et je crois que nous y sommes parvenus. C'est ce qui importe.

mardi 4 août 2009

Empreintes latines à la galerie BastilleTV.

BastilleTV '"Ma première rencontre avec ces artistes remonte à mon émission : BLABLA WilSON. J’offrais alors à mon public mon intérêt pour les visions que donnent les artistes du monde contemporain. Qu’ils soient plasticiens, littéraires, auteurs, compositeurs et interprètes, chaque rencontre est une mine d’idée nouvelles. Cette ouverture apporte un contenu nouveau à mes émissions car ces artistes, de part leurs horizons divers, éclairent l’actualité de réflexions créatrices et nouvelles. C’est toujours un plaisir de réunir Ricardo, Juan et Hector avec lesquels, cette fois encore, nous allons laisser sur l’actualité l’empreinte d’une vision pluriculturelle et globale. C’est pour les artistes et le public qui regarde BastilleTV, que j’ai fondé les bases du projet de cette galerie BastilleTV. C’est aujourd’hui fait : BASTILLETV, est une galerie d'art depuis laquelle est diffusée une télévision en streaming sur le net."''
Willson Claude Balda : Bastille TV.

mercredi 1 juillet 2009

La Fille d'Océan Drive

Le soleil qui illuminait ma vie venait de se voiler : celui qui brille au zénith, qui réchauffe les jours présents et qui donne un sens au futur. L’obscurité d’une nuit intérieure s’était installée, solitaire, sans partage, sans amour et sans projet, pas même la lueur d’une quête nouvelle. Sans repère et sans bâton, l’homme fort que j’étais est devenu une proie facile à duper, fragile et en grand danger. Chaque carrefour est devenu un piège. Mes sommeils et mes repos étaient impossibles. Chacun de mes pas se faisait dans l’effort d’un désespoir à porter. Chaque décision était prise dans l’inconfort de l’insécurité et l’obstacle de l’ignorance. Pourtant, j’ai marché et j’ai décidé. Je devais fuir. Partir vers l’occident pour trouver le réconfort d’un soleil nouveau. C’est dans cet état que je suis arrivé sur Océan Drive, à Miami. C’était un jour de juin. Il était cinq heure du matin. J’étais seul et je n’avais pas sommeil.

Je marchais lentement, presque titubant, désorienté d’avoir couru vers l’occident pour y trouver le soleil. Je n’avais pas de but, sauf celui de rester là quelques semaines. Je n’avais rien d’autre. J’étais sans savoir, étonné d’être là, abruti. J’avais décidé de fuir et j’avais fui ! mais je n’avais rien perdu, rien quitter, rien trouver : j’étais toujours moi, comme hier…, pire même, puisque j’étais maintenant fragile dans un monde inconnu.

La Fille d'Océan Drive
Au-dessus de moi le ciel menaçait d’exploser d’un instant à l’autre. D’immenses cumulus gris se dessinaient dans un ciel encore sombre. Et puis, lentement, au rythme de mes propres pas, la sphère rougeoyante du soleil s’est levée sur l’Atlantique. Ses rayons ont gobé l’océan. Ils ont transpercé l’armé de cumulus de javelots roses, rouges et violacés. Ils ont ensuite incendié les palmes du bord de mer, puis frappé les hôtels art déco d’une lumière colorée de pastel tendre. Défiant l’orage qui menaçait, je me suis senti bien, nouveau, et je me suis immobilité pour m’offrir tout entier à cet office.
J’ai accueilli le réveil de ce nouveau monde et j’ai su, dès cet instant, qu’un autre amour allait prendre racine en moi ; qu’il allait s’épanouir pour redonner des perspectibes à ma vie. J’en étais sûr, un amour possible ou impossible allait bientôt engloutir le passé. Et qu’importe si cet amour ne serait que l’aliment d’une illusion. J’étais prêt à m’y noyer corps et âme car l’important, finalement, n’est-ce pas la quête de l’amour glorieux ?
Comme moi, La fille d’Océan Drive avait les yeux tristes d’un amour perdu mais lorsqu’elle regardait le soleil, il y avait de l’or dans sa tristesse….

mardi 26 mai 2009

Il en faut…

S’il faut du courage pour faire une chose qui sorte de l’ordinaire, il en faut encore plus pour défaire cette chose et recommencer. Faire, défaire, et refaire encore, inlassablement, pour s’améliorer toujours, au prix d’une vie : de sa propre vie, c’est tuant.
Pour me distraire de cette pensée, ou plutôt, pour alimenter mon raisonnement d’autres points de vue, j’ai cherché des soutiens et c’est dans un discours de Jean Jaurès que j’ai trouvé, éclatante de vérité, la meilleure définition du courage. Comme à mon habitude, j’ai tronqué le texte mais je vous livre les plus beaux extraits.
Ce discours à la jeunesse, Jaurès l’a prononcé le 30 juillet 1903 au lycée d’Albi. C’est une pièce maîtresse, un morceau d’art pur, une symphonie intemporelle, et il a sa place dans ce blog en préambule à l’œuvre que je présente. J’espère qu’il vous nourrira comme il m’a nourri.

{{"…Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli….
… Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale….
… C’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails…
… Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques…}}

Couple

Dire que ce texte est approprié à l’œuvre présentée ci-dessus est nécessaire. Je sais, vous vous demandez quel est le rapport avec le courage. Le voilà : j’ai détruit cinq fois cette toile et je vais la détruire encore. Pourquoi ? Sur le moment, on ne connaît pas toujours les raisons et les causes exactes qui conduisent à réaliser tel ou tel sujet. Pour celui-ci (et je ne l’ai compris que récemment) je cherchais inconsciemment à matérialiser sur la toile la fusion d’un amour. L’idée est bonne ! Oui, mais l’idée était éventée car l’amour en question n’était plus. Cet amour se mourrait, et tenter de le retenir a été ma faute. Je l’admets, je me suis enferré dans ce mensonge et Je n’ai pas réussi cette œuvre. Normal. Maintenant j’y vois clair et c’est pourquoi j’ai scellé son sort. C’est sans regret que je vais la livrer au cutter. Peut-être qu’avec le temps, un autre amour peut-être, j’y reviendrai. Je ne sais pas.

mercredi 15 avril 2009

Sur les crétins

C’est peut-être crétin d’avoir pensé à cette rubrique. Je ne le sais pas. Je n’ai pas le recul nécessaire pour le dire. Mais si je ne le fais pas, si je ne m’expose pas, alors, comment le découvrir ? On ne peut pas prendre du recul sur un truc qu’on a pas fait ! penser que oui, c'est crétin ! Non, j'me trompe ?

Comment reconnaître un crétin ?

Si vous trouvez un crétin dissimulé sous une vertu, c'est que vous avez mis la main sur un crétin intelligent. Mais attention, car un crétin qui fait l’intelligent est très dangereux !

On trouve beaucoup de crétins à l’ombre des puissants, mais ces crétins-là ne savent pas qu'en vivant à l'ombre des puissants ils ne font d'ombre à personne. Ce sont juste des tâches dans l'obscurité.

Dites une chose intelligente à un crétin, et après réflexon, il vous répondra : « Elle est de qui cette phrase ? »

Un crétin ne pose pas de questions lorsqu’il n’a pas compris : il trouve que c’est suspect.

Un crétin trahit pour le profit d’une source sans voir que sous ses pieds coulent des rivières.

Un crétin tire de la gloire à faire souffir ceux qui lui demandent de l'aide.

Un crétin optimiste aborde avec assurance les choses dont il ignore tout.

Un crétin ne doute de rien parce qu'il n'écoute que lui même.

Le problème des jeunes crétins, ce n’est pas qu’ils soient jeunes, c’est qu’ils ne savent pas qu’ils le sont.

Il est impossible à un crétin d'avoir une opinion juste des autres parce qu'il préfère l'assenceur à toutes échelles de valeurs….

On peut se tromper sur un crétin qui travaille, jamais sur un crétin qui dépense son argent !

Un crétin accepte la muselière alors qu’il n'a rien pour protéger son cul !

Le niveau d’un crétin se mesure au niveau de ses revenus. Plus son revenu est élevé et plus il se sent fort, plus il est estimé, écouté, envié, rassuré… et plus il est crétin.

Un crétin vit dans un tourbillon d’égoïsme le temps d’un ou deux étés. Ensuite, à l’été suivant, un autre crétin remplace le premier. Que devient le premier ?… Il passe le reste de sa vie à payer les excès de ces étés… mais cette fois, en famille !

Le génie se confond souvent avec la maladresse des crétins. Le mal des génies, c’est qu’ils leur faut vivrent entouré de crétins et considéré comme tels !

L’intelligence doit se tenir à l’écart des crétins, car lorsque ceux-ci sombrent dans l’abîme qui se forme, tôt ou tard, sous leurs pieds, ils entrainent du monde dans leur chute.

Le crétin, comme le traître, est armé pour trahir, pas pour être trahi et c’est sa faille.

mardi 7 avril 2009

Mets de l'huile

Lorsque je retrouve Claude, j’ai envie de l’enlacer de mes bras afin de lui témoigner mon affection, et si je ne le fais pas, c’est parce que ma tendresse est si grande (moi si fort et lui si frêle) que j’ai peur de le casser en deux. Cet homme m’est précieux, si fragile physiquement et si puissant intellectuellement, si généreux aussi. La simplicité de sa nature me trouble et je l’aime pour ça.
Pourquoi cette entrée en matière à propos d’un presque inconnu du public ? Tout d’abord, sans cet homme, ces lignes n’auraient aucune valeur. Elles en ont. Au point d’affirmer que l’enseignement de cet homme est inestimable. Ensuite, l’affection entraînant l’affection, j’espère que vous l’aimerez, comme moi. Soit comme artiste peintre, soit comme homme de science ou historien, peu importe. L’important, c’est de le connaître.
Claude Yvel a écrit deux livres. L’un sur la peinture à l’huile, l’autre sur les techniques à l’eau. Vous pouvez trouver ces ouvrages aux Editions Edisud.

Beaucoup de livres méritent de finir broyés sous le pilon des invendus, ceux de Claude Yvel ne se perdront pas, croyez-moi, et j’encourage tous les artistes peintres à se les procurer.
Avant d’aller plus loin, une petite précision : je n’ai pas l’intention d’écrire un long chapitre sur les techniques de la peinture à l’huile, ni sur les interdictions ou les raisons qui ont mené tel ou tel fabricant à choisir une huile plutôt qu’une autre pour broyer les pigments. Si vous voulez approfondir le sujet, lisez Claude Yvel et les autres…. Personnellement, je ne suis qu’un relais et cela me convient tout à fait.
J’aborde maintenant le sujet de ce billet qui concerne les huiles à peindre. J’ai pressé Claude de répondre à une question essentielle : quelle huile le peintre doit-il utiliser ? et lors de nos échanges, nous avons procédé, ensemble, à des expériences sur les huiles siccatives : huile de lin, huile de noix, lithargée ou crue et le test réalisé est tellement brillant qu’il mérite d’être exposé dans tous les manuels de peinture. Le voilà… :

Deux huiles
… Il se passe de commentaire, mais je n’y résiste pas. Quelques mots pour illustrer ce document. Nous avons déposé de petites touches d’huile sur un papier buvard. De gauche à droite : huile de lin, huile de noix crue, huile de noix cuite à la litharge (huile noire) et une autre huile de noix crue (d’une autre provenance).
Le test saute aux yeux. L’huile de lin est jaune, celle de noix est plus blanche. Quant à l’huile de noix cuite à la litharge, elle est éclatante ! Désormais le peintre sait quelle huile utiliser ! Le problème réside en ceci : les produits au plomb sont interdits à la vente ! Mais ne désarmez pas. Demandez (et insistez s’il le faut !) et vous serez écouté. Personnellement, j’utilise de l’huile de noix cuite à la litharge, ainsi que du blanc de plomb. Tenez, voici un autre document que je vous invite à lire et qui est, lui aussi, excellent dans sa tenue et par la richesse de son exposé : Recettes pour une meilleure peinture à l'huile par Jean-Charles FUMOUX ancien élève de Robert Mermet, restaurateur de tableau et professeur de peinture.
Pour finir, une autre petite image pour la distraction.

Mélange d'huile

Cette fois, nous avons (Claude et moi) mélangé les huiles pour voir leur interaction. Regardez bien ! Vous voyez nettement l’influence de la litharge sur l’huile de lin et l’huile de noix. Dans les deux cas, la litharge éclaircit les huiles.
Un truc a savoir : la plupart des œuvres exposées au Musée du Louvre ont été peintes avec de l'huile de noix cuite à la litharge et du blanc de plomb. Aujourd'hui, le monde entier admire des oeuvres créées quatre siècles plus tôt et qui ont gardé toute leur fraîcheur. Est-ce un vœux pieu que d’espérer que les œuvres d’aujourd’hui tiennent les promesses de celles du passé ?
Ceci est une note amicale à l’intention des conservateurs, des industriels, du législateur et du secrétaire d’Etat chargé du tourisme.

Bonne réflexion, bonne lecture et excellente peinture à tous….

jeudi 12 mars 2009

Un peu de technique

Il m’arrive quelquefois de noter les différentes étapes de mon travail. Sur le plan technique et sur le plan émotionnel. C’est un exercice très instructif que je conseille à tous les peintres. En relisant ses notes on apprend beaucoup sur soi-même.
J’ai retrouvé le texte ci-dessous et je vous le présente. Je sais ! il ne s’adresse qu’à une toute petite quantité d’individus. Seuls les peintres qui ont un peu de technique pourront l’apprécier à sa juste valeur. Ce texte sera donc obscur pour les autres. J’en suis désolé.

Grappe,Orange,Bananes

J’ai acheté une toile grasse préparée avec un fond gris que j’ai monté sur un châssis.

Première couche. Je passe ma couleur en jus à l’essence de térébenthine. J’ai dégraissé les couleurs au préalable. J’utilise du blanc de plomb que j’ai dégraissé et auquel j’ai ajouté huile noire et huile crue à 50/50.
Ok. Rien à dire sur cette première étape.
Deuxième couche. Même préparation pour les couleurs, c’est important. Dans mon gobelet j’ai mis du médium gel et de l’essence de térébenthine, pas trop de médium. Les volumes commencent à monter dès cette couche. C’est bien.
Sec au touché au deuxième jour. Une accroche persiste encore au passage du doigt. C’est sans doute dû au blanc de plomb qui est broyé (m’a t’on dit) à l’huile de tournesol crue.

Détail Oranges
Reprise. Cette fois, et afin que le blanc siccative plus vite et mieux, j’y mélange uniquement de l’huile noire. Dans le gobelet, j’utilise le même médium que précédemment. Mes couleurs sont toujours dégraissées. Travail agréable. Les volumes se présentent bien. Sur cette couche, la matière accroche bien. Elle se fige vite et c’est sans doute parce que les fonds absorbent huile et résine. Cool !
Reprise deux jours plus tard. Même préparation des couleurs et même mélange dans le gobelet. Je passe un jus grossier (pigment) et j’attends une trentaine de minutes avant de reprendre. Oui, c’est difficile, j’éprouve des difficultés (j’en éprouve toujours) mais le travail avance dans un sens que j’aime et c’est bien. Je pense que je vais aller plus loin….
Détail Bananes Deux jours plus tard, je reprends. Même préparation pour les couleurs. Pour le mélange du gobelet, je mets d’avantage de médium gel. C’est un mélange plus gras qui rend les couleurs transparentes. Il faut donc que les fonds soient à leur place. À ce stade, et c’est sans doute dû à l’addition des couches, la matière prend vite. C’est agréable. Bon travail, mais je ne suis pas encore satisfait. Je veux aller plus loin.

Je fini avec des glacis. Même préparation pour la pâte. Pareil dans le gobelet. Sur la palette j’ai posé du médium gel que je mélange à mes couleurs de glacis pour les rendre très transparentes. Là, on peut corriger la teinte et revenir en rehaut par dessus. C’est cool ! J'arrête là !

lundi 9 mars 2009

En hommage aux mecs bien.

Merci à toi, Dita, pour m’avoir fait découvrir ce texte publié dans : Les Hommes. Je l'ai emputé de quelques phrases, j'en ai modifié, j'y ai ajouté des mots à moi, et j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas. Je n'ai fait que rebondir sur ce qu'il a écrit. Son texte, mêlée au mien, mérite d’être publié et republié en hommage de tous ces mecs qui….

Les mecs biens finissent derniers

Pour chaque mec qui à la trouille de lui faire mal.
Qui lui dit «Tu es belle » quand elle se sent moche,
Qui n´est jamais trop occupé pour courrir vers elle,
Qui lui construit un temple pour l'abriter une heure,
Qui lui dessine des fleurs pour ensoleiller ses ennuies,
Qui dit qu´il mourrait pour elle… et qui le ferrait vraiment.
Qui sait ce qu´elle désire avant qu'elle le sache elle-même.
Qui lui tienne la main en toute occasion,
Qui l´embrasse sans attendre d'amour en retour,
Qui l'enlasse déraisonnablement sans autre projet,
Qui lui donne sa peau pour la protéger des bessures de la vie,
Qui l´appelle pour s´assurer qu´elle vit sans lui… alors qu'il meure sans elle.
Qui attendant des heures pour la voir, même si ce n'est qu'un instant.
Qui n'a d'autre priorité qu'elle,
Qui se coller à elle pour lui confier ses faiblesses.
Qui croit plus a ses rêves qu'elle n'y croit elle-même.
Qui fait tout pour qu´elle puisse les réaliser.
Qui souhaite son bonheur…, même si c'est avec un autre.
Qui a pleuré devant elle,
Qui l´aime…, même si elle lui a brisé le coeur.
Pour chaque mec bien…, merci.

jeudi 5 mars 2009

J'ai marché sur la nuit.

Je voulais sortir d’une ornière sentimentale et j’ai vu dans ma dérive Parisienne la seule issue de ma délivrance. Ce fut vainement. J’ai trébuché à chaque pas, et jusqu’au petit matin, sur l’ombre de moi-même. J’ai vu le pont Royal. Il m’a sacré en faisant peser sur mes épaules le poids d’un mentaux si lourd que j’en suis tombé en génuflexion. Le pont de la Concorde m’a fait croire un instant que ma peine était partagée par d’autres et le pont Alexandre III a soutenu mon cœur malade lorsqu’il s’est souvenu que j’y ai vomi en souvenir d’elle. Quant au pont des Invalides, il m’a accueilli en camarade et je suis resté là le temps d’un dernier alcool entre naufragés.

Don y Dona Carlo
Je viens de rentrer et mes jambes sont meurtries par tant d’efforts. Mes épaules ne supportent plus le poids de tant de mélancolie et mes pieds sont brûlants par tant de pas. La nuit est passée et le jour pointe vers sept heures du matin.
Je sais, ma belle, que tu es dans ton plus profond sommeil et je vais m’aliter, moi aussi. Et pour canaliser la rébellion qui gronde encore en moi, je vais rêver d'une nouvelle quête comme si la nuit n’avait pas filé sans la nourriture d'une l'illusion… Et voilà que mon rêve vient.

Duerme

J’embrasse ta gorge par la droite comme pour te dire un secret. Un baiser sur ta jugulaire, à un pouce au-dessous de ton oreille, là où j’ai toutes les chances de me perdre : dans la broussaille de tes cheveux. Là où j’ai toutes les chances de m’enflammer : dans les effluves de ton parfum. Là où j’ai toutes les chances d’atteindre ton cœur et de m’y noyer : par cette veine qui y va sans détour.
Je suis si fatigué…

Mes opportunes amitiés

C’est Net, les gens qui m’aident en écrivant un article sur mon activité ne sont pas seulement dans mon cœur. Je leur réserve une place dans cette Opportune catégorie. En effet, c'est très Net, nous avons tous à y gagner. C'est l'esprit qui m’anime : nous soutenir.

Merci Jean Pierre pour ton Neoplaisir.com,,
Merci Dita pour le lien sur ton blog,

mardi 27 janvier 2009

Nourrir la partie immergée de l’iceberg….

L’expo à l’espace Commines est terminée. C’était une belle expo, visitée et appréciée du public. Un petit succès. Un autre. Quant au livre, il se vend bien. Il est aujourd’hui en cours de référencement à la Fnac. Il est à la librairie de la Hune, celle d’Arcurial, au musée de l'érotisme. Il vogue sur des courants chauds et porteurs et c’est bien.
Et pour moi, qu’en est-il ? Quelles ont été les retombés ? Je ne sais pas. Trop tôt. Pour l’instant, en tout cas, j’ai l’impression de nourrir la partie immergée d’un iceberg. Logiquement, chaque événement fait progresser la partie visible, mais peu à la fois, et comme j’ai les yeux rivés sur cette partie j’ai le sentiment que mes efforts sont sans effet. C’est l’ado qui est en moi !
Je constate toutefois une nette progression sur ce blog et mon site. Les visites sont plus fréquentes et c’est un encouragement. Alors continuons. À force d’efforts répétés, le petit glaçon sur lequel je me gèle le cul deviendra un grand iceberg. Pourquoi pas ? Je pourrais alors me tenir debout sans crainte d'y édifier, enfin, mon iglou. J'aurai alors atteint l'idéal : avoir le cul au chaud !…

Je n'ai pas de photo, mais j'ai réalisé un petit film pour l'occasion. Vous pouvez le visionner sur le site Art du Nu (vidéo) et si vous aimez l'idée, acheter le livre

mardi 16 décembre 2008

Sur Le Livre Art du Nu et Autres sujets

Ai-je trouvé les mots, les bons ?

jeudi 11 décembre 2008

La lie des vins est amère.

Ce texte est plus qu’un texte. Il est un tableau, mille, le patrimoine des artistes. Il est un et multiple, coloré comme le sont mes œuvres et posé sur une solide armature. J’aimerais dire, et en y croyant du fond du cœur : qu’il est une œuvre. En tout cas, ce que je sais avec certitude, c’est qu’il a illustré, à l’heure où je les ai écrit, l’humeur de mon âme. Il trouve donc sa place ici.

Descanso

Les mots que mon amour adultère dépose dans mon cœur pénètrent mon âme jusqu’au plus intime de moi. Ils sont un sirop. Lorsqu’ils s’articulent en grappes sonores, sur ses lèvres, c’est pour colorer l’instant présent des preuves d'un immense amour pertinent et pur. Immédiatement, ces mots se transforment en vapeurs alcoolisées et ils m’enivrent de vertiges bien plus délicieux qu’une ivresse. Dans ces moments de grâce, je suis nu et sans défense et je ne veux rien d'autre au monde que cette nudité intégrale.
Mais ces amours-là n’ont pas la vocation de nidifier. Mon âme le sait. Elle entrevoit cet éphémère mensonge et elle se donne sans réserve et d’autant plus sincèrement qu'elle en présent la funeste destinée. Ensuite, lorsque mon amour adultère guillotine le temps par son départ, les mots qui ont bâti, l’instant d’avant, des temples d’illusions se vident de leur sève.

Une fois la source asséchée, je reste seul et endeuillé dans le vide de l’absence. Alors, l’ivresse tourne et se transforme. La chimie fait virer les sucs en venin. Très vite, je contemple mes mains servantes avec lesquelles j’ai bu ce poison jusqu’à la lie et le cauchemar fait échos au vide. Je suis en manque. Une terrible oppression enserre ma poitrine, une âpreté sans pareille m’inonde le cœur et les relents nauséeux des instants vécus viennent dégoûter mes sens, tous mes sens.

Je hais maintenant ma faiblesse et ma dépendance pour cet amour adultère. Je sais, même si le terreau est fertile, les amours adultères ne produisent pas de bons fruits ; juste le fruit amer des trahisons. Alors je m’insulte d’avoir confondu sirop et venin et je prie pour que mon cœur empoisonné ne cesse de battre, qu’il ne me lâche pas, qu’il continue, comme il l’a toujours fait, à prendre soin de mon honnêteté amoureuse. Mais le combat est rude. Ma vie désire amputer la partie de mon cœur malade. Elle veut donner une chance de renaissance à la parcelle incorruptible. À genoux, ma raison me supplie d’accepter l’idée. C’est ma seule chance de survie !….
Que feras-tu sans moi ? Voilà ce que l'écho de mon amour adultère répète et je l'écoute. Quel goût aura ta bouche sans la saveur de mes baisers ? Par quel autre poison couvriras-tu les vertiges du poison de mon amour ?… Il a raison ! A quoi bon vivre sans ivresse ? A quoi bon survivre ?…

Don Luis

Je tombe, et ce n’est qu’une fois à terre, dans un état fœtal, que j’entends les mots que cœur répète sans arrêt. C’est avec tendresse et sagesse qu’il vient, avec patience, restaurer ce qui reste de moi. Il me dit qu’à la prochaine occasion, qu’à la prochaine visite de mon amour adultère, c’est de toute mon âme, le cœur offert et sans réserver, à vif, que je m’enivrerai, prisonnier au poison de ses mots.
Il a raison.

lundi 8 décembre 2008

Hommes

Mes contemporains hétérosexuels auraient-ils peur de savourer ces mots : buste, pectoraux, poitrail, thorax ou tronc ?…

Buste5
Aucun doute là-dessus, et j’affirme même qu’ils usent d’avantage, et avec beaucoup plus d’appétit, ces derniers : décolleté, gorge, mamelles, nichons, seins, ou encore, roploplos. C’est bien naturel et c’est hypocrisie de dire le contraire.
Toutefois, c’est aussi une hypocrisie d’affirmer qu’ils sont insensibles à la beauté d’un buste masculin. L’œil ne trompe pas.
Buste4

C’est normal d’être sensible à la beauté, sinon, pourquoi les Académies des Beaux Arts auraient imposé le thème du nu masculin aux élèves en fin d’études….
C’est vrai, je parle d’une autre époque, différente, ni mieux ni pire, seulement différente quand il faut aborder l’anatomie du corps et la nudité…

Las Alas de la Soledad

Las Alas de la Soledad
Dans le futur, elle se nommera Soledad, mais son nom actuel est : Las Alas de La Soledad (Les Ailes de La Solitude). C’est joli, mais pourquoi ce titre alors que d’ordinaire la solitude est vécue comme une épreuve d’enfermement sans issue. Jeu de mots, goût du paradoxe ? Un peu des deux, mais ma motivation première est celle-ci : a force d’espérance et de volonté, il arrive que le cours de la vie vienne contredire les pronostiques de la solitude, et dans ce cas, c’est une libération, un envol, qui dessine des projets bien au-delà de l’enclôt imposé par la solitude.
Las Alas de la Soledad
Dans le futur, j’en suis sûr, Las Alas de La Soledad, subira ma paresse verbale et elle prendra le nom, plus simple, de Soledad. Mais pour l’instant et à l’heure de sa naissance, pour l’histoire aussi, je souhaite lui donner ce nom : Las Alas de la Soledad, car tout en elle évoque ces deux émotions à la fois : Solitude et Renaissance.

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