Ricardo Casal

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mardi 15 novembre 2011

La Bête est là qui guette.

Bourgeois gâtés que nous sommes, nous les Européens nés après guerre ! Gavés d’une culture polie jusqu’à l’extrême, superficielle et tournée sur elle-même. L’histoire nous a vernis d’une chance extraordinaire qu’on nomme les trente glorieuses. Si éclatantes qu’elle nous a aveuglée. Une chance ? Pas vraiment. Cette chance nous a légué la malchance en héritage. Voilà la cécité qui prospère, l’égoïsme, l’individualisme, et, pire, le mépris pour ce qui n’a pas, selon les codes de valeurs établi par ces années, réussi à s’engraisser d’une richesse matérielle.

Est-ce cela que nos parents, ceux qui ont fondés les règles de notre système de valeur ont voulus nous enseigner ? Non, assurément. Nous avons ignoré le message essentiel de leur expérience passée et nous voilà ruinés, stupides. Nous avons failli en tout. Notre mépris des autres est une insulte à l’enseignement philosophique et aux règles de bon sens qu’ils nous ont léguées.

Maintenant que nous avons ruiné nos chances, je souhaite que notre cœur redevienne ce que je crois qu’il est par nature : sensible et compatissant, intelligent et attentif, voilà mon souhait. Et s’il ne l’est plus, il faut le rééduquer. Pour cela, il doit retourner aux sources du passé et s’exposer aux misères humaines comme nos parents l’ont été. Ces misères qui désarment l’esprit le mieux armé, blessent mortellement nos organes vitaux, éclatent nos concepts les plus solides et biens rodés, en éparpillent les restes en nous amputant de nos certitudes, de nos familles, de nos amis, sans que l’on puisse y remédier. N’en doutez pas : être exposé à ces misères humaines est un séisme. Le travail de reconstruction est là, devant nous. Un séisme s’est produit et tout est à faire maintenant : renaitre.

Quel dommage d’en être arrivé là. Le constat qui suit est dure mais tellement vrai. Oui le confort matériel est fatal à la santé mentale. Et oui, la misère nécessite des soins permanents que seuls les peuples évolués, éduqués et lucides, compatissants et généreux, intelligents, peuvent prodiguer. Il faut trouver l’équilibre, sans quoi, ces misères, tel un virus, contamineront toute chose visible et invisible, forte ou faible, et de ruines nous irons vers des désastres.

Ces ruines dont je parle, sont là, partout, écrites dans les livres d’histoire, véhiculées par la mémoire des cachots, physiquement visibles au coin d’une rue. Elles nous enseignent que la vie se corrige à chaque pas, et que, pour cela, il faut rester attentif. Acceptons cela. Revenons aux sources, à ce que nous sommes : des être humains intelligents, où mourront comme des bêtes sauvages sous la dent d’un prédateur plus cruel encore. Un prédateur qui peut être notre plus proche parent. Non, je n’exagère pas, le crime est partout présent, tout autour de nous, dans chaque foyer, au cœur de chaque culture, prêt à contaminer l’esprit le plus sain, l’avilir, le rendre pire que la bête.

Prenons garde, nous, les populations qui ont reçu un savoir, et veillons à ce que cette maladie de l’âme qui se nomme : cécité, ignorance, égoïsme, cupidité, ne nous fassent oublier l’essentiel dans l’enseignement de nos parents : être attentif au bien être de nos semblables, surtout s’ils croient dans la misère. Sinon nous subirons encore de nombreuse fois, génération après génération, tout ce qui concorde avec le crime et châtiment du crime commit, et l’humanité disparaîtra définitivement de nos cœurs… et de la terre.

lundi 29 août 2011

Mon crayon perd la mine : il cause…

L’une des choses que mon crayon m’a dites, c’est que l’erreur et la faute viennent toujours de l’ignorance, et que, pour se corriger, il faut accepter sa propre ignorance ! Et encore : que l'inutilité le laisse dans une torpeur dépressive, en danger. Sans lui, je sais que rien n'est possible : aucun projet ! Alors, comme je sais qu'il souffre de ne pas exposer à la critique les projets dont il est un ouvrier besogneux, je suis toujours à la recherche d'un moyen de le satisfaire… C'est important et je lui obéit au doigt et à l'œil. Je cherche, interroge, imagine comment le satisfaire, saisit les opportunités qui se présentent et les exploite au mieux. C'est comme ça qu'est né le projet de mes FIGURES : en causant à mon crayon !.

Emailing Soirée Sofitel
L’ouverture du Sofitel de Hua-Hin a été marquée par une grande réception en 1923. A l’époque, il n’y avait rien : juste une gare, un golf et le Railway Hotel pour les clients du golf. Depuis, il est devenu le Sofitel. En 2011 il fête ses 88 ans, et lorsque le Général Manager m’a demandé si je pouvais réaliser 88 portraits pour les exposer à la soirée commémorative du Railway Restaurant (le restaurant principal), j’ai répondu avec empressent : oui ! Ensuite, il m’a fallu tenir le défit : trouver 88 modèles locaux, les dessiner, et organiser cette soirée. Trois mois de travail et voilà, c’est fait ! Nous sommes à quelques jours de cette soirée et tout est prêt. Fait. En place….

jeudi 17 mars 2011

Mon Cher Mécène

J’ai décidé de partir, d'installe un atelier en Thaïlande, à Hua-Hin, et tu me demandes pour quelles raisons.
Je vais répondre, mais l’exercice est difficile. Dire ce que l’on a sur le cœur n’est pas chose facile, y mettre de l’ordre non plus. Surtout lorsque celui-ci est confus, nourri d’espoirs et d’illusions. Comment faire le bon examen et apporter la bonne réponse ? Comment savoir si j'analyse les véritables raisons de mon départ ?
Blâmer le monde dans lequel je vie ? Ma ville, mes amis, mon activité, ma société et son cortège de crétins est une chose facile. M’appuyer là-dessus pour expliquer mon départ, non. Me blâmer moi-même ? Ca aussi c'est facile.

1erdeCouv

Alors quoi ?
L'aveux suivant constitue un bon début : je n'envisage pas (plus) de m'accomplir complètement à Paris. Au moins, cette explication est une bonne raison pour envisager un départ. Mais ce n'est pas la seule raison. J'aime l'aventure, la nouveauté, la découverte.

L'aveu de cet échec, combiné à mon désir de nouvelle quête donne du sens à ma décision. Personne n'est responsable, ni moi, ni les autres en particulier. Nous le sommes tous globalement ! Paris n'est pas assez fertile pour développer mon activité alors je pars sans savoir si ce que j'ai projeté ailleurs sera meilleure. A l'instant où j'écris ces lignes c'est encore un mystère.
Rédactionnel Je suis à quelques jours du départ et l'anxiété me gagne. Que deviendra ce projet ? Quelque chose d'inattendu, de différent…. Nouveau, je l'espère.
Qu'importe ! je sais que la terre est ronde et qu'au bout du chemin il y a un port d'attache qui m'attend avec un projet.
En tout cas, en attendant d'y voir clair, la Gazette des Arts (fidèle soutien aux artistes) a publié un Appel a Mécène en mars 2011 pour me soutenir dans cette aventure. Cet appel est actif pendant mon voyage, mais aussi après…. D'ailleurs, il le restera toujours. Alors, si l'un d'entre vous se sent des élans de sponsor, son aide sera la bienvenue.

mercredi 16 février 2011

Ailleurs c'est mieux…

On dit que l’herbe est plus verte ailleurs. Que c’est mieux, plus beau, plus doux, plus fraternel. Je sais qu’ailleurs tout est différent. Je sais aussi que tout se modifie perpétuellement, formes et concepts, ici et ailleurs. Que rien n’est figé pour l’éternité. Que les chances de vivre une nouvelle expérience sont partout et qu’il ne tient qu’à nous de saisir l’instant qui s’offre. Je parles de ces moments immatériels dont nous ne serons jamais propriétaire parce qu’ils sont éphémères, insaisissables, toujours en mouvement vers un ailleurs.

La quête de ces instants éphémères m’a mené ici et là, du Nord au Sud, vers l’Ouest du monde d’abord, puis vers l’Est ensuite. Ailleurs, et c’est facile de le comprendre, les couleurs diffèrent selon des facteurs divers, et d’ensoleillement en particulier. Oui ! la couleur de l’herbe est différente ailleurs, et non ! elle ne l’est pas.

Je n’ai pas mastiqué celle que j’ai foulée et j’ignore tout de son goût, cependant, je l’ai observé avec curiosité et j’ai médité. Est-ce pour ça que les hommes tournent autour de notre globe ? Pour y déceler une herbe aux teintes subtiles, aux vertus médicinales miraculeuses et inconnues ? Non ! Sottise. Il y a quelque chose d’autre derrière ce concept. Voilà, en tout cas, la conclusion de mes méditations : l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, elle est comme chez nous : d’une couleur variable selon l’heure du jour, et surtout, l’humeur de notre cœur.

Thailande

Je substitue donc le mot “herbe“ avec celui ci “amour“. Là, d’un coup, les choses s’éclairent et mes fugues s’expliquent mieux. Alors, si on disait ceci : “Aimer ailleurs, c'est se donner une chance d'aimer encore ; d'une autre manière et mieux“. Maintenant je comprends ma quête. Et c’est vrai ! seule cette quête peut conduire mes pas vers un ailleurs. L’amour, et l’extraordinaire élévation qui l’accompagne, mérite qu’on y consume sa vie. Je suis animé par cette vérité. L’amour est fugace, il va, vient, s’arrête un instant puis repart. Toujours en mouvement, il ne se laisse jamais emprisonner et c’est sa quête qui élève le cœur. En arrivant il édifie des palais avec une énergie stupéfiante, crée la vie, et en s’éloignant, il laisse le goût de lui courir après, de l’attraper encore, de le posséder pour se livrer à lui corps et âme. C’est un miracle qui passe sans jamais s’arrêter. Il éblouit la vie, ensuite, après son passage, tout semble ombres ou ténèbres, selon l’intensité dont il a rayonné. On lui élève des temples pour le retenir, lui consacre des offices, le chante, mais il ne reste pas, il fuit toujours…. Alors, c’est ça ma croisade : courir après l’amour.

Alors quoi ! Qu’est ce qui motive mes mouvements ? Observons les choses avec un peu de poésie.

Thailande2

L’intérêt que je porte à l’amour a toujours été au centre de mes intérêts, des raisons de mes déplacements et de tous mes projets. C’est donc au filtre de ce résonnement que je vais examiner cet exercice. Je substitue donc le mot “herbe“ avec celui ci “amour“. Là, d’un coup, les choses s’éclairent et mes fugues s’expliquent mieux. Alors, lorsque je dis ceci : “Aimer ailleurs, c'est se donner une chance d'aimer encore, d'une autre manière, mieux. C’est courir après l’espoir de croiser, une fois encore, l’amour“. Maintenant je comprends mes quêtes. Et c’est vrai ! Seule la quête de l’amour peut conduire mes pas vers ces ailleurs. L’amour, et l’extraordinaire élévation qui l’accompagne mérite que j’y consume sa vie.

L’amour est fugace, il va, vient, s’arrête un instant, s’installe, puis s’en va sans donner d’explication. Il ne dit pas qu’il a tout donné, ou qu’il s’est suffisamment abreuvé, ou encore, qu’il estime qu’ailleurs il peut trouver mieux. Toujours en mouvement, il ne se laisse jamais domestiquer et rien ne le contrôle. C’est sa quête qui élève le cœur. En arrivant il édifie des empires avec une énergie stupéfiante. Il crée la vie, impose sa loi aux étoiles, et puis, on ne sait jamais vraiment pourquoi, il s’éloigne.

JAprès son passage, et selon l’intensité dont il a rayonné, tout semble ombres ou ténèbres. Alors que faire ensuite ? Observer les couleurs de la vie sous le voile du deuil ? Se nourrir du mensonge qu’il n’a pas fuit ? Certain s’y résigne. Pas moi ! J’ai donc pris la route avec le projet de lui courir après, de me subordonner à sa dictature pour me livrer à lui corps et âme. Je l’ai croisé ici et ailleurs, partout. Dans le regard d’une femme, dans l’amitié d’un homme, la tendresse d’un enfant, la douce naïveté d’un débile, le rire d’un handicapé moteur. C’est un miracle en transit sans point de rendez-vous. Une rayon de lumière. Il nourrit la vie, l’illumine, ensuite, il disparaît, passe de l’ami à l’ennemi, prend le prochain vol pour Montréal, dC’est vrai ! J’ai hâte de me désaltérer encore à cette source. C’est suicidaire, je le sais, mais je suis maintenant dépendant. Oui, je souffre de cette délicieuse addiction et c'est pour ça que je regarde vers tous les soleils levants, partout où la rumeur publique dit l’avoir vu.ébarque à Hambourg, s’installe en terrasse de la rue des Abbesses. On lui élève des temples pour le retenir, lui offre des offices, lui consacre des fortunes, lui donne la gratuité, on le chante, le supplie, mais il ne reste pas, il se fout de tout : il fuit toujours…. Alors, c’est ça ma croisade : courir après l’amour.

L’ai-je rencontré ? Oui. Est ce que je suis arrivé à le retenir ? Oui. Je l’ai couvé un moment. Il était partout visible, producteur de bonheur, de joie et de lumière. Il était au centre de mes émotions, visible sur mon épiderme, dans l’éclat de mes yeux, la sonorité de mon rire, dans les syllabes des mots qui se formaient dans ma bouche. Je l’ai gardé protégé de tout mais il m’a échappé. En s’éloignant il m’a dépecé, éviscère, dépouillé et j’ai voulu mourir ! Mourir n’est qu’une formalité quand on s’est vidé de son sang, et c’est, en effet, la solution la plus juste. J’étais écartelé. J’avais mal. Mort sans l’être tout à fait. Je n’avais plus rien à perdre, mais, en vérité, j’avais tors de penser ça. L’important c’est que l’amour a laissé en moi sa nourriture pour l’éternité.

Si cet amour avait prospéré, je n’aurais pas le goût de ces ailleurs qui me poussent à franchir les clôtures de lieux inconnus et dont on m’a dit que l’herbe y était plus verte. Et, pire, je n’aurais pas remarqué que l’amour se manifeste partout, en chacun de nous, et à chaque instant, sans distinction de race ou de sexe. Je n’aurais rien su de sa générosité, de son don d’ubiquité qui lui permet de traverser les murailles. Qu’il change, comme toutes choses, en fonction des facteurs qui l’entourent. Qu’il n’est pas le même du crépuscule à l’aube. Qu’il influence la couleur des matières, comme il influence l’humeur des cœurs et notre lisibilité de l’histoire.

C’est vrai ! J’ai hâte de me désaltérer encore à cette source. C’est suicidaire, je le sais, mais je suis maintenant dépendant. Oui, je souffre de cette délicieuse addiction et c'est pour ça que je regarde vers tous les soleils levants, partout où la rumeur publique dit l’avoir vu.

Je le devine, c’est dans cette quête, au détour d’un événement imprévisible, ici ou ailleurs, n’importe où, sous n’importe quelle forme, qu’il se présentera pour remettre dans mon cœur l’essence indispensable à un nouvel envol.
Un vol vers le soleil de préférence, car je veux m'y brûler les ailes…

mercredi 13 octobre 2010

Salon Business Art 2010

Salon Business Art. Paris. Octobre 2010
Despedida

« Qu’on me donne six heures pour couper un arbre, j’en passerais quatre à préparer ma hache ». Tout comme Abraham Lincoln l’a dit, j’ai pris le temps d’affuter mes outils matériels. Ensuite j’ai défini mes cibles et j’ai cogné de toutes mes forces. J’ai abattu deux arbres, et comme il me restait du temps, j’en ai effeuillé un troisième. Tout ça, en retenant mon bras pour frapper juste. Le résultat, c’est ce paradoxe : une fois de plus la preuve m’est donné que pour travailler vite il faut travailler lentement. En serait-il pareil pour la vie ?

Descanso II

Tous parcours artistiques, et peut-être le mien plus qu’aucun autre, passent par des périodes qui ressemblent à la vie : naissance, croissance, maturité et déclin. C’est l’une des raisons pour lesquelles on trouve souvent l’idée de renaissance dans mes textes. Une existence rectiligne est donc impossible pour moi : je dois renaitre ; muer sans cesse.

œufs 2010

J’ai affronté plusieurs périodes de déclin. Qu’elles soient matérielles, sentimentales ou intellectuelles, elles ont toujours été suivit d’une renaissance. Dans tous les cas, elles ont été riches d’enseignements. Demain sera le premier jour de l’expo Business Art et c’est le vœux que je formule pour cette exposition d’octobre 2010 : renaître encore.

Business Art 2010
De toutes les critiques qui m’ont été faite pendant ce salon, voici celle qui m'a laissée sans voix : “Vous êtes l’Himalaya dans le massif central ; un virtuose dans un orchestre d’amateurs“.

jeudi 6 mai 2010

Moi, Précaire et Nomade…

Nous sommes tous intéressé et influencé par la beauté. Le sort d’une pomme pourrissante et ridée tombée au pied du pommier qui l’a nourri nous semble moins enviable que le sort de la pomme restée accroché à sa branche. Nous avons de la répugnance pour la première et goûtons la seconde. Pourtant, le sort de l’une et de l’autre est le même : muter.


La vie procède par étapes, et même si ces étapes n’ont pas toutes le même éclat, elles se succèdent toute, comme les chapitres d’une histoire, dans un même processus : l’énergie de la vie.

Aujourd’hui, la roue de la fortune m’impose de vivre une nouvelle mutation. Alors je laisse derrière moi le manteau du passé pour tricoter les mailles de ma prochaine laine.
Je m’en vais vers un ailleurs, vierge comme l’inconnu pour moi. Un ailleurs dont les perspectives ont été dessinées par la destiné. A moi maintenant d’en faire le meilleur usage. À présent, et dès aujourd’hui, j’élabore les premières lignes de ce nouveau futur.
Voici quelques mots en héritage de ce qui, désormais, est le passé…


Pour donner plus de sens à mes mots, je rebondis sur le testament d’Auguste Rodin dont voici quelques extraits.

“… Tout est beau pour l’artiste car en tout être et en toute chose, son regard pénétrant découvre le caractère, c’est-à-dire, la vérité intérieure qui transparaît sous la forme.… Que votre esprit conçoive toute superficie (toute idée, concept, chose) comme l’extrémité d’un volume qui la pousse par derrière…. Toute vie surgit d’un centre puis germe et s’épanouit du dedans au-dehors.… Souvenez vous de ceci : il n’y a pas de traits, il n’y a que des volumes. Quand vous dessinez, ne vous préoccupez jamais du contour mais du relief. C’est le relief qui régit le contour.… Les seules qualités de l’artiste sont sagesse, attention, sincérité, volonté. Accomplissez votre besogne comme d’honnêtes ouvriers… N’hésitez jamais à exprimer ce que vous sentez même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues… Votre isolement sera de coutre duré.… Le grand point est d’être ému, d’aimer, d’espérer, de frémir, de vivre.… L’art est une magnifique leçon de sincérité… Le véritable artiste exprime toujours ce qu’il pense au risque de bousculer tous les préjugés établis. Il enseigne ainsi la franchise à ses semblables…“

Quoi dire de plus ? Voici le lien où vous trouverez le Testament d'Auguste Rodin dans son intégralité.

Et mon héritage visuel maintenant. En images cette fois. Des natures mortes auxquelles j'ai voulu donner, sur les conseils d'Auguste Rodin, un peu de vie de l'intérieur.



Et aussi cette copie de Claude Monet.

jeudi 14 janvier 2010

Mémoire de copiste

Quand l’énergie créatrice s’en vat c’est une source qui se tarit, une sève stérile qui circule sans nourriture, sans vitamine et sans suc. Je suis alors comme l’agneau qui se vide de son sang, ni vivant ni mort, sans projet. A quel remède recourir pour échapper à ce sentiment d’inutilité ? Me noyer dans l’alcool ? M’embrumer l’esprit de psychotropes ? Fuir au bout de la terre ? Me cacher où je pourrais oublier que mon cœur, vidé de son sang, bat encore et que chaque battement apporte un indésirable sursis à ma sécheresse ? Non. Je n’ai rien fait de tout cela ! J’ai réussi, une fois encore, à repousser ces violents asseaux qui sont plus douloureux que la mort parce qu’il prolonge l’agonie. Comment ? L’art, par tous les temps, est toujours venu à mon secours.

Diego Velasquez
Travailleur laborieux, infatigable et discipliné, il a labouré mon âme de larges sillons pour y semer les germes fertiles du prochain printemps créatif. Le fruit n’est pas encore là, mais, en attendant, et à défaut d’être créatif, j’ai fait des gammes. J’ai copié l’Orpheline au cimetière d’Eugène Delacroix.
Et voilà, étape après étape, comment l’art m’a ramené à la vie.

Johannes Vermeer

Acte I
Je passe un jus à l’essence sur la toile encore vierge, puis, une demi-heure plus tard, je reviens avec une couche plus épaisse mais cette fois, j’ai additionné de l’huile noire à ma pâte. Ça couvre bien et c’est agréable. C’est du “gras sur maigre“ et ça marche bien.

Acte II
Pour débuter. Passage d’un jus à l’essence sur la couche sèche. Je laisse prendre quelques minutes. Je couvre ensuite avec une demi pâte diluée à huile noire et medium gel. Plus je laisse prendre avant de revenir dessus et mieux c’est.

Plus les couches s’additionnent et plus le relief se module. Peu à peu cette Orpheline ne m’est plus tout à fait une inconnue. Je me transporte dans cette année 1824. À mesure que je pose le pigment huilé sur son visage je crée de la distance entre elle et les cipres des lointains de ce paysage champêtre. Je la détache, l’extrait, l’amène à moi.
C’est une journée de printemps. J’entends les bruits alentours : le vent dans le feuillage des arbres, les oiseaux, les grillons. Venant de très loin, j’entends des rires d’enfants. Aucun bruit ne parasite la concentration de ma brosse. Maintenant, je commence à percevoir, de plus en plus nettement, ce qui s’est passé cette journée-là.

Les poils de ma brosse trainent et s’attardent sur la toile. Je devine cette fille. Je sais tout de sa condition. Une servante modeste. Une lavandière. Une fille de ferme peut-être. En tout cas, une fille subordonnée aux puissants et sans illusion d’une vie meilleure. Je pénètre progressivement dans son intimité. Je ressens le trouble qui l’a habité lorsqu’elle a posé pour Delacroix, ce jeune homme aux habits de velours tâchés de couleur. Ce bourgeois original et romantique venu du cœur de Paris. J’imagine à présent les idées qui se sont installé progressivement dans son esprit. Pourquoi moi ? s’est-elle dit, moi, qui suit si ordinaire. Et puis, alors que le regard de Delacroix la dévisageait, d’autres idées ont germées. Elle a peut-être nourri l’espoir d’être belle. Belle et célèbre !…
Acte III
Passage d’un jus très grossier de couleur à l’essence. Laisser prendre. J’ai mélangé dans le gobelet du gel médium et de l’essence puis j’ai posé une demi pâte. J’ai laissé du temps à cette pâte pour qu’elle s’accroche aux couches précédentes. Je pose quelques rehauts qui accrochent bien. Travaille agréable. Possibilité de reprises si j’attends assez longtemps. C’est l’attente entre les reprises qui est difficile à gérer…. Je veux revenir vers elle car j’ai rendez-vous… Je dois pourtant me discipliner, me conformer à l’impératif du temps qu’il faut laisser passer.

Eugène Delacroix
Une journée passe entre deux séances de travail. Je caresse le support de la toile pour vérifier la siccativité de la pâte, et, curieusement, c’est un buste que je touche maintenant. Mes doigts recueillent à présent l’odeur aigre-douce d’une essence parfumée. C’est une odeur de sueur. De soleil brûlant, de vie, d’amour. J’ai envie d’aimer cette fille. De lui apporter mon soutien. Lui dire des mots d’affection, d’amour aussi. Elle a tant besoin d’être rassurée. Je veux surtout la faire sortir de son cadre. L’immortaliser. C’est fou ! À quel moment a-t-elle pris conscience qu’elle serait aimée d’un million d’homme ?…
Au-delà d’un stade, une fois que l’artiste a dépassé son labeur, des zones inédites s’ouvrent devant lui et il y pénètre comme on s’enfonce dans un sommeil réparateur. L’ouvrage devient fusionnel. D’abord l’illumination, puis la communion. C’est ça que les artistes recherchent si ardemment et qu’on nomme : la grâce Divine…
Entre immobilité et agitation, je la dévisage durant des heures. Le temps s’écoule et je n’ai plus peur. J’ai hâte de déposer, d’une touche finale sur son globe oculaire, l’éclat de lumière qui la fera céleste… Mais je me retiens ! Ce n’est pas le moment. Non, pas encore !… Comme c’est difficile de retenir sa main quand le cœur s’enflamme.
Acte IV
Je passe un jus grossier à l’essence avant de revenir dessus en demi pâte. C’est terrible car j’ai l’impression de détruire le travail que j’ai fait. De le salir. Il le faut pourtant. J’ai du mal à attendre le temps nécessaire pour réparer. Je dois m’y soumettre. Comment retenir ma main alors que j’ai le sentiment d’avoir tout gâté ? Comme c’est dur ! Mon devoir maintenant est de réparer cette souillure !… C’est impératif ! Et, le souffle court, je reviens sur mon métier pour la centième fois. Le travail se fait au prix d’une bataille pour maîtriser le temps et le geste de ma brosse.
Progressivement l’Orpheline revient à elle, reprend vie. Elle est là. C’est encore mieux qu’avant. Plus vivant. Je l’entends maintenant. Cette jeune fille triste dit des mots imparfaits. Elle m’émeut et je la trouble. Elle ne sait plus qui aimer : Delacroix ou moi…. Désormais, Eugène et moi sommes rivaux. Je vais lui donner la meilleure de mes brosses car je veux qu’elle n’aime que moi. Y arriverais-je ?
Epiloge.
Mon médium est peu dilué dans mon gobelet. Je l’emploie presque pur. Je ne sais pas ce que je fais, si j’améliore ou je barbouille…. J’ai peur. Est-ce le trac de mal faire qui me paralyse ?… Non ! C’est autre chose.
Voilà l’éclat dans ces yeux ! C’est fait. Voilà cette copie terminée et je suis sans mot. J’avais raison, ce n’est pas le trac de mal faire qui m’a freiné : j’avais peur de terminer, car finir, c’est cesser de créer, d’aimer, de toucher. Accepter cette échéance, c’est accepter de ne plus donner, de ne plus recevoir, de ne plus entendre. C’est retourner à la mort….
J’entends à présent la confession de jeune orpheline. Elle me dit : « je suis une image du passé, depuis, j’ai vieilli et je me suis enlaidi, ensuite, fatiguée, j’ai quitté ce monde à la hâte. On m’a inhumée dans une tombe anonyme mais je n’ais aucun regret car je suis éternelle. »
Elle ment pour tempérer ma tristesse. Elle est mon œuvre de mon ouvrage, ma Muse et c'est à moi de la remercier pour m’avoir redonner la vie !

dimanche 25 octobre 2009

En Attendant Minuit…

Pour Juliette, Jean-Marc, Philippe, Aurélie, Claude, Richard, les Christophe(s), Benois, Nicolas, Véronique, et tous ceux qui avaient des occupations… ou qui n’en avaient aucune et qui ont oublié, ou qui… (connement), n’ont pas la télé (comme moi) et qui, maintenant, veulent voir les images de : en attendant minuit. Les voilà…


EAM

Merci à Sabrina Seddiki, à Marine Dejean de la Batie et à 909productions.tv

mardi 20 octobre 2009

Moi, nous, vous, eux… et les autres.

Pourquoi faut-il toujours se foutre à poil ?…


Chatou 2009

Quel a été mon plus grand plaisir pendant ce marché d'art ? Retrouver des visiteurs rencontrés lors d'autres foires, et notamment, à la foire de Paris. Ils m'ont reconnu. Cool ! Avec les mois, l'idée d'avoir mon travail sur leurs murs s'est formalisée. Maintenant, ils l'on matérialisé puisqu'ils ont emporté des reproductions. Comme quoi… !

mardi 13 octobre 2009

Renaître demain

Acte I.

Les sonorités sèches et craquantes d’un taffetas qui se froissent éveillent ma curiosité, perturbent mon silence et me sortent de ma méditation. Quelque chose d’inhabituel se produit à l’extérieur et je sors sur mon balcon. L’arbre planté à quelques mètres de ma fenêtre danse comme une algue marine dans un courant océanique. C’est le signe qu’un orage approche, violent. Le vent qui le précède s’introduit jusqu’au cœur de ce géant et ressort, puissant et turbulent, chargé de sonorités funèbres. Les forces belliqueuses s’affrontent en son cœur, luttent. Les branches ne résistent pas à cette bagarre. Elles plient, se balancent avec une élasticité incroyable dans des amplitudes étonnantes. Elles n’ont d’autre choix que celui d’entrer dans cette danse. Les courants venteux ressortent maintenant du cœur, malmenant le feuillage. Voilà à présent le fracas violent de l’orage comme une claque venue du ciel et Montmartre se pétrifie dans l’instant.

Par envolées successives et désordonnées, comme pour fuir un ennemi, des grappes de feuilles déchirées s’échappent de la tignasse rebelle. Elles s’envolent vers le ciel comme les colombes blessées qui fuient le chasseur. À présent, elles vont se perdre dans un ciel violement contrasté aux couleurs du plomb. De larges volutes ventrues d’une blancheur immaculée dessinent les contours rebondis des nuages chargés d’eau. On dirait mille ventres sur le point d'accoucher d'une portée de diables terrifiants.

Acte II.

Le flash d’un éclair photographie Montmartre. Suit un silence. Puis le grondement du tonnerre arrive en cortège, rapidement. Une détonation suivit d’autres plus lointaines, et puis, plus bruyant que le tonner qui a précédé, une avalanche de gouttes fusillent maintenant l’arbre. Tout est ciblé aux alentours. Immeubles, rues et boulevard. C’est à couper le souffle. Deux arcs électriques communient dans la masse grise comme si le ciel et la terre avaient pactisé l’apocalypse…. Un éclair claque à mes oreilles et imprime l’ombre de mon corps sur la pierre.

JJe suis seul, debout sur mon balcon, exposé aux bourrasques du vent, aux frappent massives de l’eau qui s’abat et je suis surexcité. Bien à l’abri de mon rocher je me prends pour un Dieu. J’ai l’œil vif et le cœur vaillant, sans crainte. Je suis un prédateur prêt à fondre sur sa proie. C'est ce que je ferais sans attendre, oui, à la première clémence du ciel je prendrai mon envol pour dévorer le monde.

C’est le décor d’une tragédie romantique. Un désordre organisé. Vrai. Pas de magie, aucune illusion, juste du réel. L’instant où Dieu et Diable se disputent le terrain dans un effroyable face à face. C’est le combat de Titan luttant pour son trône. Rien n’y est de trop. Tout est subtil et brutal, violent, graphique, nuancé et contrasté, changeant, terriblement sécurisé et sans danger. L’envergure apocalyptique de ce spectacle déploie maintenant toute son autorité fracassante sur la Capitale. C’est par la force que le ciel baptise les hommes. Je joins alors mes mains devant mes lèvres et je suce sur mes doigts cette eau purificatrice qui n’échappe pas à mes suçons.

Acte III.

Je le sais. Je le sens. Je vois maintenant s’éloigner les cavaliers du chao dans les coups d’éclairs qui colorent d’éphémères auréoles roses la nuit qui domine à présent. C’est grandiose ! .

Maintenant je veux rouler mon corps dans cette nouvelle vie, rincée, propre et pure. C’est la chance d’une renaissance, celle de me débarrasser des décombres de mon passé. L’air est humide et mes poumons inhalent les odeurs à un rythme inhabituel. Images, sons et odeurs, je veux tout garder en mémoire ! Mon cœur cogne à en défoncer ma poitrine et c’est bien. La fusion s’est produite.

J’ai le cœur à faire la fête. Je veux danser, rire et patauger, débrider ma folie, lâcher prise. Je veux ouvrir la bouche et dévorer le monde entier. M’enivrer jusqu’à l’abrutissement des parfums de cet orage. Je veux crier aussi fort qu’il m’est possible de le faire sans craindre la folie. Hurler à la mort mon mépris de ceux qui vont me blâmer. Et puis, enfin, abattu, quand l’eau m’aura lavé de toutes mes défaites, je veux tomber à genoux dans les courants des caniveaux pour chanter qu’un jour nouveau est arrivé….

Ce n’est plus le crépuscule, c’est la nuit noire : celle qui appartient au silence des villes qui s’endorment lorsque l’orage s’est éloigné. Je suis de retour dans le silence de mes phrases, de ma nuit, de ma vie.

Je distingue à présent l’odeur de l’été et de l’hiver confondu dans l’atmosphère encore tiède de la bataille qui vient d’être livrée. Je ne suis plus à la croisée d’un chemin. La révolte est passée. Elle m’a couronnée du bonheur d’avoir été là, aux premières loges, pour assister à cette prodigieuse messe du ciel.

Mes peurs se sont éloignées soufflées par l’orage. Je suis nouveau. Je souhaite enfin. J’espère…. Je vais renaître demain.

mercredi 30 septembre 2009

Stage de peinture

S'ils faisaient leurs premiers pas, c'était pour moi aussi une première. Allais-je être un bon professeur ?… Le cœur y était et la volonté aussi ! mais la connaissance serait-elle suffisante….


Stage de peinture

Un testimonial en trois actes. 2'30" pour résumer 36 heures d'études, c'est bien. En tout cas, suffisant pour se faire une idée. L'important, après tout, c'est d'aboutir à un résultat motivant et je crois que nous y sommes parvenus. C'est ce qui importe.

mardi 4 août 2009

Empreintes latines à la galerie BastilleTV.

BastilleTV '"Ma première rencontre avec ces artistes remonte à mon émission : BLABLA WilSON. J’offrais alors à mon public mon intérêt pour les visions que donnent les artistes du monde contemporain. Qu’ils soient plasticiens, littéraires, auteurs, compositeurs et interprètes, chaque rencontre est une mine d’idée nouvelles. Cette ouverture apporte un contenu nouveau à mes émissions car ces artistes, de part leurs horizons divers, éclairent l’actualité de réflexions créatrices et nouvelles. C’est toujours un plaisir de réunir Ricardo, Juan et Hector avec lesquels, cette fois encore, nous allons laisser sur l’actualité l’empreinte d’une vision pluriculturelle et globale. C’est pour les artistes et le public qui regarde BastilleTV, que j’ai fondé les bases du projet de cette galerie BastilleTV. C’est aujourd’hui fait : BASTILLETV, est une galerie d'art depuis laquelle est diffusée une télévision en streaming sur le net."''
Willson Claude Balda : Bastille TV.

mercredi 1 juillet 2009

La Fille d'Océan Drive

Le soleil qui illuminait ma vie venait de se voiler, celui qui chaque matin du monde brille au point cardinal de notre vie. Je parle de celui qui donne de la joie aux jours et du sens aux nuits. L’obscurité d’une nuit intérieure s’était installée, solitaire, froide, sans partage. J’étais sans amour et sans projet, pas même le secours d’un ami. Sans repère et sans bâton, l’homme fort que j’étais est devenu une proie facile à duper, fragile, malade et en péril. Mes sommeils et mes repos étaient impossibles. Chaque carrefour était un piège. Chacun de mes pas se faisait dans l’effort du désespoir que je portais. Chaque décision était prise dans l’inconfort de l’indécision et dans l’incertitide. Pourtant j’ai marché, portant mon corps insupportable avec l’énergie du désespoir, et puis, un jour, j’ai décidé. Une idée, une seule, m’a permis de porter mon chagrin. Fuir. J’ai décidé de partir vers l’occident avec le projet de trouver le réconfort d’un nouveau soleil levant. Un soleil qui serait comme une étoile au zénith de mon chemin.

C’est dans cet état que je suis arrivé sur Océan Drive, à Miami. C’était un crépuscule de juin, il était cinq heures du matin, j’étais seul et je n’avais pas sommeil.
Je marchais lentement, presque titubant, désorienté d’avoir couru vers l’occident pour y surprendre le soleil levant. Je n’avais pas d’autre but car je n’avais pas eu la force d’en construire un autre. Aucune idée ne m’habitait si ce n’est celle de rester là un temps indéfini. Rien de plus. J’étais sans bagage, sans adresse, juste un tampon sur mon passeport.

La Fille d'Océan Drive

Je m’étonnai d’être là à chaque instant. Je n’en revenais pas. Silhouette muette et hébétée sur Océan Drive, abruti par mon jet-lag et encore sous le poids des épreuves qui avaient provoqué cette fuite. J’avais décidé de fuir et j’avais fui ! mais je n’avais rien perdu, rien quitté, rien trouvé, j’étais toujours moi, comme hier…, pire même, puisque j’étais maintenant fragile dans un crépuscule inconnu et sans rien, nu comme au premier jour.

Au-dessus de moi le ciel était à l’orage, prêt à exploser d’un instant à l’autre. Il menaçait dans la chaleur de la cote Est des Etats Unis mais on ne craint pas l’orage quand on a été foudroyé !

D’immenses cumulus gris se dessinaient dans l’obscurité de cette nuit qui finissait. Lentement, au rythme de mes pas, la sphère rougeoyante du soleil s’est levée sur l’Atlantique. J’ai ralenti mon allure. Ses rayons ont gobé l’océan et la nuit a basculé en jour. Magique. La lumière a transpercé les cumulus de javelots roses, rouges et violacés. Elle a ensuite incendié les palmes du bord de mer. Mon tour est venu et je me suis immobilisé. Peut après, ce sont les hôtels art déco qui ont été touché d’une lumière colorée aux nuances de pastel. Défiant l’orage qui menaçait, je me suis senti bien, nouveau et je me suis m’offert à cet office.

J’ai accueilli le réveil du nouveau monde et j’ai su, dès cet instant, qu’un autre amour allait se lever en moi. Qu’il allait briller et s’épanouir pour redonner un nouveau zénith à ma vie. J’en étais sûr, un amour possible ou impossible allait bientôt engloutir le passé comme le jour venait d'engloutir la nuit. Et qu’importe ! Oui, qu’importe si cet amour ne serait qu’une illusion de passage, un projet qu’il faut sans cesse recommencer, toujours, comme la nuit suit au jour. J’étais prêt à m’y exposer corps et âme car l’important, finalement, n’est-ce pas la quête de l’amour glorieux, où qu’il se trouve ? Puis je l’ai vue….

Elle déambulait lentement, les yeux tournés vers l’astre solaire. Elle titubait, désorientée, éblouissante, dans une robe d’été aux couleurs de l’automne. Sa silhouette semblait portée par la lumière que le soleil de Juin déposait sur sa robe. Elle s’est immobilisée, silencieuse, et nos regards se sont rencontrés. Nous avions la même quête.

Comme moi, La fille d’Océan Drive avait les yeux tristes d’un amour perdu mais lorsqu’elle regardait le soleil, il y avait de l’or dans sa tristesse….

mardi 26 mai 2009

Il en faut…

S’il faut du courage pour faire une chose qui sorte de l’ordinaire, il en faut encore plus pour défaire cette chose et recommencer. Faire, défaire, et refaire encore, inlassablement, pour s’améliorer toujours, au prix d’une vie : de sa propre vie, c’est tuant.
Pour me distraire de cette pensée, ou plutôt, pour alimenter mon raisonnement d’autres points de vue, j’ai cherché des soutiens et c’est dans un discours de Jean Jaurès que j’ai trouvé, éclatante de vérité, la meilleure définition du courage. Comme à mon habitude, j’ai tronqué le texte mais je vous livre les plus beaux extraits.
Ce discours à la jeunesse, Jaurès l’a prononcé le 30 juillet 1903 au lycée d’Albi. C’est une pièce maîtresse, un morceau d’art pur, une symphonie intemporelle, et il a sa place dans ce blog en préambule à l’œuvre que je présente. J’espère qu’il vous nourrira comme il m’a nourri.

{{"…Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli….
… Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale….
… C’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails…
… Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques…}}

Couple

Dire que ce texte est approprié à l’œuvre présentée ci-dessus est nécessaire. Je sais, vous vous demandez quel est le rapport avec le courage. Le voilà : j’ai détruit cinq fois cette toile et je vais la détruire encore. Pourquoi ? Sur le moment, on ne connaît pas toujours les raisons et les causes exactes qui conduisent à réaliser tel ou tel sujet. Pour celui-ci (et je ne l’ai compris que récemment) je cherchais inconsciemment à matérialiser sur la toile la fusion d’un amour. L’idée est bonne ! Oui, mais l’idée était éventée car l’amour en question n’était plus. Cet amour se mourrait, et tenter de le retenir a été ma faute. Je l’admets, je me suis enferré dans ce mensonge et Je n’ai pas réussi cette œuvre. Normal. Maintenant j’y vois clair et c’est pourquoi j’ai scellé son sort. C’est sans regret que je vais la livrer au cutter. Peut-être qu’avec le temps, un autre amour peut-être, j’y reviendrai. Je ne sais pas.

mercredi 15 avril 2009

Crétin, passes ton chemin !

C’est peut-être crétin d’avoir pensé à cette rubrique. Je ne le sais pas. Je n’ai pas le recul nécessaire pour le dire. Mais si je ne le fais pas, si je ne m’expose pas, alors, comment le découvrir ? On ne peut pas prendre du recul sur un truc qu’on a pas fait ! penser que oui, c'est crétin ! Non, j'me trompe ? Alors voilà, pêle-mêle, et à la pelle, quelques réflexions :

La crétin de la pire des espèces : l’irréductible crétin. Chez celui-ci le cerveau n’a plus aucune action comme organe de la pensée. Plus de raison. Jalousie, envie, cupidité, désir de s’approprier, de consommer : rien d’autre, sans nuance, voilà le profil dénudé du crétin de base.

Si vous trouvez un crétin dissimulé sous une vertu, c'est que vous avez mis la main sur un crétin intelligent. Mais attention, car un crétin qui fait l’intelligent est très dangereux !

On trouve beaucoup de crétins à l’ombre des puissants, mais ces crétins-là ne savent pas qu'en vivant à l'ombre des puissants ils ne font d'ombre à personne. C'est à la lumière que germe la vie.

Un crétin ne pose pas de questions lorsqu’il n’a pas compris : il trouve que c’est suspect.

Un crétin trahit pour un profit égoiste alors que ce qu'il convoite si ardemment se trouve en abondance à tous les carrefours de la vie.

Un crétin tire de la gloire à faire souffrir ceux qui lui demandent de l'aide.

Ne pleurez pas des coups que vous porte le crétin. Mourir seul et sans le secours d'un compagnon fidèle est le sors qui l'attend.

Ne laissez pas le crétin accéder à vos sentiments : c’est là qu’il va établir sa demeure et frapper le moment venu.

99,5%, est le pourcentage des projets auxquels il faut renoncer si on les partage avec le crétin. Ce que l’on parvient à lui dissimuler : les 0,5%, il faut les vivre à 100% !

Un crétin optimiste aborde son futur avec une assurance stupéfiante. Il refuse toutes paroles de prudence. Alors qu'un crétin pessimiste aborde son futur avec un désespoir incurable et celui-là refuse tous les mots d’espérance.

Le crétin n’imagine pas le futur : il consomme juste le présent.

Le projet d’un crétin immature ? être une image de mode et se figer, immobile, dans ce projet en laissant sa jeunesse filler.

A l’approche de la mort un vieux crétin est infiniment plus dangereux qu’un jeune crétin. Alors que le jeune crétin se rit du Diable, le vieux pactise avec lui.

Le crétin n'écoute que lui même. Il est impossible à infléchir. Alors laissez le. Ne tentez rien, c’est inutile.

Il y a des crétins qui pensent qu’on peut gagner des combats seul face à une meute de crétins cuirassés, obéissants, disciplinés et maternés par des louves. Qu’en opposant à ces crétins des idées nouvelles pour seule défense on peut stopper les dictatures. Qu’un crétin isolé peut déjouer le cours de l’histoire, ou, mieux : faire l’histoire ! C’est crétin, évidemment ! A pleurer même. Tellement crétin que ce crétin là y laissera la vie, à coups sur…. Quant à ses idées nouvelles, elles resteront un temps dans la rue avant qu’elles ne soient reprisent par un autre crétin. Et nous y revoilà : “Il y a des crétins qui pensent qu’on peut gagner des combats seul…“.

Le crétin absolu est comme les braises volatiles venues des feux de l'enfer. Fourbes, elles n'attendent qu'une chose : enflammer le monde.

Le problème des jeunes crétins, ce n’est pas qu’ils soient jeunes, c’est qu’ils ne savent pas qu’ils le sont.

Un crétin mange sans comprendre qu’il restaure un appétit vital. En amour ou amitié, c’est pareil, il ne goûte pas : il consomme ! C'est ce qu'il fait avec toutes choses, et tout au long de sa vie : consommer sans comprendre pourquoi il consomme.

Le crétin juge la valeur des individus à leur pouvoir de consommer. Il s’étonne ensuite, avec tristesse, de n’être lui-même qu'un produit de la consommation.

Le crétin grossier préfère la cooptation aux efforts qu'il faut produire pour s'élever.

Le crétin né dans les privilèges du pouvoir et de la richesse affirme qu’on naît tous égaux. Ben non. Croire qu’on naît égaux, c’est crétin. Croire que la connaissance est l’héritage d’un gêne, d’une généalogie, c’est crétin. Croire que nous sommes libres et maîtres de nos vies, sans soumissions ni compromission aucune, c’est crétin. Et affirmer le contraire, c’est être sous l'influence d'un crétin !

Il faut s’attacher à la dynamique de la vérité parce qu’elle libère des attaches polluantes du crétin. Mais aussi, qu’il est bon de confronter la vérité aux mensonges du crétin. Ce dernier est aux bonnes idées ce que l’ombre est à la lumière : un contraste nécessaire. Il donne du relief.

On peut se tromper sur un crétin qui travaille, jamais sur un crétin qui dépense son argent !

Le crétin accepte la muselière alors qu’il n'a rien pour protéger son cul !

Le niveau d’un crétin riche se mesure au niveau de ses revenus. Plus son revenu est élevé et plus il se sent fort, plus il est estimé, écouté, envié, rassuré, aveuglé… et plus il est crétin.
Le niveau d’un crétin pauvre se mesure dans la céramique vieilli de ses yeux : plus il est insulté et plus il insulte le monde. Aveuglé, il oublie de se regarder lui-même. Plus les défis se succèdent et plus ses défaites sont grandes. Voilà un crétin sans combat..

Je déteste le vieux crétin.
Le crétin à la retraite me répugne jusqu’à l’écœurement : le donneur de leçon, celui enkysté dans la certitude que sa révolution a profité à tous. Tout, dans ce crétin me répugne. Son physique, ses principes, sa mentalité, son égoïsme, son arrogance, sa certitude, son passé et son futur, la montagne de dettes qu’il laisse en héritage à la collectivité ; sa façon de me vendre sa jeunesse passée et maintenant sa prospère vieillesse. Je déteste l’image qu’il laisse derrière son passage et que je vais devoir porter. Je hais sa richesse matérielle et sa médiocrité, fruit d’une révolution d’imposteurs. Je ne supporte pas de devoir le supporter. Je ne supporte pas qu’il dispose de mes jeunes années comme il le fait : en achetant ce qu’il n’a jamais possédé autrement que par l’argent, les fausses promesses et la déloyauté. Je ne supporte pas qu’il s’accroche à sa misérable vie parce qu’il est riche et qu’il veut tirer tous les profits des richesses facilement obtenues, égoïstement immobilisées et jalousement dissimulées. Sa jouissance égoïste de la vie est une insulte au désir de mourir que cultive ma génération. Je le hais de négocier au plus bas avec ma génération qui doit, elle, s’humilier pour survivre. Il me répugne lorsqu’il se croit, se sent, se pense : jeune. Je le hais lorsqu’il enlève à la jeunesse sa jeunesse.
Vieux crétin, redoute cette jeunesse méprisée qui grandit en le silence ! Elle sera bientôt adulte.

Le crétin ordinaire n'est jamais seul parce qu'il amuse la galerie. C'est la distraction de ceux qui se pensent supérieurs : pauvres crétins.

Un homme conscient de son ignorance se place toujours derrière celui qui sait plus que lui, même si c’est un crétin. Ce dernier excelle dans certains domaines et s’y précipite.

Même si cela semble crétin, il est des situations ou il est nécessaire, si l’on veut rêve de conquêtes, de prendre un crétin comme exemple. Il faut le mimer. Etre sa copie conforme. Un exemple ? Le crétin développe sa pleine puissance dans l’obscurité des boîtes de nuit. Là, il n’est pas jugé selon à la lumière de la vérité qui vient de l’intérieur mais selon la lumière qui vient du plafonnier et qui rebondit sur lui. C’est une silhouette mobile sous une lumière artificielle : un crétin heureux d’être sous les projecteurs, rien de plus. Forcément, dans ces lieux, le crétin capte l’attention des autres crétins. C’est ce qu’il faut faire : se dissimuler dans ses habits, sourire, bouger et agir comme eux : en crétin. Impossible ! alors il faut déserter ces lieux et retourner à la solitude du crétin ordinaire.

Un crétin vit dans un tourbillon d’égoïsme le temps d’un été. Ensuite, à l’été suivant, un autre crétin remplace le premier. Que devient le premier ?… Il passe le reste de sa vie à payer les excès de cet été mais cette fois… en famille !

Un crétin choisit les filles au plus beau de leur floraison, les autres attendent l'instant d’après, celui qui suit la floraison pour y récolter le miel de la graine la plus fertile.

Robes et fards sont là pour rehausser l’éclat du crétin. Il investit, coûte que coûte, afin de garder l’apparence de la jeunesse. Un jour, ce crétin découvre que sous le fard qui poudre son visage se dissimule un étranger endetté et laid, seul au monde, sans passé et sans futur. Oups ! la vie des crétins est dure….

Le crétin qui vous crache à la figure est infiniment moins pénible que le crétin qui vous tend la main, l’air obséquieux. Vous pouvez éliminer le premier d’un revers. Impossible, en revanche, de vous débarrasser du second facilement. Ne craignez pas son offense, craignez d’être son ami.

La maladresse du génie se confond souvent avec l'exubérance du crétin. Le mal des génies, c’est qu’ils leur faut vivre entourés de crétins et considérés comme tels !

Les gouffres obscures de l’intelligence se trouvent dans ces instants où le crétin est parvenu à nous convaincre que la déloyauté, la trahison, le mensonge, l’injustice et le crime sont la valeurs absolue et supérieure : les fondamentaux de l’espèce humaine, et qu’aucune foi, que tout espoir de secours est vain, inutile : crétin.

L'avisé doit se tenir à l’écart du crétin, car lorsqu'il sombre dans l’abîme qui se forme, tôt ou tard, sous ses pieds, le crétin entrainent du monde dans sa chute.

A quoi reconnait-on un crétin qui évolue ? Il est en larmes ! C’est souvent le fruit d'une maladie d'amour ou, plus intéressant, d'une prise de conscience quelconque. Finalement, peu importe ce qui justifie les larmes, ce qui importe, c’est de se débarrasser d’un truc crétin.

Le crétin, comme le traître, est armé pour trahir, pas pour être trahi et c’est sa faille.

Patience ! Un crétin offre toujours son échine au lion qu'il est parvenu à mettre hors de lui.

Dites ceci aux crétins qui polluent votre vie : Celui qui accepte la nourriture du Diable sera l'invité de son banquet.

L'homme puissant se fera passer pour un agneau aux yeux du crétin. Celui-ci accoure, croyant tondre cet animal inoffensif, et il découvre, trop tard et sans comprendre vraiment, qu'il est venu, de lui-même, exposer son cul à la foudre du puissant.

Méfiez vous du crétin qui, pour s’approprier ce qu’il convoite, expose dans les premières minutes où il vous rencontre : cartes bancaires, bijoux, histoires de voyages, anecdotes de sa vie, tout en jurant qu’il est une personne ordinaire et simple, à l’image de ce que vous êtes. Vous reconnaitrez ce crétin à ceci : parfois il se laisse inviter par plus démunit que lui ! Cela flatte son égos. Ce crétin, même si le pittoresque de son attitude peut séduire, manifeste très consciemment son pouvoir matériel à chacun instant. Il le fait dans un but précis : tirer un profit sans partage le moment venu. Laissez le parler sans l’interrompre et vous verrez qu’il dévoile rapidement ce qu’il est : un crétin qui se cache derrière son pouvoir matériel. Son but ? voler le bien d’un plus démunit.
Ne vous illusionnez pas. Une fois l’objet de sa convoitise obtenu, il redeviendra ce qu’il est profondément, un crétin seul au monde. Il faut cibler ce crétin, l’isoler et le ruiner… si possible.

Il faut cibler ce crétin, l’isoler et le ruiner… si possible.

Vous voulez la ruine d’une entreprise ? Facile. Donnez du pouvoir au crétin et financez ensuite ses projets avec du crédit.

Le crétin belliqueux est convaincu que son pire ennemi est l’autre : celui qui habite à l’extérieur de ses frontières, là où il a établi les murailles de sa propre ignorance. Il ne sait pas, crétin qu’il est ! que le pire des poisons se dissimule aux alentours de son cœur.

mardi 7 avril 2009

Mets de l'huile

Lorsque je retrouve Claude, j’ai envie de l’enlacer de mes bras afin de lui témoigner mon affection, et si je ne le fais pas, c’est parce que ma tendresse est si grande (moi si fort et lui si frêle) que j’ai peur de le casser en deux. Cet homme m’est précieux, si fragile physiquement et si puissant intellectuellement, si généreux aussi. La simplicité de sa nature me trouble et je l’aime pour ça.
Pourquoi cette entrée en matière à propos d’un presque inconnu du public ? Tout d’abord, sans cet homme, ces lignes n’auraient aucune valeur. Elles en ont. Au point d’affirmer que l’enseignement de cet homme est inestimable. Ensuite, l’affection entraînant l’affection, j’espère que vous l’aimerez, comme moi. Soit comme artiste peintre, soit comme homme de science ou historien, peu importe. L’important, c’est de le connaître.
Claude Yvel a écrit deux livres. L’un sur la peinture à l’huile, l’autre sur les techniques à l’eau. Vous pouvez trouver ces ouvrages aux Editions Edisud.

Beaucoup de livres méritent de finir broyés sous le pilon des invendus, ceux de Claude Yvel ne se perdront pas, croyez-moi, et j’encourage tous les artistes peintres à se les procurer.
Avant d’aller plus loin, une petite précision : je n’ai pas l’intention d’écrire un long chapitre sur les techniques de la peinture à l’huile, ni sur les interdictions ou les raisons qui ont mené tel ou tel fabricant à choisir une huile plutôt qu’une autre pour broyer les pigments. Si vous voulez approfondir le sujet, lisez Claude Yvel et les autres…. Personnellement, je ne suis qu’un relais et cela me convient tout à fait.
J’aborde maintenant le sujet de ce billet qui concerne les huiles à peindre. J’ai pressé Claude de répondre à une question essentielle : quelle huile le peintre doit-il utiliser ? et lors de nos échanges, nous avons procédé, ensemble, à des expériences sur les huiles siccatives : huile de lin, huile de noix, lithargée ou crue et le test réalisé est tellement brillant qu’il mérite d’être exposé dans tous les manuels de peinture. Le voilà… :

Deux huiles
… Il se passe de commentaire, mais je n’y résiste pas. Quelques mots pour illustrer ce document. Nous avons déposé de petites touches d’huile sur un papier buvard. De gauche à droite : huile de lin, huile de noix crue, huile de noix cuite à la litharge (huile noire) et une autre huile de noix crue (d’une autre provenance).
Le test saute aux yeux. L’huile de lin est jaune, celle de noix est plus blanche. Quant à l’huile de noix cuite à la litharge, elle est éclatante ! Désormais le peintre sait quelle huile utiliser ! Le problème réside en ceci : les produits au plomb sont interdits à la vente ! Mais ne désarmez pas. Demandez (et insistez s’il le faut !) et vous serez écouté. Personnellement, j’utilise de l’huile de noix cuite à la litharge, ainsi que du blanc de plomb. Tenez, voici un autre document que je vous invite à lire et qui est, lui aussi, excellent dans sa tenue et par la richesse de son exposé : Recettes pour une meilleure peinture à l'huile par Jean-Charles FUMOUX ancien élève de Robert Mermet, restaurateur de tableau et professeur de peinture.
Pour finir, une autre petite image pour la distraction.

Mélange d'huile

Cette fois, nous avons (Claude et moi) mélangé les huiles pour voir leur interaction. Regardez bien ! Vous voyez nettement l’influence de la litharge sur l’huile de lin et l’huile de noix. Dans les deux cas, la litharge éclaircit les huiles.
Un truc a savoir : la plupart des œuvres exposées au Musée du Louvre ont été peintes avec de l'huile de noix cuite à la litharge et du blanc de plomb. Aujourd'hui, le monde entier admire des oeuvres créées quatre siècles plus tôt et qui ont gardé toute leur fraîcheur. Est-ce un vœux pieu que d’espérer que les œuvres d’aujourd’hui tiennent les promesses de celles du passé ?
Ceci est une note amicale à l’intention des conservateurs, des industriels, du législateur et du secrétaire d’Etat chargé du tourisme.

Bonne réflexion, bonne lecture et excellente peinture à tous….

jeudi 12 mars 2009

Un peu de technique

Il m’arrive quelquefois de noter les différentes étapes de mon travail. Sur le plan technique et sur le plan émotionnel. C’est un exercice très instructif que je conseille à tous les peintres. En relisant ses notes on apprend beaucoup sur soi-même.
J’ai retrouvé le texte ci-dessous et je vous le présente. Je sais ! il ne s’adresse qu’à une toute petite quantité d’individus. Seuls les peintres qui ont un peu de technique pourront l’apprécier à sa juste valeur. Ce texte sera donc obscur pour les autres. J’en suis désolé.

Grappe,Orange,Bananes

J’ai acheté une toile grasse préparée avec un fond gris que j’ai monté sur un châssis.

Première couche. Je passe ma couleur en jus à l’essence de térébenthine. J’ai dégraissé les couleurs au préalable. J’utilise du blanc de plomb que j’ai dégraissé et auquel j’ai ajouté huile noire et huile crue à 50/50.
Ok. Rien à dire sur cette première étape.
Deuxième couche. Même préparation pour les couleurs, c’est important. Dans mon gobelet j’ai mis du médium gel et de l’essence de térébenthine, pas trop de médium. Les volumes commencent à monter dès cette couche. C’est bien.
Sec au touché au deuxième jour. Une accroche persiste encore au passage du doigt. C’est sans doute dû au blanc de plomb qui est broyé (m’a t’on dit) à l’huile de tournesol crue.

Détail Oranges
Reprise. Cette fois, et afin que le blanc siccative plus vite et mieux, j’y mélange uniquement de l’huile noire. Dans le gobelet, j’utilise le même médium que précédemment. Mes couleurs sont toujours dégraissées. Travail agréable. Les volumes se présentent bien. Sur cette couche, la matière accroche bien. Elle se fige vite et c’est sans doute parce que les fonds absorbent huile et résine. Cool !
Reprise deux jours plus tard. Même préparation des couleurs et même mélange dans le gobelet. Je passe un jus grossier (pigment) et j’attends une trentaine de minutes avant de reprendre. Oui, c’est difficile, j’éprouve des difficultés (j’en éprouve toujours) mais le travail avance dans un sens que j’aime et c’est bien. Je pense que je vais aller plus loin….
Détail Bananes Deux jours plus tard, je reprends. Même préparation pour les couleurs. Pour le mélange du gobelet, je mets d’avantage de médium gel. C’est un mélange plus gras qui rend les couleurs transparentes. Il faut donc que les fonds soient à leur place. À ce stade, et c’est sans doute dû à l’addition des couches, la matière prend vite. C’est agréable. Bon travail, mais je ne suis pas encore satisfait. Je veux aller plus loin.

Je fini avec des glacis. Même préparation pour la pâte. Pareil dans le gobelet. Sur la palette j’ai posé du médium gel que je mélange à mes couleurs de glacis pour les rendre très transparentes. Là, on peut corriger la teinte et revenir en rehaut par dessus. C’est cool ! J'arrête là !

lundi 9 mars 2009

En hommage aux mecs bien.

Merci à toi, Dita, pour m’avoir fait découvrir ce texte publié dans : Les Hommes. Je l'ai emputé de quelques phrases, j'en ai modifié, j'y ai ajouté des mots à moi, et j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas. Je n'ai fait que rebondir sur ce qu'il a écrit. Son texte, mêlée au mien, mérite d’être publié et republié en hommage de tous ces mecs qui….

Les mecs biens finissent derniers

Pour chaque mec qui à la trouille de lui faire mal.
Qui lui dit «Tu es belle » quand elle se sent moche,
Qui n´est jamais trop occupé pour courrir vers elle,
Qui lui construit un temple pour l'abriter une heure,
Qui lui dessine des fleurs pour ensoleiller ses ennuies,
Qui dit qu´il mourrait pour elle… et qui le ferrait vraiment.
Qui sait ce qu´elle désire avant qu'elle le sache elle-même.
Qui lui tienne la main en toute occasion,
Qui l´embrasse sans attendre d'amour en retour,
Qui l'enlasse déraisonnablement sans autre projet,
Qui lui donne sa peau pour la protéger des bessures de la vie,
Qui l´appelle pour s´assurer qu´elle vit sans lui… alors qu'il meure sans elle.
Qui attendant des heures pour la voir, même si ce n'est qu'un instant.
Qui n'a d'autre priorité qu'elle,
Qui se coller à elle pour lui confier ses faiblesses.
Qui croit plus a ses rêves qu'elle n'y croit elle-même.
Qui fait tout pour qu´elle puisse les réaliser.
Qui souhaite son bonheur…, même si c'est avec un autre.
Qui a pleuré devant elle,
Qui l´aime…, même si elle lui a brisé le coeur.
Pour chaque mec bien…, merci.

jeudi 5 mars 2009

J'ai marché sur la nuit.

Je voulais sortir d’une ornière sentimentale et j’ai vu dans ma dérive Parisienne la seule issue de ma délivrance. Ce fut vainement. J’ai trébuché à chaque pas, et jusqu’au petit matin, sur l’ombre de moi-même. J’ai vu le pont Royal. Il m’a sacré en faisant peser sur mes épaules le poids d’un mentaux si lourd que j’en suis tombé en génuflexion. Le pont de la Concorde m’a fait croire un instant que ma peine était partagée par d’autres et le pont Alexandre III a soutenu mon cœur malade lorsqu’il s’est souvenu que j’y ai vomi en souvenir d’elle. Quant au pont des Invalides, il m’a accueilli en camarade et je suis resté là le temps d’un dernier alcool entre naufragés.

Don y Dona Carlo
Je viens de rentrer et mes jambes sont meurtries par tant d’efforts. Mes épaules ne supportent plus le poids de tant de mélancolie et mes pieds sont brûlants par tant de pas. La nuit est passée et le jour pointe vers sept heures du matin.
Je sais, ma belle, que tu es dans ton plus profond sommeil et je vais m’aliter, moi aussi. Et pour canaliser la rébellion qui gronde encore en moi, je vais rêver d'une nouvelle quête comme si la nuit n’avait pas filé sans la nourriture d'une l'illusion… Et voilà que mon rêve vient.

Duerme

J’embrasse ta gorge par la droite comme pour te dire un secret. Un baiser sur ta jugulaire, à un pouce au-dessous de ton oreille, là où j’ai toutes les chances de me perdre : dans la broussaille de tes cheveux. Là où j’ai toutes les chances de m’enflammer : dans les effluves de ton parfum. Là où j’ai toutes les chances d’atteindre ton cœur et de m’y noyer : par cette veine qui y va sans détour.
Je suis si fatigué…

Mes opportunes amitiés

C’est Net, les gens qui m’aident en écrivant un article sur mon activité ne sont pas seulement dans mon cœur. Je leur réserve une place dans cette Opportune catégorie. En effet, c'est très Net, nous avons tous à y gagner. C'est l'esprit qui m’anime : nous soutenir.

Merci Jean Pierre pour ton Neoplaisir.com,,
Merci Dita pour le lien sur ton blog,

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